Rechercher

Trump veut accentuer la pression sur l’Iran : quelles options s’offrent à lui ?

Entre les mesures sur le pétrole, les banques chinoises et le blocus terrestre, voici le point sur les actions envisageables par l'administration américaine

Un panneau d'affichage portant un message en persan : « Il faut nous soulever » et une image de feu le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, domine la circulation dans le centre-ville de Téhéran, en Iran, le 15 août 2026. ((Crédit : Vahid Salemi/AP)
Un panneau d'affichage portant un message en persan : « Il faut nous soulever » et une image de feu le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, domine la circulation dans le centre-ville de Téhéran, en Iran, le 15 août 2026. ((Crédit : Vahid Salemi/AP)

Vendredi dernier, le président américain Donald Trump s’est engagé à frapper durement l’Iran sur le plan économique, au lendemain des déclarations du Secrétaire au Trésor, Scott Bessent, affirmant que Washington imposerait à Téhéran des mesures « inédites » dès la semaine prochaine.

Depuis la fin des années 1970, les États-Unis, l’Organisation des Nations Unies et l’Union européenne ont tour à tour imposé des sanctions, mis en œuvre des embargos commerciaux et gelé des avoirs pour contrer le programme nucléaire de l’Iran, ses violations des droits humains et son soutien à des organisations armées. Et depuis le début de la guerre en Iran, en février dernier, Washington y a ajouté d’autres sanctions maritimes, énergétiques et financières, sans oublier leblocus naval.

Les chiffres du Service de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Département du Trésor américain montrent qu’il a imposé des sanctions à plus d’un millier de personnes, navires et aéronefs depuis le début du second mandat de Donald Trump. Les mesures récentes, qui portent sur la flotte pétrolière fantôme de l’Iran, les assureurs maritimes, les entités et personnes qui facilitent l’achat d’armes par l’Iran, mais aussi les plateformes numériques, ont permis de geler près de 500 milliards de dollars en cryptomonnaies liées à l’Iran.

Selon les experts, l’administration Trump pourrait également envisager d’autres mesures :

Des sanctions contre les raffineries indépendantes chinoises

Les raffineries indépendantes chinoises, surnommées « teapots », représentent un quart de la capacité de raffinage de la Chine. Elles fonctionnent avec des marges bénéficiaires étroites, voire négatives.

Or, selon les chiffres 2025 de la société d’analyse Kpler, la Chine achète plus de 80 % du pétrole iranien transporté par voie maritime. Les raffineurs indépendants absorbent une grande partie de ce commerce, ce qui les expose à des mesures dites secondaires qui pénalisent les entités aidant une cible principale de sanctions.

Un panneau affiche les prix du carburant alors qu’un automobiliste quitte une station-service après avoir fait le plein, à Pékin, en Chine, le 26 mai 2026. (Photo AP/Andy Wong)

Les sanctions américaines passées ont permis de dissuader les grands raffineurs indépendants d’acheter du pétrole iranien. Toutefois, les raffineries indépendantes sont en partie immunisées puisqu’elles sont peu exposées au système financier américain, soulignent les experts en sanctions.

Des sanctions contre les banques chinoises

L’OFAC a imposé des sanctions secondaires à de plus petites entités installées en Chine et à Hong Kong, accusées de traiter des milliards de dollars de pétrole iranien et d’aider à financer l’achat d’armes.

Le Trésor a fait savoir à deux grandes banques chinoises – dont le nom est tenu secret – qu’elles pourraient faire l’objet de sanctions secondaires si des fonds iraniens transitaient par leurs systèmes.

Le fait de s’en prendre à ces deux banques — que les autorités américains n’ont pas officiellement identifiées — ou d’imposer de nouvelles sanctions pourrait avoir un effet dissuasif sur de plus grandes institutions financières, estiment les experts, tout en ajoutant que cela pourrait également donner lieu à des mesures de rétorsion de la part de Pékin.

Illustration : Des personnes passent devant la Bank of China dans une rue de Pékin, en Chine, le 13 juillet 2025.(Photo AP/Mahesh Kumar A.)

