Un navire frappé à Ormuz : l’Iran entend maintenir la fermeture du détroit
Suite à l'attaque d'un bâtiment qui a fait un blessé, Téhéran exige que les États-Unis respectent l'accord de juin. Le trafic maritime demeure très restreint
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Mardi, l’agence britannique de sécurité maritime UKMTO a déclaré avoir été informée qu’un navire avait été touché par un projectile inconnu alors qu’il sortait du détroit d’Ormuz, ce qui a occasionné des dégâts dans la salle des machines et blessé un membre d’équipage, au moment-même où l’Iran répète vouloir maintenir la fermeture du détroit jusqu’à ce que les États-Unis respectent les termes de l’accord intérimaire de juin dernier.
L’UKMTO n’a pas précisé la nature des blessures de la victime signalée à bord du navire. Les garde-côtes d’Oman ont porté assistance à l’équipage et les autorités ont ouvert une enquête, a indiqué l’UKMTO, ajoutant qu’aucun dommage environnemental n’était à déplorer.
Cet incident s’est produit au moment où le passage des navires à Ormuz continue de se compter sur les doigts d’une main, contre plus de 130 le 27 février dernier, la veille du lancement par Israël et les États-Unis de la guerre contre l’Iran afin d’éradiquer son programme nucléaire.
Les médias iraniens officiels ont cité le président du Parlement iranien et négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf, lequel aurait déclaré mardi aux députés que le détroit resterait fermé tant que les États-Unis ne respecteraient pas les conditions du protocole d’accord conclu entre les parties en juin dernier.
Les États-Unis ont répondu à la fermeture d’Ormuz par Téhéran en imposant un blocus sur le transport maritime lié à l’Iran.
Dans le cadre du protocole d’accord conclu avec l’Iran le 17 juin dernier, les États-Unis s’étaient engagés à lever le blocus, annuler les sanctions sur le pétrole iranien, débloquer les avoirs iraniens gelés et mettre fin aux menaces et opérations militaires contre la république islamique.
Lundi, un haut responsable iranien a fait savoir à Reuters que Téhéran allait passer à une posture « pleinement offensive » compte tenu de l’impasse des négociations en vue d’une fin définitive du conflit.
Dès le début de la guerre, l’Iran a bloqué le détroit et pris en otage près de 20 % des flux de pétrole mondiaux, ce qui a donné lieu à une hausse mondiale des prix du pétrole.
Le protocole d’accord en question — auquel Israël n’est pas partie — donnait 60 jours aux parties pour négocier un accord sur le programme nucléaire iranien. L’accord a rapidement volé en éclats en raison d’un différend sur le contrôle d’Ormuz. Les 60 jours en question ont expiré ce lundi.
Les premiers chiffres du trafic maritime publiés mardi montrent que les passages dans le détroit d’Ormuz, lundi, ont été très limités, malgré une légère amélioration par rapport au week-end dernier. Six navires marchands ont traversé le détroit lundi – trois pour sortir du Golfe et trois pour y entrer, selon les chiffres de Kpler sur l’activité maritime. Par ailleurs, trois navires avaient effectué la traversée samedi, et deux dimanche. En revanche, aucun super pétrolier ou navire de transport de gaz naturel liquéfié n’a franchi le détroit.
Il est possible que des navires aient traversé le détroit en désactivant leur transpondeur, auquel cas ils ne figurent pas dans ce décompte.
Selon ces mêmes sources, le très grand transporteur de gaz Xavia est entré dans le détroit par la route iranienne sur ballasts, c’est-à-dire à vide, sans cargaison. Les VLGC sont généralement utilisés pour transporter des gaz de pétrole liquéfiés tels que le propane et le butane.
Un pétrolier de taille moyenne et un pétrolier de taille intermédiaire sont également entrés dans le Golfe, d’après ces sources, et un transporteur de GPL de taille moyenne, un vraquier Panamax et un pétrolier de taille Panamax en sont sortis.
Par ailleurs, à Bab el-Mandeb, 19 navires marchands ont effectué la traversée lundi, d’après Kpler – un chiffre inférieur à la moyenne mobile sur 10 jours, laquelle s’élève à 26, et en baisse par rapport aux 33 traversées de dimanche dernier. Sur ces 19 navires, cinq entraient en mer Rouge et 14 en sortaient.
Parmi les 14 navires sortants figure le super pétrolier Norns et ses 2 millions de barils de pétrole. Parmi les entrants figurent deux pétroliers pour produits liquides, l’Admiral et le Portofino, ce dernier chargé de gazole à destination des marchés à l’ouest de Suez.
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