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Antisémitisme : Lapid demande à Guterres de dissoudre une commission d’enquête

Miloon Kothari a fait allusion à un "lobby juif" et remis en question la légitimité de l'appartenance d'Israël aux Nations unies

Le Premier ministre Yair Lapid dirige une réunion du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 17 juillet 2022. (Crédit : Abir SULTAN / POOL / AFP)
Le Premier ministre Yair Lapid dirige une réunion du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 17 juillet 2022. (Crédit : Abir SULTAN / POOL / AFP)

Le Premier ministre israélien Yaïr Lapid a demandé dimanche au patron de l’ONU Antonio Guterres d’œuvrer à la dissolution d’une commission d’enquête après des propos « antisémites » de l’un de ses membres, accentuant la pression sur l’organisation internationale.

Dans une interview publiée le 25 juillet sur Mondoweiss, un site web très critique à l’égard d’Israël, Miloon Kothari a fait allusion à un « lobby juif » et remis en question la légitimité de l’appartenance d’Israël aux Nations unies.

« Il n’y a pas que les gouvernements. Nous sommes très découragés par les réseaux sociaux qui sont contrôlés en grande partie par – que ce soit le lobby juif ou des ONG spécifiques. Beaucoup d’argent est injecté pour essayer de nous discréditer », a déclaré Kothari.

« Si les gens pensent que nous sommes partiaux, alors nous sommes partiaux », a-t-il ajouté.

Kothari a remis en question le fait même qu’Israël soit membre de l’ONU et l’a accusé de ne pas respecter et de saper les mécanismes de l’ONU.

La lettre du Premier ministre Yair Lapid au Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres concernant les remarques faites par un membre de la commission d’enquête sur la de guerre de Gaza, 31 juillet. 2022. (Crédit : Bureau du Premier ministre)

« J’irais même jusqu’à soulever la question de savoir pourquoi [Israël est] même membre des Nations unies. Parce que […] le gouvernement israélien ne respecte pas ses propres obligations en tant qu’État membre de l’ONU. En fait, il essaie systématiquement, de manière directe ou par l’intermédiaire des États-Unis, de saper les mécanismes de l’ONU », a-t-il déclaré à Mondoweiss.

« Ces remarques antisémites sont une tâche sur l’ONU toute entière », a écrit Yaïr Lapid dans une lettre envoyée à Antonio Guterres.

Il a appelé au « renvoi immédiat des trois membres de la commission et à la dissolution de la commission », qu’il accuse de « nourrir » l’antisémitisme, selon cette lettre publiée par le bureau du Premier ministre.

La présidente de la commission, la Sud-Africaine Navi Pillay, a affirmé que les commentaires de M. Kothari « semblaient avoir été délibérément sortis de leur contexte » et qu’ils reflétaient « la déception de la commission face au manque de coopération persistant » d’Israël avec les experts.

Yaïr Lapid a réfuté les explications de Mme Pillay.

Federico Villegas, président du Conseil des droits de l’homme, préside une réunion lors de la 50e session ordinaire du Conseil des droits de l’homme le 30 juin 2022. (Crédit : Violaine Martin/ONU)

Le président du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a aussi demandé vendredi à Miloon Kothari de clarifier ses propos.

Suite à ces propos, Bnai Brith International, une organisation juive qui existe depuis 180 ans, a demandé la dissolution de la Commission d’enquête.

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