Trump organise une réunion à la Maison Blanche sur un plan global pour l’après-guerre à Gaza
Avant la réunion de mercredi, Witkoff affirme que Washington veut régler la question d’ici fin 2025 et refuse tout nouvel accord partiel sur les otages
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le président américain Donald Trump présidera mercredi une « grande réunion » à la Maison Blanche pour discuter du « plan global » actuellement élaboré par son administration pour la gestion de Gaza après la guerre, a annoncé son envoyé spécial Steve Witkoff.
Les propos tenus mardi semblent constituer la première confirmation par Witkoff de l’existence d’un plan américain pour l’après-guerre. Jusqu’ici, Washington avait en grande partie laissé cette question aux alliés arabes de la région, après que Trump a évoqué en février son intention de prendre le contrôle de Gaza et d’y relocaliser durablement la population. Si Israël a salué cette idée, elle a été fermement rejetée par les partenaires de l’Amérique au Moyen-Orient, sur lesquels Trump comptait pour accueillir des réfugiés palestiniens.
« Beaucoup verront à quel point ce plan est à la fois robuste et animé de bonnes intentions, et combien il reflète les motivations humanitaires du président Trump », a déclaré Witkoff lors d’un entretien avec Fox News, sans fournir davantage de précisions.
Le mois dernier, Trump avait annoncé en grande pompe qu’il présenterait un nouveau plan d’aide pour la bande de Gaza. La Maison Blanche avait alors affirmé que ce plan serait dévoilé rapidement, mais aucune annonce n’avait suivi. Le département d’État a finalement indiqué que l’administration se limiterait à accroître le nombre de sites de distribution de la controversée Gaza Humanitarian Foundation (GHF), passant de trois à seize.
Cette extension n’a toutefois pas encore été mise en œuvre et les États-Unis n’ont versé que la moitié des 30 millions de dollars promis pour ce projet, dont le coût final devrait être bien plus élevé.
Witkoff a également affirmé mardi que la position officielle de l’administration Trump était de s’opposer à toute nouvelle libération partielle et progressive des otages de Gaza, s’alignant sur Israël, qui a évité de répondre à une proposition acceptée par le groupe terroriste palestinien du Hamas visant à organiser une libération échelonnée des 50 otages encore détenus dans l’enclave. Vingt seraient toujours en vie, deux suscitent de graves inquiétudes quant à leur état de santé, et les autorités israéliennes ont confirmé la mort des autres.
Trump lui-même avait confirmé qu’il s’agissait bien de la position de son administration lorsqu’il avait écrit sur Truth Social, quelques heures après l’acceptation par le Hamas de la dernière proposition des médiateurs arabes, le 18 août, que les otages restants ne seraient libérés qu’une fois le groupe terroriste entièrement anéanti.
La Maison Blanche avait toutefois déclaré le lendemain qu’elle examinait encore la proposition de libération progressive, quasiment identique à celle élaborée par Witkoff plusieurs mois plus tôt.
Bien que le Hamas ait affirmé avoir accepté cette proposition, Witkoff a souligné que l’organisation terroriste était entièrement responsable de l’absence d’accord jusqu’à présent, rappelant qu’elle avait « ralenti le processus » le mois dernier en ajoutant de nouvelles conditions, ce qui avait conduit les États-Unis et Israël à rappeler leurs équipes de négociation.
Israël a depuis annoncé qu’il n’était plus intéressé par des accords échelonnés, tandis que les médiateurs arabes ont tenté de convaincre le Hamas d’abandonner ses nouvelles exigences en validant leur dernière proposition, dans l’espoir que Jérusalem reconsidère sa position.
Netanyahu est resté ferme, tout en avançant les plans visant à ce que Tsahal prenne le contrôle de Gaza City, une opération qui, selon lui, permettra de démanteler le dernier bastion du Hamas dans la bande de Gaza.
Ses détracteurs soulignent qu’il avait tenu les mêmes propos lors de la conquête de Rafah en 2024 et qu’une nouvelle opération ne ferait qu’alimenter l’insurrection du Hamas, tandis que les familles des otages craignent qu’une offensive sur Gaza City ne mette leurs proches en danger.
« C’est désormais le Hamas qui dit accepter cet accord, et je pense qu’il le dit en grande partie parce que les Israéliens exercent une pression très forte sur lui », a déclaré Witkoff à Fox.