L’administration Trump tente de contenir les tensions entre Washington et Pékin dans la perspective d’une rencontre entre Donald Trump et le président Xi Jinping, prévue en fin d’année. Elle craint en effet que la Chine ne réduise ses exportations de minéraux critiques, essentiels à la production de technologies de pointe, à un moment où les États-Unis et leurs alliés occidentaux tentent encore de développer leurs propres approvisionnements.

Le « jeu de la taupe »

Les États-Unis pourraient continuer de s’en prendre aux individus et entités qui, en Iran, mais aussi en Chine et dans le Golfe, aident Téhéran à contourner les sanctions afin de réunir les fonds nécessaires à son effort de guerre.

Le Trésor a récemment pris des sanctions contre des entreprises créées de toute pièce pour faciliter l’échange des revenus pétroliers iraniens contre des importations. Mais ces mesures relèvent d’une approche du type « jeu de la taupe », laquelle n’a pas modifié le comportement de l’Iran, estime Brett Erickson, dirigeant principal chez Obsidian Risk Advisors, avant d’ajouter que Téhéran se contente de créer de nouvelles entités pour remplacer celles qui ne peuvent plus fonctionner.

Selon Miad Maleki, expert en sanctions à la Foundation for Defense of Democracies, Scott Bessent souhaite sans doute faire passer le message d’un renforcement de l’application des règles contre les transporteurs de pétrole, les acheteurs et les cambistes qui aident l’Iran à payer ses importations. Des sanctions supplémentaires dans le secteur de l’aviation sont également possibles afin de dégrader les capacités de l’Iran à commercer, maintenant que les États-Unis bloquent le transport maritime via le détroit d’Ormuz, précise-t-il.

Des pétroliers et des cargos faisant la queue dans le détroit d’Ormuz, vu depuis Khor Fakkan, aux Émirats arabes unis, le 11 mars 2026. (Crédit : Altaf Qadri/AP Photo)

Le blocus terrestre

Certains responsables américains et israéliens évoquent la perspective d’un blocus terrestre, lequel nécessiterait l’aide des voisins de l’Iran, à savoir l’Irak, la Turquie, le Pakistan, l’Afghanistan, le Turkménistan, l’Azerbaïdjan ou encore l’Arménie.

L’administration Trump entretient des relations de plus ou moins bonne qualité avec tous ces pays, à l’exception de l’Afghanistan, mais cette frontière est montagneuse et extrêmement difficile à surveiller.

Donald Trump pourrait disposer d’un moyen de pression sur le Pakistan, qui a récemment sollicité du Trésor américain un accord sur l’échange de 10 milliards de dollars en devises, mais aussi sur la Turquie, laquelle souhaite réintégrer le programme américain d’avions de chasse F-35.

Des voyageurs s’approchent à pied du poste-frontière avec la Turquie à Razi, en Iran, le 4 avril 2026. (Crédit : AP/Francisco Seco)

Un blocus terrestre pourrait accentuer la pression sur la population iranienne en interrompant les importations de vivres, d’énergie et de textiles, mais les experts estiment qu’une telle mesure serait difficile à mettre en œuvre et ne donnerait pas nécessairement lieu à des manifestations ou des pressions internes.

Des droits de douane secondaires

Donald Trump a menacé à plusieurs reprises d’imposer des droits de douane sur les marchandises en provenance de pays qui font du commerce avec l’Iran, bien que la Cour suprême ait annulé le fondement juridique de ces taxes.

Le Sénat a adopté la semaine dernière un projet de loi important sur les sanctions contre la Russie, qui inclut de nouvelles sanctions contre l’Iran et accorde à Donald Trump de nouveaux pouvoirs, en matière de droits de douane et de taxes, qu’il pourrait utiliser contre les pays qui aident l’Iran, que ce soit en faisant du commerce avec lui ou en lui permettant de se procurer des armes.

Reste à ce projet de loi d’être adopté par la Chambre des Représentants des États-Unis, ce qui pourrait s’avérer difficile en raison des inquiétudes des Démocrates et de certains Républicains concernant ces droits de douane.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.