Trump : Peut-être que c’est moi qui ai poussé Israël à frapper ces « cinglés » en Iran
Le président américain dit que Téhéran allait attaquer en premier et dit que la plupart des dirigeants iraniens potentiels "sont morts" ; 15 appels avec Netanyahu avant les frappes
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WASHINGTON – Le président américain Donald Trump a nié mardi qu’Israël ait entraîné les États-Unis dans une guerre contre l’Iran, affirmant au contraire que la situation pourrait bien avoir été l’inverse et qu’il était convaincu que l’Iran s’apprêtait à attaquer en premier.
S’exprimant lors d’une conférence de presse dans le Bureau ovale aux côtés du chancelier allemand Friedrich Merz, en visite à Washington, Trump a également affirmé que les capacités militaires de l’Iran avaient été « anéanties » et a spéculé sur celui qui pourrait diriger le pays après la mort du guide suprême Ali Khamenei dans une frappe israélienne.
Interrogé par un journaliste pour savoir si Israël et le Premier ministre Benjamin Netanyahu avaient contraint les États-Unis à rejoindre la guerre contre l’Iran, Trump a rejeté cette idée, contredisant ainsi des propos tenus lundi par le secrétaire d’État américain Marco Rubio.
Rubio avait alors déclaré que Washington craignait une attaque imminente de l’Iran.
« Nous savions que si nous ne les attaquions pas de manière préventive avant qu’ils ne lancent leurs propres attaques, nous subirions des pertes beaucoup plus importantes », avait-il affirmé.
Trump, lui, a rejeté l’idée selon laquelle la Maison Blanche aurait été entraînée dans le conflit par Israël.
« Non. Si quelqu’un a forcé la main, c’est peut-être moi », a déclaré Trump. « Nous étions en train de négocier avec ces cinglés, et j’étais persuadé qu’ils allaient attaquer les premiers. »
Des responsables du Pentagone auraient indiqué dimanche au Congrès que les États-Unis ne disposaient d’aucun renseignement laissant penser que l’Iran préparait une frappe préventive contre les États-Unis. Lundi, Rubio avait suggéré que Washington n’avait attaqué qu’après avoir appris que son allié Israël s’apprêtait à frapper.
« Ils allaient attaquer. Si nous ne l’avions pas fait, ils auraient frappé les premiers. J’en étais convaincu », a déclaré Trump mardi à propos de l’Iran. « Donc, au fond, c’est peut-être moi qui ai poussé Israël à agir », a-t-il ajouté. « Mais Israël était prêt, et nous l’étions aussi. »
Rubio a lui aussi insisté mardi sur le fait que la décision d’attaquer l’Iran avait été prise par Washington et non imposée par Israël.
Un reportage diffusé mardi sur la chaîne N12 a indiqué que Trump et Netanyahu s’étaient entretenus à environ 15 reprises au cours des deux mois ayant précédé le lancement des frappes. Le président américain aurait donné son feu vert à l’opération après avoir attendu de voir si les négociations de dernière minute sur le nucléaire iranien aboutiraient ou resteraient dans l’impasse.
La Maison Blanche tente de contrer les critiques
La Maison Blanche a intensifié ses efforts pour contrer les critiques selon lesquelles elle aurait agi trop rapidement en lançant une guerre contre l’Iran.
La décision de Trump de frapper la semaine dernière a fait suite à de longues négociations menées avec les Iraniens par l’envoyé spécial du président, Steve Witkoff, et son gendre Jared Kushner – des pourparlers que Washington considérait de plus en plus comme une tentative de gagner du temps sans véritable avancée.
Après la dernière série de discussions à Genève, en Suisse, la semaine dernière, Witkoff et Kushner avaient indiqué à Trump qu’il serait possible de parvenir à un accord nucléaire similaire à celui conclu par l’ancien président américain Barack Obama en 2015, selon un haut responsable de l’administration.
Ce responsable, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat lors d’un point de presse, avait décrit cet accord comme un « accord Obama-plus » potentiel. Witkoff et Kushner estimaient qu’un tel accord prendrait des mois, mais qu’il restait envisageable.
Toutefois, tout en affirmant être prêts à poursuivre la voie diplomatique et à « se battre pour chaque point possible » si tel était le souhait de Trump, les négociateurs avaient également indiqué au président que les Iraniens ne semblaient pas disposés à accepter un accord satisfaisant pour les États-Unis.