Bret Baier, de la chaîne américaine, a rappelé que des responsables israéliens avaient affirmé ne plus accepter d’accords partiels, et il a demandé si les États-Unis partageaient cette position.
« C’est la position officielle, et c’est la position officielle du président Trump. Je pense qu’il a dit : “Il n’y a aucune raison que ces otages soient encore entre vos mains” », a répondu Witkoff.
Le Hamas a indiqué qu’il ne libérerait les otages toujours détenus dans l’enclave que si Israël acceptait de mettre fin à la guerre et de retirer ses troupes de Gaza – des conditions rejetées par Netanyahu, qui estime qu’elles laisseraient le Hamas au pouvoir. Le conflit en cours a été déclenché par le pogrom meurtrier perpétré par le Hamas en octobre 2023.
« Nous négocierons, s’ils le souhaitent, pour définir à quoi ressemblera Gaza une fois la guerre terminée et comment sera défini le rôle du Hamas », a déclaré Witkoff. « Mais nous exigeons la libération de tous les otages pour qu’ils puissent enfin rentrer chez eux. »
« Nous allons régler cette question d’une manière ou d’une autre »
Lorsqu’on lui a demandé s’il partageait l’avis de Netanyahu selon lequel le Hamas devait être « totalement anéanti», Witkoff a répondu que « ce n’est pas à [lui] d’en décider. »
« Chaque fois qu’un otage est libéré, nous voyons la joie des deux côtés », a conclu l’envoyé américain.
« Le Hamas comprend qu’il n’aura plus aucun rôle dans le gouvernement à l’avenir », a-t-il poursuivi, une référence à la volonté du groupe terroriste de céder le contrôle de Gaza à un comité indépendant de technocrates palestiniens. Le Hamas a toutefois rejeté les appels au désarmement – l’une des conditions posées par Israël pour mettre fin à la guerre – ainsi que la libération en bloc de tous les otages restants et la démilitarisation de la bande de Gaza, un processus qui, selon Tsahal, pourrait prendre des années.
Interrogé sur la nécessité pour Israël d’adopter une autre approche et sur les raisons de son optimisme quant à la fin de la guerre, Witkoff a déclaré être d’avis « que nous allons régler cette question d’une manière ou d’une autre, certainement avant la fin de l’année ».
L’armée israélienne aurait déclaré au cabinet de sécurité que la prise de contrôle de Gaza-City à elle seule prendrait quatre à cinq mois, et Netanyahu a indiqué qu’il prévoyait de poursuivre l’opération par une autre visant à conquérir les camps de réfugiés du centre de la bande de Gaza.
Witkoff a toutefois souligné que « le Hamas signale désormais qu’il est ouvert à un règlement », allusion à son acceptation de la proposition des médiateurs arabes de libérer progressivement les otages, une option qui n’intéresse plus ni les États-Unis ni Israël.
« Lorsque les Israéliens ont annoncé cette opération [de prise de contrôle de Gaza-City], ils ont également annoncé qu’ils finançaient une aide de 600 millions de dollars à destination de Gaza », a-t-il déclaré.
Aucune annonce israélienne n’a, cependant, été faite concernant une aide de 600 millions de dollars. Le cabinet a voté la semaine dernière, neuf jours après avoir approuvé l’opération à Gaza City, l’allocation de 473 millions de dollars pour l’aide humanitaire dans la bande de Gaza. On ignore toutefois encore comment ces fonds seront utilisés, la GHF, soutenue par les États-Unis, affirmant ne recevoir aucun financement direct d’Israël.
Witkoff a ajouté qu’Israël « avait également annoncé qu’il était disposé à poursuivre les discussions avec le Hamas », évoquant cette fois une déclaration faite la semaine dernière par Netanyahu, selon laquelle il avait ordonné l’ouverture immédiate de négociations afin d’obtenir la libération des otages restants.
Son bureau a toutefois précisé par la suite qu’aucune négociation n’avait encore été fixée, mais que, lorsqu’elles le seraient, Netanyahu dépêcherait une équipe de négociateurs. Les médiateurs arabes, de leur côté, affirment toujours attendre une réponse d’Israël à l’accord progressif accepté par le Hamas et qu’aucune autre option n’est sur la table.
Witkoff a insisté malgré tout sur le fait qu’Israël n’adoptait pas une « approche maximaliste ».
