Syrie : Sharaa confirme l’avancée des négociations avec Israël sur un accord de sécurité ; Barrack rencontre Netanyahu
Parmi les conditions annoncées avec Damas, la démilitarisation du Golan syrien, l'interdiction des armes de nature à menacer Israël ; la Syrie serait réhabilitée par les US et les UAE
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Arrivé dimanche en Israël, l’émissaire américain Thomas Barrack s’est entretenu avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur les questions de la Syrie et du Liban, ont annoncé trois responsables israéliens. Jérusalem serait par ailleurs sur le point de parvenir à un accord avec Damas.
Le président syrien Ahmed Al-Sharaa a confirmé ensuite à des journalistes de la chaîne de télévision arabe Sky News que son gouvernement était en pourparlers « avancés » avec Israël au sujet d’un accord de sécurité. Selon des propos d’Al-Sharaa rapportés par la chaîne, l’éventuel accord se baserait sur les lignes de désengagement définies en 1974 entre Jérusalem et Damas après la guerre de Kippour.
D’après certaines informations, Sharaa a également confié que, même s’il ne pensait pas que le moment était venu de conclure un accord de paix avec Israël, il « n’hésiterait pas à accepter » tout accord qui se révèlerait bénéfique pour la Syrie et la région.
La rencontre entre Barrack et Netanyahu a d’abord été rapportée par Axios, citant trois sources israéliennes et américaines. Elle est intervenue dans le sillage d’échanges entre l’envoyé américain, le ministre des Affaires stratégiques Ron Dermer et le ministre de la Défense Israel Katz.
L’ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee aurait également pris part aux réunions. Les envoyés devraient se rendre au Liban lundi. Le sénateur républicain Lindsey Graham les rejoindra alors à Beyrouth.
Mardi dernier, Dermer s’est entretenu à Paris avec le ministre syrien des Affaires étrangères Asaad al-Shibani au sujet des mesures sécuritaires dans le sud de la Syrie, ont déclaré deux sources syriennes proches du dossier.
Pour tenter d’apaiser le conflit dans le sud de la Syrie, les responsables syriens et israéliens ont participé à des pourparlers sous médiation des États-Unis. Organisé à Paris à la fin du mois de juillet, le précédent cycle de négociations s’était soldé par un échec.
Dimanche soir, la chaîne N12 a présenté les grandes lignes de l’accord de sécurité qui devrait être signé prochainement entre Israël et la Syrie.
Selon ces informations, les deux parties s’accorderaient sur la démilitarisation du côté syrien du plateau du Golan, la prévention du rétablissement de l’armée syrienne, l’interdiction de faire entrer en Syrie de toute arme susceptible de menacer Israël et la mise en place d’un corridor humanitaire vers la région syrienne du Jabal al-Druze, en échange de la réhabilitation de la Syrie, ravagée par la guerre civile depuis 2011, par les États-Unis et les pays du Golfe.
Lundi, par ailleurs, Barrack a affirmé, depuis le Liban, qu’Israël devait se soumettre à un plan prévoyant le désarmement du Hezbollah d’ici la fin de l’année en échange de l’arrêt des opérations militaires israéliennes au Liban.
Selon ce plan, les groupes terroristes devront remettre leurs arsenaux conformément aux étapes définies dans la feuille de route, tandis que l’armée israélienne devra quant à elle suspendre ses opérations terrestres, aériennes et maritimes, ainsi que procéder au retrait de ses troupes du sud du Liban.
Le gouvernement libanais a approuvé les objectifs du plan au début du mois, malgré le refus du Hezbollah de déposer les armes. Barrack a fait savoir qu’il appartenait désormais à Israël de tenir ses engagements.
Le cabinet du Premier ministre Netanyahu n’a encore fait aucun commentaire.
Israël et la Syrie sont techniquement en guerre depuis 1948. Israël a pris les deux tiers du plateau du Golan à la Syrie durant la guerre des Six Jours, en juin 1967, puis a annexé ce territoire en 1981. Cette décision n’a toutefois pas été reconnue par la plus grande partie des pays de la communauté internationale, à l’exception des États-Unis.
Un an après la guerre de Kippour d’octobre 1973, Israël et la Syrie sont parvenus à un accord sur la ligne de désengagement. C’est cette dernière que Damas souhaite aujourd’hui rétablir.
La tension entre Jérusalem et Damas est montée d’un cran quand Israël a pris le contrôle de la zone tampon placée sous la surveillance de l’ONU en Syrie, peu de temps après la chute du régime de Bachar al-Assad, en décembre, menant des frappes aériennes contre des sites militaires avec l’objectif, selon les autorités, de créer une zone démilitarisée au sud de Damas.
Israël a fait savoir qu’il ne permettrait pas à des forces hostiles, à l’instar des groupes soutenus par l’Iran sous le régime d’Assad, de s’établir le long de la frontière. L’État juif reste méfiant à l’égard du nouveau gouvernement syrien, qui est dirigé par d’anciens jihadistes.
En juillet, Tsahal a lancé des frappes aériennes visant les forces gouvernementales syriennes afin de soutenir les Druzes syriens – qui entretiennent des relations étroites avec la communauté druze d’Israël – dans un contexte d’affrontements violents avec les forces alliées au régime dans la région de Soueïda, au sud de la Syrie.
Israël et le Hezbollah se sont pour leur part livrés à des hostilités durant plus d’un an après que le groupe terroriste libanais a commencé à tirer sur Israël, en l’absence de toute provocation, par solidarité avec son allié, le Hamas et avec le massacre que celui-ci a perpétré dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023.
Les tirs de roquettes sont à l’origine du déplacement de quelque 60 000 habitants du nord d’Israël. Afin d’assurer leur retour en toute sécurité, Israël a intensifié ses opérations au Liban en septembre, avec pour conséquence deux mois de guerre ouverte contre le Hezbollah, au cours desquels les dirigeants et l’arsenal du groupe terroriste ont été décimés.
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