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Antisémitisme: Un expert de l’ONU regrette d’avoir parlé de « lobby juif »

Miloon Kothari a expliqué que son "intention était de dénoncer les attaques personnelles incessantes et vitrioliques contre les membres de la commission sur les réseaux sociaux"

Miloon Kothari, membre de la Commission d'enquête internationale indépendante des Nations Unies sur le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et Israël, informe les journalistes du premier rapport de la Commission, le 14 juin 2022. (Crédit : Jean Marc Ferré/ONU)
Miloon Kothari, membre de la Commission d'enquête internationale indépendante des Nations Unies sur le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et Israël, informe les journalistes du premier rapport de la Commission, le 14 juin 2022. (Crédit : Jean Marc Ferré/ONU)

Un des enquêteurs de l’ONU a présenté jeudi ses excuses pour avoir parlé de « lobby juif » dans une interview, des propos qui avaient vivement été dénoncés par Israël et des diplomates occidentaux à Genève.

L’expert concerné, l’Indien Miloon Kothari, est membre d’une commission onusienne enquêtant sur des violations présumées des droits humains dans le cadre des 11 jours de combats entre Israël et le Hamas à Gaza l’année dernière.

« Je souhaite exprimer sincèrement mes regrets et m’excuser sans équivoque pour avoir utiliser les mots « le lobby juif ». L’offense que j’ai provoquée en utilisant ces mots m’a profondément bouleversé », a affirmé Kothari, dans une lettre envoyée jeudi à Villegas, et publiée par l’ONU.

Il a expliqué que son « intention était de dénoncer les attaques personnelles incessantes et vitrioliques contre les membres de la commission sur les réseaux sociaux et dans certaines publications ».

« Il était totalement erroné de ma part de décrire les réseaux sociaux comme étant ‘en grande partie contrôlés par le lobby juif’. Ce choix de mots était incorrect, inapproprié et manquant de sensibilité », a-t-il poursuivi.

Kothari a également souligné qu’il a « toujours condamné la discrimination sous toutes ses formes, y compris l’antisémitisme ».

Dans une interview publiée le 25 juillet sur le site Mondoweiss, il a déclaré : « Nous sommes très découragés par les réseaux sociaux, contrôlés en grande partie par le lobby juif ou par certaines ONG spécifiques, qui consacrent beaucoup d’argent à essayer de nous discréditer ».

Le Premier ministre israélien Yaïr Lapid avait demandé dimanche au chef de l’ONU Antonio Guterres d’œuvrer à la dissolution de la commission. L’ambassadrice d’Israël à Genève, Meirav Eilon Shahar, a aussi exigé la dissolution de la commission et le président du Conseil des droits de l’homme, l’Argentin Federico Villegas, a demandé à l’expert de clarifier ses « commentaires malheureux ».

 

La présidente de la commission, la Sud-Africaine Navi Pillay, a affirmé la semaine dernière que les commentaires de Kothari « semblaient avoir été délibérément sortis de leur contexte » et qu’ils reflétaient « la déception de la commission face au manque de coopération persistant » d’Israël avec les experts.

Il a affirmé que ses commentaires sur l’appartenance d’Israël aux Nations unies visaient à souligner « le non-respect par Israël des décisions de l’ONU relatives à ses obligations en vertu du droit international. » Il a affirmé qu’il n’a jamais « remis en question l’existence de l’État d’Israël. »

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