Un étudiant de la yeshiva de Beit Shemesh condamné pour espionnage au profit de l’Iran
Elimelech Stern, 22 ans, de Beit Shemesh, a accroché des tracts avec des empreintes de paumes ensanglantées et des textes anti-guerre au nom de son maître, mais a refusé de demander d'allumer un feu de brousse à Jérusalem
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Le tribunal de Jérusalem a condamné Elimelech Stern, un étudiant en yeshiva âgé de 22 ans et originaire de Beit Shemesh, pour espionnage pour le compte de l’Iran.
Stern a été reconnu coupable de contact avec un agent étranger, ainsi que de complot avec mise en danger après avoir, l’an dernier, mené plusieurs missions pour le compte d’un agent des services secrets iraniens contre rémunération.
Stern est l’un des nombreux citoyens israéliens arrêtés et accusés d’espionnage pour le compte de la république islamique. Il est également l’un des premiers à être condamné, la plupart des affaires d’espionnage étant encore en cours d’examen par le système judiciaire.
Lors d’une série d’interrogatoires menés par le Shin Bet après son arrestation, Stern a admis avoir été en contact via Telegram avec son opérateur, connu sous le pseudonyme « Anna Elena ». Devant le tribunal, il a insisté sur le fait qu’il ignorait qu’il communiquait alors avec un acteur étranger.
Selon le jugement rendu par la magistrate Hannah Miriam Lump, Stern a recruté deux autres citoyens israéliens pour l’aider à accomplir les tâches qui lui avaient été assignées par son supérieur.
Sur ordre de l’agent, Stern a demandé à l’un de ses complices d’imprimer et d’afficher des tracts représentant des empreintes de paumes ensanglantées accompagnées de la phrase en anglais : « L’histoire retiendra que des enfants ont été tués. Plaçons-nous du bon côté de l’histoire ». Le complice a pris des photos de lui-même en train d’afficher les tracts à Tel Aviv au début du mois de juin 2024, puis les a envoyées à Stern, qui les a ensuite transmises à l’agent.
Stern avait en outre prévu, en juin 2024, de déposer un colis piégé devant la porte de Ronen Shaul, représentant d’Israël auprès de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Un projet qui n’a toutefois jamais été mis à exécution.
L’agent iranien lui avait en effet demandé d’envoyer une tête d’animal coupée ainsi qu’un bouquet de fleurs à ce fonctionnaire. L’agent, ne parvenant pas à trouver de tête d’animal, a changé d’avis et lui a demandé d’envoyer la tête d’une poupée décapitée, accompagnée d’un couteau. Mais, craignant des répercussions judiciaires, Stern a finalement refusé d’envoyer le colis.
Ce même mois, après une période de discussion, il a également refusé d’obéir à l’agent qui lui demandait d’allumer un feu de broussailles à Jérusalem.
L’affaire Stern est l’une des dizaines qui ont été révélées ces deux dernières années, dans lesquelles des agents iraniens ont recruté des Israéliens via les réseaux sociaux, en particulier la messagerie Telegram, pour les intégrer dans des réseaux d’espionnage. La plupart de ces présumés espions se voient d’abord confier des tâches anodines, qui évoluent progressivement vers des infractions plus graves, notamment la collecte de renseignements et les complots en vue de commettre un assassinat.
Le nombre croissant d’agents iraniens présumés a même incité Israël à ouvrir une nouvelle aile à leur intention dans la prison Damon, à Haïfa.
Ces agents improbables, qui viennent d’horizons très divers, sont généralement des civils ordinaires contactés et recrutés en ligne par des agents des services de renseignement iraniens.
Ces initiatives semblent faire partie d’une vaste entreprise de recrutement mise en oeuvre par Téhéran pour recueillir des renseignements sur les sites nucléaires et militaires d’Israël, ainsi que sur des personnalités israéliennes clés – responsables de la Défense et scientifiques de haut niveau notamment.
En juillet, les forces de l’ordre ont arrêté quelque 45 suspects impliqués dans 25 affaires depuis le 7 octobre 2023, a déclaré un porte-parole de la police israélienne au Times of Israel. Quarante d’entre eux ont été inculpés, a précisé un responsable de la sécurité.
La seule condamnation prononcée à ce jour concerne un homme d’affaires israélien qui a probablement été ciblé, et non recruté au hasard, comme cela semble avoir été le cas de tant d’autres.
Compte tenu du jeune âge de Stern à l’époque des faits, il fera l’objet, à la demande de son avocat, d’un examen en vue d’une libération conditionnelle avant le prononcé de la peine.
la Communauté du Times of Israël !







