Trafic d’animaux, empoisonnements et rage en hausse en 2025
Le rapport annuel de l'INPA indique un retour du public dans les réserves et les parcs depuis le 7 octobre 2023 et appelle à une meilleure gestion après le décès de 15 randonneurs
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Selon le rapport annuel publié par l’Autorité israélienne de la nature et des parcs (INPA), l’augmentation des trafics illégaux et des cas d’empoisonnement d’animaux sauvages, l’entrée d’animaux porteurs du virus de la rage en Israël et la mort de randonneurs qui ont enfreint les règles ont apporté de mauvaises nouvelles pour la nature en 2025.
Le retour du nombre de visiteurs à la moitié de ce qu’il était avant l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, qui avait mis un terme à tout tourisme étranger, marque en revanche une bonne nouvelle. Près d’un demi-million de personnes (480 000) – contre 260 000 l’an dernier – ont ainsi profité des campings du pays. On observe également un maintien des populations de gazelles, de bouquetins de Nubie (chèvres de montagne), de tortues et de vautours (avec néanmoins des baisses dans certaines régions du pays, en raison de la sécheresse qui a sévi cette année).
Par ailleurs, 3 209 affaires pénales ont été ouvertes cette année pour trafic illégal d’animaux sauvages (contre 2 042 l’année dernière et 2 667 en 2023), dont des dizaines concernant des singes et plusieurs lionceaux qui, selon la police, auraient été introduits en Israël par drone depuis l’Égypte et la Jordanie.
Quinze personnes ont perdu la vie lors de randonnées en pleine nature, contre cinq l’an dernier. Le décès le plus récent s’est produit il y a un mois à Ein Avdat. Un jeune volontaire qui vivait dans la communauté désertique de Midreshet Sde Boker avant d’intégrer les rangs de l’armée s’est éloigné des sentiers balisés.
« Dans tous ces cas, ces personnes n’avaient pas emporté suffisamment d’eau, ou étaient perdues », a indiqué lundi la directrice générale de l’autorité, Raya Shurki, lors de la conférence de presse annuelle de l’organisation. « Nous disposons de plus de 80 stands d’information à l’approche des grandes fêtes. Nous investissons beaucoup dans la sensibilisation à la sécurité en randonnée. Tout est question d’éducation du public. »
Mais, a-t-elle ajouté, davantage de fonds étaient nécessaires pour entretenir les espaces ouverts et améliorer la gestion des visiteurs.
Elle a cité le ruisseau Tsalmon, récemment ravivé à l’aide d’eau dessalée, qui se jette dans le lac de Tibériade, comme faisant partie de la première expérience au monde visant à alimenter un lac d’eau douce avec de l’eau traitée. « Quelqu’un doit prendre en charge la gestion des visiteurs », a-t-elle déclaré. « Beaucoup de voitures arrivent, les gens viennent pour se baigner. » Il en va de même pour une partie du Jourdain, qui s’écoule vers le sud depuis le lac de Tibériade jusqu’au kibboutz Beit Zera, et qui fait actuellement l’objet d’une réhabilitation, a-t-elle poursuivi.
Baisse des cas d’empoisonnement de vautours
Les recensements de la faune sauvage indiquent une population de 180 vautours et 41 nids, principalement dans le sud d’Israël. Les autorités investissent des ressources considérables pour protéger le vautour fauve, éboueur de la nature, dont la plus grande menace est la charogne contaminée par des produits chimiques ou des médicaments vétérinaires. Cela se produit lorsque les agriculteurs ou les éleveurs placent des carcasses empoisonnées pour protéger leurs troupeaux des loups, des chacals et même des chiens sauvages.
Cette année, sur un budget pluriannuel de 28 millions de shekels provenant du Fonds pour la propreté du ministère de la Protection de l’environnement, l’autorité a consacré 15 millions de shekels à la protection des vautours. Elle a employé quatre inspecteurs et quatre maîtres-chiens pour détecter le poison, a acquis des camions et des conteneurs supplémentaires pour l’élimination des carcasses d’animaux, et a mené une importante campagne d’éducation dans les écoles arabes.
Sur les 14 vautours morts cette année, seuls deux ont péri par empoisonnement – contre 13 l’an dernier.
Aucune de ces mesures, en revanche, n’a aidé les 1 000 milans noirs, un aigle huppé, un vanneau et un corbeau gris qui ont été retrouvés morts près du moshav Patish, dans le sud d’Israël, apparemment décédés après avoir bu de l’eau contaminée par un pesticide. Des oiseaux qui font partie des 1 323 animaux empoisonnés cette année, contre 238 l’année dernière et 215 l’année précédente.
« Nous sommes extrêmement préoccupés [par ces cas d’empoisonnement] », a déclaré Shurki, ajoutant que le scientifique en chef de l’autorité, le professeur Dror Hawlena, rencontrait les responsables du ministère de l’Agriculture afin de faire pression pour promouvoir une réglementation visant à la mise en place de pesticides plus sûrs.
Si l’amélioration des conditions d’hygiène dans les zones bédouines permet d’éliminer les carcasses et les déchets alimentaires des espaces ouverts, des chiens errants, dont certains sont porteurs du virus de la rage, pénètrent toutefois en Israël par ses frontières nord et sud, ainsi que depuis la Cisjordanie. À ce jour, 97 cas d’animaux malades de la rage ont été signalés cette année, contre 57 l’an dernier. L’autorité a distribué cette année quelque 64 000 vaccins oraux pour protéger les animaux contre la rage.
la Communauté du Times of Israël !







