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Les USA et 21 pays dénoncent le rapport du CDH qui condamne Israël

L'ambassadeur américain déclare au Conseil des droits de l'homme que le rapport imputant la responsabilité à l'Etat juif est une preuve de partialité et renforce la polarisation

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Vue générale de la salle accueillant une session du Conseil des droits de l'Homme des Nations unies à Genève, le 12 mai 2022. (Crédit : Fabrice Coffrini/AFP)
Vue générale de la salle accueillant une session du Conseil des droits de l'Homme des Nations unies à Genève, le 12 mai 2022. (Crédit : Fabrice Coffrini/AFP)

Les États-Unis et 21 autres pays ont adressé lundi une sévère réprimande au Conseil des droits de l’homme (CDH) des Nations unies après qu’une commission d’enquête formée pour sonder Israël a publié la semaine dernière un rapport condamnant l’État juif.

Le rapport – le premier soumis à la Commission d’enquête créée l’année dernière par le Conseil des droits de l’homme – impute la responsabilité des violences entre les deux parties à la « discrimination persistante d’Israël à l’égard des Palestiniens ».

« Nous pensons que la commission d’enquête établie en mai dernier est une nouvelle démonstration de l’attention disproportionnée accordée depuis longtemps à Israël au sein du Conseil et que cela doit cesser », a déclaré l’ambassadrice américaine Michèle Taylor lors de la 50e session du Conseil des droits de l’homme à Genève, où était discuté le rapport.

« Nous continuons à penser que cette attention disproportionnée qui dure depuis longtemps doit cesser, et que le Conseil doit traiter toutes les préoccupations en matière de droits de l’homme, quel que soit le pays, de manière impartiale », a-t-elle déclaré.

« Malheureusement, nous craignons que la Commission d’enquête ne renforce la polarisation de cette situation, par laquelle tant d’entre nous sont affectés », a ajouté Mme Taylor.

Outre les États-Unis et Israël, la déclaration a été signée par l’Allemagne, l’Autriche, la Bulgarie, le Brésil, le Canada, le Cameroun, la Colombie, la Croatie, l’Eswatini, le Guatemala, la Hongrie, le Liberia, les Îles Marshall, la Micronésie, Nauru, la Macédoine du Nord, la Hollande, Palau, le Togo et le Royaume-Uni.

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid a remercié son homologue américain Antony Blinken et tous les pays qui ont signé.

« Aujourd’hui est un jour de changement au Conseil des droits de l’homme », a déclaré Lapid. « Un jour où la morale l’emporte sur l’hypocrisie ».

Dans un rapport de 18 pages publié la semaine dernière et axé sur les causes profondes du conflit, la commission d’enquête a imputé à la « discrimination israélienne à l’égard des Palestiniens » la responsabilité des violences entre les deux camps. La commission a effectué deux voyages pour rédiger le rapport, l’un à Genève et l’autre en Jordanie.

Israël a refusé de coopérer avec la commission et ne lui a pas accordé l’entrée en Israël ou l’accès aux zones contrôlées par les Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza.

Quelques heures après sa publication, le porte-parole du département d’État américain, Ned Price, a publié une déclaration disant que « si les États-Unis estiment que le Conseil des droits de l’homme (CDH) joue un rôle crucial dans la promotion du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans le monde, cette commission d’enquête et ce rapport ne font pas avancer cet objectif. »

L’administration Biden a réintégré les États-Unis au sein du CDH l’année dernière après que l’ancien président Donald Trump se soit retiré en 2018. Tout en reconnaissant la partialité antérieure du conseil à l’égard d’Israël, Washington soutient qu’il est préférable pour elle d’avoir un siège à une table où elle pourra avoir une incidence sur les décisions du CDH.

Le conseil a voté la création du CoI peu après la guerre de Gaza de mai 2021. Les États-Unis avaient déjà condamné cette initiative, déclarant que cette initiative  » ouverte et vaguement définie… représente une approche unilatérale et partiale qui ne fait rien pour faire avancer les perspectives de paix.  »

Le ministère des Affaires étrangères a rejeté le rapport comme « rien d’autre qu’un gaspillage d’argent et d’efforts des organismes des Nations Unies, une composante de la chasse aux sorcières menée par le Conseil des droits de l’homme contre Israël. »

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