Les capacités militaires iraniennes « anéanties », selon Trump
S’exprimant au quatrième jour de la campagne américano-israélienne contre le régime iranien, Trump a affirmé que la marine, l’armée de l’air et les défenses aériennes de la République islamique avaient été « anéanties ».
« Ils n’ont plus de marine. Elle a été détruite. Ils n’ont plus d’armée de l’air. Elle a été détruite. Plus de système de détection aérienne. Détruit. Leurs radars ont été détruits. Presque tout a été détruit », a déclaré Trump. « On va voir ce qui se passe maintenant. »
Il a ajouté que les États-Unis poursuivraient leur campagne en Iran.
« Les frappes à grande échelle commencent maintenant », a-t-il déclaré. « Ils vont beaucoup souffrir. Mais d’abord, il faut finir le travail contre leur armée. »
Il a également affirmé que les États-Unis disposaient d’un approvisionnement « illimité » en « munitions de moyenne et de forte puissance, celles que nous utilisons vraiment dans cette guerre ».
Abordant la question du « jour d’après » en Iran, Trump a déclaré que le pire scénario serait que quelqu’un d’aussi mauvais que le régime actuel prenne le pouvoir.
« Cela pourrait arriver. Et nous ne voulons pas que cela arrive », a ajouté Trump. « Vous faites tout cela, et cinq ans plus tard vous vous rendez compte que vous avez mis quelqu’un qui n’était pas meilleur. »
« Nous préférerions voir quelqu’un qui va remettre le pays sur pied pour le peuple. »
« La plupart des personnes auxquelles nous pensions sont mortes », a-t-il ajouté. « Nous avons maintenant un autre groupe, qui pourrait lui aussi être mort, d’après les informations dont nous disposons. Et puis il y aura une troisième vague. À ce rythme, bientôt nous ne connaîtrons plus personne. »
Interrogé sur Reza Pahlavi – le fils de l’ancien shah d’Iran en exil, qui tente de se positionner pour un retour au pouvoir en cas de chute de la théocratie chiite – Trump a déclaré qu’il semblait être quelqu’un de bien, mais qu’il n’avait pas été sérieusement envisagé par son administration pour diriger l’Iran. Il a ajouté qu’une personne vivant actuellement dans le pays serait probablement un candidat plus approprié pour prendre le pouvoir.
⚡️BREAKING
Trump rejects Reza Pahlavi:
'He is a nice guy but I am looking for someone from within Iran who is popular' pic.twitter.com/JuqANyuUG2
— Iran Observer (@IranObserver0) March 3, 2026
« Il me semble que quelqu’un venant de l’intérieur serait peut-être plus approprié », a déclaré Trump, ajoutant qu’il serait logique que « quelqu’un qui est sur place et qui est populaire, s’il en existe un, émerge ».
Mojtaba Khamenei, le fils du guide suprême assassiné, l’ayatollah Ali Khamenei, est considéré comme le favori pour succéder à son père à la tête de la République islamique, a rapporté mardi le New York Times.
Selon l’article, les dignitaires religieux chargés de choisir le prochain guide suprême pourraient annoncer leur décision dès mercredi matin.
Toutefois, citant des responsables iraniens proches des délibérations, le journal indique que ces dignitaires religieux auraient certaines réserves quant à la nomination de Mojtaba Khamenei, craignant qu’elle n’accroisse le risque qu’il devienne une cible pour les États-Unis et Israël.
L’article ajoute que les dignitaires religieux ont tenu deux réunions virtuelles sur la question mardi.
L’article du NYT fait suite à une affirmation de la chaîne d’opposition Iran International, selon laquelle Mojtaba Khamenei, le deuxième fils du guide suprême, aurait déjà été choisi par l’Assemblée des experts pour succéder à son père, citant des « sources bien informées ».
Israël a déclaré mardi avoir fait exploser le bâtiment de l’Assemblée des experts – composée de 88 membres et chargée d’élire le nouveau guide suprême – et attendre encore des informations sur les résultats de cette frappe. Selon un média iranien, le bâtiment, situé à Qom, était vide lorsque Tsahal a annoncé l’avoir frappé.
Trump ferme la porte aux négociations avec Téhéran
Dans une publication mise en ligne mardi sur son compte Truth Social, Trump a affirmé qu’il était désormais « trop tard » pour engager des négociations diplomatiques avec l’Iran.
