Alors que les rumeurs vont bon train sur le contenu du protocole d’accord que les États-Unis et l’Iran s’apprêtent à signer, un haut responsable de l’administration du président américain Donald Trump a tenu une conférence téléphonique avec des journalistes pour défendre l’accord et pour répondre aux questions des médias.
Cet officiel, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat, a affirmé que l’accord permettait aux États-Unis d’atteindre cinq objectifs.
« Premièrement, l’accord rouvre le détroit et il lève le blocus (américain) (des ports iraniens) », a dit ce responsable américain.
« Deuxièmement, il conduit au démantèlement du programme nucléaire iranien », a poursuivi l’officiel, qui a laissé entendre que le protocole d’accord en lui-même n’obligeait pas l’Iran à démanteler le programme : il « conduira » plutôt potentiellement à ce résultat.
En effet, l’accord ne fait que prolonger de 60 jours le cessez-le-feu entre les parties – une période durant laquelle elles mèneront des discussions techniques concernant le programme nucléaire iranien.
« Troisièmement, l’accord conduit à ce que les États-Unis obtiennent les matières enrichies. Nous prévoyons dans l’accord que ces matières seront détruites sur place, puis qu’elles seront sorties du pays », a-t-il expliqué, s’abstenant apparemment de préciser que le protocole d’accord exigeait que l’Iran renonce d’emblée à ses stocks d’uranium hautement enrichi.
Cette question devrait elle aussi faire l’objet de pourparlers nucléaires ultérieurs pendant la prolongation du cessez-le-feu.
« Quatrièmement, tout cela garantira une paix à long terme dans la région, ce qui signifiera que les Iraniens ne financeront plus la violence dans la région – mais cela signifie également que tout le monde respectera la souveraineté territoriale de l’Iran », a-t-il continué. Un sujet qui serait également plus vague dans le cadre du protocole d’accord lui-même et qui fera probablement l’objet de discussions lors des négociations ultérieures avec les États-Unis.
L’Iran n’a donné, pour le moment, aucun signe indiquant qu’il cesserait de soutenir ses proxys.
« Enfin, [cet accord] prévoit un régime d’inspection qui garantira qu’il s’agit ici d’un engagement à long terme et qu’il est aussi applicable à long terme », a déclaré le responsable américain, semblant à nouveau faire référence à une concession que les États-Unis espèrent seulement obtenir dans le cadre d’un accord ultérieur avec l’Iran. Le protocole d’accord lui-même ne devrait pas mettre immédiatement en place un système d’inspection des activités de l’Iran.
« Ce que l’Iran retire de cet accord, c’est que s’il s’y conforme, il sera soulagé d’une grande partie des pressions économiques auxquelles il est soumis depuis de très nombreuses années », a fait remarquer l’officiel américain. « Le pays sera réintégré dans l’économie mondiale et il sera récompensé pour s’être comporté comme un pays normal, plutôt que comme le plus grand État soutenant le terrorisme ».
« Les Iraniens n’obtiennent rien lors de la signature du protocole d’accord ni lors des négociations… S’ils remettent les matières nucléaires comme promis, ils obtiendront quelque chose. S’ils démantèlent leurs programmes nucléaires ou leurs installations nucléaires, ils obtiendront autre chose. S’ils s’engagent réellement en faveur de la paix et de la stabilité régionales, ils obtiendront des avantages supplémentaires en plus de cela ».
Il a ensuite mis en garde les journalistes, les sommant de ne pas se fier aux descriptions des termes de l’accord telles qu’elles ont été fournies par les médias d’État iraniens. Il a affirmé qu’ils tentaient de vendre l’accord à leur opinion publique et qu’ils ne le faisaient pas nécessairement en transmettant la réalité des choses, tout en insistant sur le fait que sa présentation de l’accord était différente.