Un soldat israélien dénonce des pratiques de Tsahal à Gaza au micro de Sky News
L'armée israélienne a réagi en assurant qu'elle « opère contre des cibles et des objectifs militaires, et ne vise pas les civils ni les biens civils »
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Un réserviste israélien a déclaré au micro de la chaîne britannique Sky News que les troupes tiraient au hasard sur des civils dans la bande de Gaza, où des protocoles d’usage des armes laxistes permettent d’ouvrir le feu de manière meurtrière sur toute personne pénétrant dans les zones interdites.
Le soldat s’est exprimé en anglais, de manière anonyme, devant la caméra, et les images ont été floutées afin de dissimuler son identité lors de l’interview diffusée lundi.
Il a décrit son expérience personnelle au sein de la 252ᵉ division dans la bande de Gaza, où il a été affecté à deux reprises au corridor de Netzarim, une route stratégique qui divise l’enclave en deux parties, nord et sud.
Selon ses dires, les troupes ouvriraient le feu sur toute personne pénétrant dans les zones interdites définies autour de leurs positions, même si elle ne semble pas constituer une menace.
« Nous avons un territoire sur lequel nous sommes présents, et les ordres sont les suivants : toute personne qui pénètre à l’intérieur doit mourir », a-t-il déclaré.
« S’ils sont à l’intérieur, ils sont dangereux, vous devez les tuer. Peu importe qui ils sont. »
'Some Israeli commanders can decide to do war crimes.'
An IDF soldier, who spoke on the condition of anonymity, said his conscience won't let him stay silent about arbitrary killing of civilians in Gaza.https://t.co/gTz1NqQk8v pic.twitter.com/WWzIv6Ck0o
— Sky News (@SkyNews) July 7, 2025
« C’était comme si quiconque entrait dans ce périmètre était visé, même un adolescent à vélo », a-t-il ajouté.
Ses propos rejoignent ceux tenus l’an dernier par d’autres soldats de cette division, tels que rapportés par le quotidien Haaretz en décembre et janvier, dans lesquels ils critiquaient les règles d’ouverture du feu et le commandant de la division, le brigadier général Yehuda Vach.
« Il existe une ligne imaginaire dont ils nous disent que tous les habitants de Gaza connaissent l’emplacement et savent qu’ils ne doivent pas la franchir », a déclaré ce soldat, qui a effectué trois missions à Gaza.
« Mais comment peuvent-ils le savoir ? »
« Ils [les commandants] ne vous parlent pas vraiment des civils qui pourraient venir vers vous. Par exemple, j’étais sur la route de Netzarim. Ils nous disent que si quelqu’un s’approche, c’est qu’il sait qu’il n’a pas le droit d’être là. Et s’il s’approche quand même, cela signifie que c’est un terroriste », a-t-il poursuivi.
Selon lui, le laxisme dans l’application des ordres d’ouverture du feu dépend de chaque commandant de façon individuelle, certains étant plus laxistes que d’autres.
Concernant ceux qui pénètrent dans ces zones, le soldat a déclaré : « Ils peuvent être abattus, ils peuvent être capturés. Cela dépend vraiment du jour et de l’humeur du commandant. »
« C’est un peu comme dans le Far West. »
« Certains commandants peuvent réellement décider de commettre des crimes de guerre et des actes répréhensibles sans en subir les conséquences. »
Il a décrit une situation dans laquelle un homme a été abattu pour avoir pénétré dans la zone interdite, tandis qu’un autre, qui s’était approché du corps, avait été arrêté. Quelques heures plus tard, l’ordre a été donné de tirer à nouveau pour tuer toute personne se trouvant dans la zone.
La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.
En réponse à ce pogrom, le plus meurtrier de l’histoire du pays et le pire mené contre des Juifs depuis la Shoah, Israël a juré d’anéantir le Hamas et de mettre fin à ses seize années de pouvoir, et a lancé une opération aérienne suivie d’une incursion terrestre dans la bande de Gaza le 27 octobre 2023.
