Un photographe palestinien remporte le Pulitzer pour ses clichés de Gaza
Le comité a salué le travail « obsédant et troublant » de Saher Alghorra ; sa photo en Une du New York Times a relancé le débat sur les accusations de "famine"
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Un photographe du New York Times travaillant à Gaza a remporté le prix Pulitzer 2025 de la photographie pour des clichés pris pendant la guerre entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas.
Le comité du prix a dit qu’il récompensait Saher Alghorra « pour sa série poignante et pleine de sensibilité sur la dévastation et la famine à Gaza résultant de la guerre avec Israël ».
L’une des photographies d’Alghorra, publiée à la une du journal en juillet 2025, montrait un garçon émacié blotti dans les bras de sa mère. Elle est devenue un symbole des allégations de « famine » généralisée dans le territoire, étant vivement dénoncée par ceux – dont le gouvernement israélien – qui ont rejeté les accusations selon lesquelles Israël provoquerait délibérément la faim à Gaza.
Des photos du garçon, Mohammed al-Mutawaq, ont également été publiées par Sky News, The Guardian, Daily Mail et The Times de Londres.
Quelques jours après la publication de la photo en une du New York Times, le journaliste d’investigation indépendant David Collier a rapporté sur son site web qu’un rapport médical datant de mai 2025 et provenant de Gaza indiquait que Mohammed avait été diagnostiqué avec une paralysie cérébrale et souffrait d’hypoxémie, c’est-à-dire d’un faible taux d’oxygène dans le sang, potentiellement lié à une maladie génétique présumée.
Collier a également souligné que d’autres photos de la même série, utilisées par plusieurs grands médias, montraient la mère de Mohammed et son frère aîné, dont le poids semblait normal.
Collier a toutefois reconnu que Mohammed « avait besoin de compléments alimentaires spécialisés depuis sa naissance », ajoutant que son état était également probablement aggravé par les difficultés d’acheminement de l’aide humanitaire vers Gaza, où le matériel médical se fait rare et où le système de santé est pratiquement effondré.
Le New York Times a ensuite modifié son article afin de préciser que le garçon souffrait d’un problème médical entravant son développement musculaire. Le journal a également supprimé une citation de la mère affirmant que son fils était en bonne santé avant le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza. Le quotidien a toutefois maintenu ses autres affirmations concernant les accusations de « famine » dans l’enclave.
We are thrilled to announce that the Palestinian photographer Saher Alghorra is the new winner of the 15th edition of the Visa d'or award for his powerful reporting from the Gaza Strip.
Learn more: https://t.co/uFRBsGbpQg pic.twitter.com/EcpeQOBDYD
— ICRC (@ICRC) June 27, 2025
Les photographies pour lesquelles Alghorra a été récompensé montrent notamment des Gazaouis faisant la queue pour obtenir de la nourriture, des parents transportant des enfants blessés pour qu’ils reçoivent des soins médicaux, ou encore des habitants célébrant le ramadan dans des bâtiments bombardés. Elles comprennent également l’image d’un autre enfant émacié devenu un symbole de la crise alimentaire, sans susciter les mêmes critiques spécifiques.
L’an dernier, Israël a bloqué l’entrée de l’aide à Gaza pendant 11 semaines, et des responsables israéliens ont reconnu l’existence de pénuries alimentaires. Jérusalem a toutefois rejeté les accusations de « famine », affirmant que le Hamas empêchait l’aide d’atteindre les civils palestiniens et que l’ONU ne distribuait pas les stocks entreposés aux points de passage frontaliers.
Saher Alghorra, 28 ans, n’a pas commenté publiquement l’obtention du prix Pulitzer. Après avoir remporté le mois dernier le World Press Photo Award pour une série d’images similaire, il avait déjà évoqué sur Instagram l’importance que représentait pour lui cette reconnaissance.
« Mon cœur est lourd face à ce dont j’ai été témoin – et à ce que j’ai été contraint de photographier : des vies perdues, des vies brisées, des déplacements, la faim, la destruction totale et une souffrance incessante », avait-il écrit. « Chaque image de cette série porte le poids de ce que nous avons vécu. Ces images – et ces cris – sont gravés en moi. »
Les œuvres liées à l’expérience palestinienne ont également été distinguées dans d’autres catégories. I’ll Tell You When I’m Home: A Memoir, de Hala Alyan, auteure américano-palestinienne, entremêle le récit de son infertilité et celui du déplacement de sa famille ; l’ouvrage a été finaliste dans la catégorie mémoires et autobiographies.
Plusieurs auteurs juifs ont également été récompensés lors de la cérémonie annoncée lundi après-midi, bien qu’aucun ne l’ait été pour des récits portant sur Israël. M. Gessen a remporté le prix dans la catégorie opinion pour des articles publiés dans le New York Times sur la montée de l’autoritarisme aux États-Unis, tandis que Bess Wohl a reçu le prix de théâtre pour Liberation, une pièce consacrée au mouvement de libération des femmes des années 1970 et mettant en scène un personnage juif central.
la Communauté du Times of Israël !