« Ils veulent discuter. Je leur ai répondu : ‘Trop tard !’ », a-t-il écrit en réaction à une tribune du Washington Post saluant sa décision d’attaquer l’Iran.
L’ambassadeur iranien auprès des Nations unies (ONU) à Genève a exprimé mardi des doutes quant à la possibilité de négociations avec les États-Unis.
« Pour l’instant, nous sommes très sceptiques quant à l’utilité de négociations », a déclaré Ali Bahreini aux journalistes.
S’exprimant depuis le Bureau ovale, Trump a également mis en garde les dissidents iraniens contre toute manifestation dans les rues tant que les bombardements se poursuivent.
« Si vous avez l’intention de descendre dans la rue pour protester, n’y allez pas pour l’instant », a-t-il déclaré.
Trump a affirmé que le nombre de morts lors de la répression des manifestations en Iran en décembre et janvier était « bien supérieur » à 35 000, après avoir évoqué la semaine dernière le chiffre de 32 000. Selon lui, les forces chargées de la répression ont utilisé des mitrailleuses pour abattre les manifestants.
Un journaliste a également demandé au président américain pourquoi aucun plan n’avait été préparé pour évacuer les Américains du Moyen-Orient.
« Eh bien, tout s’est passé très vite », a-t-il répondu.
Dans une mesure sans précédent, le département d’État américain a appelé lundi tous les citoyens américains à quitter plus d’une douzaine de pays du Moyen-Orient, sans toutefois organiser de vols d’évacuation. Washington leur recommande d’emprunter des vols commerciaux pour quitter la région, alors même qu’une grande partie de l’espace aérien est fermée.
Lors de sa rencontre avec Trump dans le Bureau ovale, Merz a déclaré que l’Allemagne « attendait avec impatience le jour d’après » la guerre avec l’Iran.
Il a ajouté que Berlin souhaitait travailler avec les États-Unis sur une stratégie pour l’après-guerre, une fois le gouvernement iranien actuel tombé.
« Nous sommes très intéressés par une approche commune, par un travail commun et par ce que nous pouvons faire », a déclaré Merz.
« Et cela n’est pas seulement important pour les Américains », a-t-il ajouté. « C’est extrêmement important pour l’Europe et extrêmement important pour Israël et sa sécurité. »
Merz a également souligné que la flambée des prix du pétrole nuisait à l’économie mondiale, plaidant en faveur d’une issue rapide au conflit.
Trump a reconnu que les prix du pétrole et du gaz pourraient augmenter pendant « un certain temps », mais qu’ils redescendraient ensuite, « à un niveau encore plus bas qu’avant », une fois la guerre terminée.
Selon l’AAA, le prix moyen d’un gallon d’essence aux États-Unis a bondi de 11 cents entre mardi et mercredi, pour atteindre environ 3,11 dollars.
Tout en félicitant Merz lors de leur rencontre, Trump a eu mardi des mots très durs à l’égard de deux alliés européens, la Grande-Bretagne et l’Espagne.
« Ce n’est pas Winston Churchill que nous avons en face de nous », a déclaré Trump à propos du Premier ministre britannique Keir Starmer, qui avait d’abord refusé de laisser les forces américaines utiliser des bases britanniques avant de revenir sur sa décision.
Le président américain a également relancé ses critiques contre l’accord par lequel le Royaume-Uni prévoit de transférer la souveraineté des îles Chagos à Maurice, alors que son administration avait auparavant soutenu cette décision. Cet archipel isolé de l’océan Indien abrite une base navale et une base de bombardiers américaines d’importance stratégique.
« Le Royaume-Uni a été très, très peu coopératif au sujet de leur stupide île », a déclaré Trump.
Il a également critiqué les Britanniques pour leurs éoliennes et leurs politiques d’immigration, estimant qu’ils devraient autoriser davantage de forages en mer du Nord.
Trump a par ailleurs menacé de rompre les relations commerciales avec l’Espagne, dont le gouvernement de gauche a refusé de laisser les avions américains utiliser ses bases pour attaquer l’Iran et s’est opposé à l’augmentation des dépenses de défense dans l’OTAN.
« L’Espagne s’est très mal comportée », a déclaré Trump, ajoutant : « Nous pourrions utiliser leur base si nous le voulions. Nous pourrions simplement y atterrir et l’utiliser. »
Nava Freiberg et l’équipe du Times of Israël ont contribué à cet article.
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