Il a souligné que les États-Unis avaient également « suggéré » au Hamas « de commencer par nourrir les otages, leur fournir des soins médicaux et permettre l’accès du CICR ».
Fox a demandé à Witkoff si les États-Unis fixaient des limites à Israël après la frappe meurtrière de lundi contre l’hôpital Nasser de Khan Younès, qui aurait tué au moins 20 personnes, dont du personnel secouriste ainsi que cinq journalistes. Tsahal a identifié six des personnes tuées comme des terroristes, tout en exprimant ses regrets pour les victimes civiles et en accusant le Hamas d’exploiter « cyniquement » les installations médicales à des fins terroristes.
« Chaque fois qu’il y a des morts parmi les civils, c’est une tragédie », a-t-il dit, avant de rappeler que Trump avait rencontré presque toutes les familles des otages israéliens.
« C’est une guerre, et l’une de nos priorités est de mettre fin à cette guerre… Le Hamas tient cette région en otage depuis trop longtemps, et il est temps que cela cesse. De nombreux gouvernements arabes sont également de cet avis », a-t-il déclaré.
À propos de la possibilité pour les journalistes de couvrir librement la situation depuis Gaza, Witkoff a rappelé s’être rendu deux fois dans l’enclave, dont une visite au début du mois au cours de laquelle il portait « un gilet pare-balles et ma casquette noire Make America Great Again ».
« Les gens ont applaudi en la voyant – pas pour moi, mais pour le président. Il est très apprécié là-bas, non seulement à Gaza, mais aussi en Israël », a dit Witkoff, sans répondre directement à la question.
« C’est un endroit très dangereux. Il y a plus de 30 000 munitions non explosées partout », a-t-il poursuivi, reprenant le même chiffre avancé lors de sa première visite en janvier. « C’est une zone de démolition, et c’est un endroit difficile », a-t-il insisté.
« Négocier de nouvelles adhésions » aux Accords d’Abraham
Plus tôt mardi, Witkoff avait déclaré qu’en plus du conflit à Gaza, il espérait parvenir d’ici la fin de l’année à un règlement de la guerre opposant la Russie à l’Ukraine et des négociations sur le nucléaire iranien.
« La Russie et l’Ukraine, l’Iran, Israël et le Hamas – nous avons des réunions toute la semaine sur ces trois conflits, et nous espérons les régler d’ici la fin de l’année », a-t-il dit à Trump lors d’une réunion du cabinet à la Maison Blanche.
Witkoff n’a pas précisé la nature des discussions mentionnées concernant la guerre de Gaza, mais le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, est en visite cette semaine à Washington. Le département d’État a indiqué qu’il rencontrerait mercredi le secrétaire d’État Marco Rubio, qui cumule également la fonction de conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche.
Trump avait déclaré lundi qu’il pensait que la guerre de Gaza connaîtrait une « fin décisive » d’ici deux à trois semaines, sans préciser les raisons de ce calendrier, déjà mentionné dans d’autres contextes.
Witkoff a pour sa part estimé qu’il était temps pour le comité Nobel « de se ressaisir » et d’attribuer à Trump le prix Nobel de la paix, une remarque accueillie par des applaudissements des autres membres du cabinet.
"There's only thing I wish for, that that Nobel committee finally gets its act together and realizes that you are the single finest candidate since the Nobel Peace, this Nobel award was ever talked about, to receive that award."
— Steve Witkoff pic.twitter.com/l9GnOrkcJx
— Howard Mortman (@HowardMortman) August 26, 2025
Il a également indiqué que les « plusieurs nouvelles adhésions » aux Accords d’Abraham étaient en cours de négociation.
Witkoff n’a pas précisé quels pays étaient concernés, mais il annonçait déjà une telle expansion depuis mai. L’effort semble toutefois entravé par la prolongation de la guerre à Gaza.
En attendant, Washington chercherait à convaincre l’Azerbaïdjan, déjà lié à Israël, de rejoindre les Accords d’Abraham. Cette initiative suggère que l’administration Trump se contente désormais de gains plus modestes, nombre de candidats potentiels conditionnant leur adhésion à des avancées vers une solution à deux États avec les Palestiniens – une exigence rejetée par Israël.
Les déclarations de Witkoff s’inscrivaient dans le cadre d’une réunion publique du cabinet de plus de trois heures, durant laquelle les ministres ont tour à tour présenté leurs activités à Trump, tout en profitant largement de l’occasion pour louer le président.
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