Trois membres de la Commission des Nations unies enquêtant sur Israël démissionnent
Les démissions de Navi Pillay, Chris Sidoti et Miloon Kothari interviennent alors que Washington impose des sanctions aux enquêteurs internationaux anti-Israël
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Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

Les trois membres de la Commission des Nations unies chargée d’enquêter en Israël ont discrètement démissionné au début du mois.
Navi Pillay, Chris Sidoti et Miloon Kothari, qui composaient la Commission d’enquête de l’ONU sur les Territoires palestiniens, ont remis leur lettre de démission au président du Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Ces lettres ont été rendues publiques lundi.
Ces trois experts ont envoyé leur lettre de démission séparément, les 8, 9 et 10 juillet, au président du Conseil des droits de l’homme, l’ambassadeur suisse Jürg Lauber.
« J’ai le regret d’annoncer qu’en raison de mon âge, de problèmes médicaux et du poids de plusieurs autres engagements, je me sens contrainte de me retirer en tant que membre de la Commission », a écrit le 8 juillet Pillay, précisant que sa démission prendrait effet le 3 novembre.
Sidoti a quant à lui envoyé sa lettre le 9 juillet, soulignant que le retrait de la présidente « est un moment opportun pour reconstituer la Commission », tandis que Kothari a fait parvenir sa missive le 10 juillet.
Les lettres ont été publiées sur un site internet secondaire du Conseil des droits de l’homme et rendues publiques pour la première fois par UN Watch, un groupe de veille à but non lucratif.
Lauber « a lancé un appel aux délégations pour que des candidatures soient proposées, avec pour date limite le 31 août », a expliqué le porte-parole du Conseil des droits de l’homme, Pascal Sim.
L’objectif est de nommer de nouveaux experts début novembre, une fois que les trois membres démissionnaires de la commission auront présenté leur dernier rapport au moment de la prochaine assemblée générale de l’ONU à New York, a précisé Sim.
La commission a publié des rapports périodiques sur le conflit israélo-arabe qui blâmaient massivement Israël. Le dernier rapport de la commission a été publié en mai.
Pillay, juriste sud-africaine, a été Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme de 2008 à 2014, période durant laquelle elle a fréquemment critiqué les actions d’Israël à Gaza.
Elle a présidé la commission d’enquête, que des groupes juifs, Israël, les États-Unis et d’autres pays ont condamnée pour son parti pris manifeste. Il s’agit de la première commission d’enquête ouverte du Conseil des droits de l’homme, le plus haut niveau d’enquête de cet organe.
La commission rejette très largement la responsabilité du conflit sur Israël et accuse l’État juif d’autres méfaits, tels que le vol des ressources naturelles.
Kothari avait déclenché une vive polémique en 2022 lorsqu’il avait déclaré que les réseaux sociaux étaient « largement contrôlés par le lobby juif », reprenant ainsi un cliché antisémite courant, et s’était interrogé sur les raisons pour lesquelles Israël était autorisé à siéger à l’ONU. Pillay avait défendu les allégations de Kothari.
Pillay a rejeté les préoccupations relatives à l’antisémitisme, les qualifiant de « diversion » et de « mensonges », et a qualifié les préoccupations d’Israël en matière de sécurité de « fiction ».
En 2014, plus de 100 membres du Congrès avaient signé une lettre adressée à Pillay dénonçant le parti pris du Conseil des droits de l’homme contre Israël sous sa direction, affirmant que le conseil « ne peut tout simplement pas être pris au sérieux en tant qu’organisation de défense des droits de l’homme » alors qu’il enquêtait sur Israël, mais pas sur le groupe terroriste palestinien du Hamas.
Les membres de la commission ont démissionné alors que l’administration Trump sévit contre les enquêteurs internationaux qui enquêtent sur Israël.
Chaque année, l’Assemblée générale des Nations unies et le Conseil des droits de l’homme condamnent Israël plus que tout autre pays.
L’AFP a contribué à cet article.
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