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Washington juge le rapport anti-israélien de l’ONU « partial et biaisé »

Le rapport a voulu examiner les causes profondes du conflit israélo-palestinien et il considère qu'Israël est responsable de la perpétuation des violences

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Photo d'illustration : Des Palestiniennes franchissent le checkpoint de Qalandiya aux abords de la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 15 avril 2022. (Crédit : Flash90)
Photo d'illustration : Des Palestiniennes franchissent le checkpoint de Qalandiya aux abords de la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 15 avril 2022. (Crédit : Flash90)

Les États-Unis ont critiqué un rapport des Nations unies qui a été diffusé mardi et qui est consacré au traitement des Palestiniens par Israël, déplorant une approche « biaisée et partiale » à l’encontre de l’État juif.

Le rapport – c’est le tout premier à avoir été soumis par la commission d’enquête qui a été mise en place, l’année dernière, par le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies – a attribué la responsabilité des violences entre les deux parties aux « discriminations persistantes contre les Palestiniens ».

Quelques heures après sa diffusion, le porte-parole du département d’État, Ned Price, a émis un communiqué disant que « si les États-Unis sont convaincus du rôle crucial tenu par le Conseil des droits de l’Homme dans la promotion du respect des droits humains et des libertés fondamentales dans le monde entier, ce rapport et cette commission d’enquête ne font pas, pour leur part, la promotion de ces objectifs ».

L’administration Biden avait réintégré les États-Unis au Conseil des droits de l’Homme, l’année dernière, après le retrait du pays par le président Donald Trump, en 2018. Si les États-Unis reconnaissent les préjugés du Conseil à l’encontre d’Israël, Washington juge qu’il est préférable d’y siéger pour influencer les décisions qui peuvent y être prises.

Le conseil avait voté la formation de la commission d’enquête peu après le conflit du mois de mai 2021 à Gaza. Les Américains avaient condamné cette initiative, disant que « sa nature permanente, sans date de fin de mandat, et peu définie… incarne une approche partiale et biaisée qui ne fait guère avancer les perspectives de paix ».

« Le rapport établi par la commission, qui a été diffusé aujourd’hui, ne calme en rien nos inquiétudes », a expliqué Price, mardi.

Vue générale de la salle accueillant une session du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies à Genève, le 12 mai 2022. (Crédit : Fabrice Coffrini/AFP)

« Israël est le seul pays soumis à un point permanent inscrit à l’ordre du jour et le Conseil des droits de l’Homme se focalise de manière disproportionnée sur le pays, si on fait la comparaison avec la situation des droits de l’Homme dans d’autres pays du monde », a déclaré le porte-parole du département d’État, reprenant les critiques qui avaient déjà été exprimées par Trump et par les précédentes administrations américaines.

« Alors qu’aucun pays n’est à l’abri d’un examen, l’existence de cette commission d’enquête sous sa forme actuelle est la continuation d’une longue tradition de singularisation inéquitable d’Israël. Nous nous sommes réengagés et nous nous sommes réintégrés dans le Conseil des droits de l’Homme en partie pour pouvoir mieux nous attaquer à ses défaillances – notamment celle-ci – et nous continuerons à prôner des réformes. »

« Les États-Unis restent profondément attachés à la nécessité d’aider à réaliser la paix entre les Israéliens et les Palestiniens et ils soutiendront toute action à l’ONU qui permettra de rassembler les deux parties pour faire progresser cet objectif de paix », a ajouté Price.

Le rapport de mardi a identifié « les déplacements forcés ou menaces de déplacement forcé, les démolitions, la construction et l’expansion des implantations, la violence de leurs résidents et le blocus de Gaza » comme étant des « facteurs contribuant à des cycles récurrents de violence ».

Le rapport de 18 pages a voulu examiner les causes profondes du conflit. La Commission a effectué deux voyages de recherche sur le rapport, l’un à Genève et l’autre en Jordanie.

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