Selon les propos, sous couvert d’anonymat, de ce réserviste, les soldats considéreraient tous les Gazaouis comme des terroristes, y compris ceux qui semblent clairement être des civils non armés, une opinion que les commandants ne contesteraient pas et que certains soutiendraient même.
D’autres considéreraient tous les Gazaouis comme coupables des atrocités commises le 7 octobre, parce qu’ils ne les auraient pas empêchées ou auraient soutenu l’assaut sanglant et barbare du Hamas, a-t-il ajouté.
« Je pense que beaucoup d’entre eux ont vraiment le sentiment de faire quelque chose de bien », a ajouté le soldat.
« Je pense que le fond du problème, c’est que dans leur esprit, ces personnes ne sont pas innocentes. »
« C’est ce qu’ils vous disent. Mais je ne pense pas que ce soit vrai. Ce ne sont que des pauvres gens, des civils qui n’ont pas vraiment le choix. »
Il a expliqué sa décision de partager publiquement son expérience en disant qu’il avait l’impression d’avoir pris part à « quelque chose de mauvais, et [qu’il] avait besoin de contrer cela par quelque chose de bien, en parlant ouvertement ».
« Je suis très troublé par ce que j’ai fait et continue de faire, en tant que soldat et citoyen de ce pays. »
Selon lui, le soutien de l’opinion publique israélienne se concentre sur la poursuite de ce qui est considéré comme une guerre juste et existentielle ainsi que sur la libération des otages.
« Je pense que beaucoup de gens, s’ils savaient exactement ce qui se passe, ne le prendraient pas très bien et ne seraient pas d’accord. J’espère qu’en en parlant, cela pourra changer la façon dont les choses sont faites. »
Dans une déclaration adressée à Sky News, l’armée israélienne a assuré qu’elle « opère contre des cibles et des objectifs militaires, et ne vise pas les civils ni les biens civils ».
Tsahal « opère dans le strict respect de ses règles d’engagement et du droit international, en prenant toutes les précautions possibles pour limiter les dommages causés aux civils ».
« Les rapports et les plaintes concernant une violation du droit international par Tsahal sont transmis aux autorités compétentes chargées d’examiner les incidents exceptionnels qui se sont produits pendant la guerre », a ajouté l’armée.
Dans un article publié en décembre, Haaretz citait des soldats affirmant que les ordres de tirer à vue donnés à la 252ᵉ division rendaient les meurtres dans certaines zones visiblement aveugles et arbitraires. Un autre article publié en janvier rapportait que des soldats accusaient Vach de mettre leur vie en danger en adoptant une attitude agressive au cours des opérations et en envoyant des troupes dans des zones de combat sans préparation adéquate.
Vendredi dernier, Tsahal a confirmé avoir ouvert une enquête sur les allégations selon lesquelles des soldats auraient tiré à balles réelles sur des Gazaouis venus récupérer de l’aide humanitaire, mais a vigoureusement contesté que les soldats aient reçu l’ordre de leurs commandants d’ouvrir délibérément le feu sur des civils palestiniens tentant de rejoindre les centres de distribution.
Cette déclaration a été publiée après qu’un article du journal Haaretz a révélé que l’armée avait ouvert une enquête sur d’éventuels crimes de guerre commis par ses troupes et cité des soldats anonymes affirmant que la zone était un « champ de la mort » et qu’ils avaient reçu l’ordre de traiter les personnes venues chercher de l’aide comme des terroristes et d’utiliser des armes à feu pour contrôler la foule.
Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent 50 otages, dont 49 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023.
Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 28 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont fait part de leurs vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes. Le Hamas détient également le corps d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.
Plus de 57 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes. Israël affirme avoir tué 20 000 terroristes au combat depuis janvier, et 1 600 autres terroristes à l’intérieur du pays le 7 octobre 2023.
Tsahal affirme prendre « de nombreuses mesures » pour minimiser les atteintes aux civils et souligne que le groupe terroriste viole systématiquement le droit international et exploite brutalement les institutions civiles et la population comme bouclier humain pour ses activités de terrorisme, en combattant depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.
la Communauté du Times of Israël !







