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Antisémitisme : Israël exige la démission d’enquêteurs de l’ONU

L'ambassadrice israélienne à Genève a estimé que les trois membres de la commission ne peuvent plus "remplir leurs fonctions de façon effective" après leurs propos antisémites

Meirav Eilon Shahar, ambassadrice d'Israël auprès des Nations unies et des organisations internationales à Genève. (Crédit : Mission d'Israël auprès des Nations unies et des organisations internationales à Genève)
Meirav Eilon Shahar, ambassadrice d'Israël auprès des Nations unies et des organisations internationales à Genève. (Crédit : Mission d'Israël auprès des Nations unies et des organisations internationales à Genève)

Israël a accusé vendredi les membres d’une commission onusienne enquêtant sur le conflit entre ce pays et les Palestiniens d’avoir eu des propos antisémites ou de les défendre, exigeant leur démission et la dissolution de la commission.

« Il est temps de dissoudre cette commission », a écrit l’ambassadrice israélienne à Genève Meirav Eilon Shahar dans une lettre adressée au président du Conseil des droits de l’homme, dont l’AFP a eu connaissance.

Elle a estimé que les trois membres de la commission ne peuvent plus « remplir leurs fonctions de façon effective » et les a appelés à « démissionner immédiatement ».

Son appel fait suite aux réactions indignées suscitées par des propos de l’un des trois experts, l’Indien Miloon Kothari. Dans une récente interview accordée à Mondoweiss, il a fait allusion à un « lobby juif » et remis en question la légitimité de l’appartenance d’Israël aux Nations unies.

Miloon Kothari, membre de la Commission d’enquête internationale indépendante des Nations Unies sur le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et Israël, informe les journalistes du premier rapport de la Commission, le 14 juin 2022. (Crédit : Jean Marc Ferré/ONU)

« Nous sommes très découragés par les réseaux sociaux, contrôlés en grande partie par le lobby juif ou par certaines ONG spécifiques, qui consacrent beaucoup d’argent à essayer de nous discréditer », a déclaré M. Kothari.

Deux jours après, l’ambassadrice israélienne a écrit un premier courrier au président du Conseil des droits de l’homme, l’Argentin Federico Villegas, pour protester contre ces « commentaires scandaleux, dont certains sont manifestement antisémites ».

Certains diplomates, y compris américain et britannique, ont également dénoncé les propos de l’expert sur Twitter.

La présidente de la commission, la Sud-Africaine Navi Pillay, ancienne Haute-Commissaire aux droits de l’Homme, a affirmé jeudi que les commentaires de M. Kothari « semblent avoir été délibérément sortis de leur contexte » et qu’ils avaient été « délibérément mal cités ».

La Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme Navi Pillay s’exprime lors d’une conférence de presse au siège européen des Nations unies à Genève, en Suisse, le lundi 2 décembre 2013. (Crédit: AP/Keystone, Salvatore Di Nolfi)

Elle a ajouté que ces propos reflétaient « la déception de la commission face au manque de coopération persistant » d’Israël avec les experts.

Dans la lettre de vendredi, l’ambassadrice israélienne a dénoncé les propos de Mme Pillay.

« C’est la défense de l’indéfendable », a-t-elle affirmé. « Elle soutient l’antisémitisme. Elle fait honte à l’ensemble » de l’ONU.

Israël a refusé de coopérer avec cette commission mise en place suite à la guerre de 11 jours que se sont livrés Israël et le groupe terroriste du Hamas en mai 2021.

Les experts ont pour charge d’enquêter sur les violations présumées des droits humains commises dans les Territoires palestiniens et en Israël depuis le 13 avril 2021.

Dans un rapport publié le 7 juin, la commission a estimé que « l’occupation de territoires palestiniens par Israël et la discrimination envers la population palestinienne » sont « les causes principales » des tensions récurrentes et de l’instabilité.

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