Un soldat tué lors d’une tentative d’enlèvement par le Hamas dans le sud de Gaza
L'armée élargit son offensive terrestre dans le nord de Gaza quelques heures après que Netanyahu a quitté la Maison Blanche ; Zamir : les combats créeront "les conditions propices à la conclusion d'un accord"
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Un soldat israélien a été tué mercredi lors d’une tentative d’enlèvement par des terroristes qui ont également tenté de s’emparer de son corps dans le sud de la bande de Gaza, a annoncé l’armée israélienne.
Il s’agit du sergent-chef (Rés.) Abraham Azulay, 25 ans, opérateur en génie lourd dans l’unité du Corps du Génie Militaire du Commandement du Sud, originaire de l’implantation de Yitzhar, en Cisjordanie.
Azulay s’était marié trois mois seulement avant d’être tué. Il laisse derrière lui son épouse Ruth, ainsi que ses parents et ses frères et sœurs.
Selon une enquête en cours menée par Tsahal, plusieurs terroristes palestiniens du Hamas sont sortis d’un tunnel et ont attaqué des soldats israéliens à Khan Younès, dans le sud de Gaza.
Au cours de l’attaque, les terroristes armés ont tenté d’enlever Azulay, qui se trouvait aux commandes d’une excavatrice.
« Il s’est battu contre eux et les terroristes l’ont abattu », a déclaré l’armée.
Les terroristes ont ensuite tenté de s’enfuir avec le corps d’Azulay, mais d’autres soldats israéliens qui gardaient la zone ont ouvert le feu sur eux, déjouant ainsi leur tentative, a ajouté l’armée.
Plus tôt mercredi, la branche armée du Hamas a annoncé que ses terroristes avaient tenté de capturer un soldat à l’est de Khan Younès, mais que « les conditions sur le terrain ne le permettant pas, ils l’avaient donc tué et avaient saisi son arme ».
Azulay avait servi dans le 202ᵉ bataillon de la brigade des parachutistes pendant son service militaire. Dans la réserve, il avait été affecté à un bataillon d’infanterie légère de la 769ᵉ brigade régionale « Hiram ».
Entre le début de la guerre et le 3 mars 2024, Azulay a servi pendant 66 jours dans la réserve, ce qui lui avait valu d’être promu sergent-chef.
Azulay avait été sanctionné pour avoir déserté le service de réserve après la guerre, emprisonné et rétrogradé au rang de soldat.
A l’issue de son incarcération, il a repris son service dans la réserve et a servi pendant 201 jours supplémentaires.
En juin, il a été enrôlé pour conduire une excavatrice dans le cadre d’opérations d’ingénierie dans la bande de Gaza.
En raison des circonstances de sa mort, le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, avec l’accord du ministre de la Défense Israel Katz, a rétabli le grade d’Azulay avant sa rétrogradation et l’a promu à titre posthume, conformément à la tradition pour les soldats tombés au combat.
L’armée a déclaré qu’il avait été promu au grade de sergent-chef « compte tenu du fait qu’il ait été tué face à l’ennemi en sacrifiant sa vie ».
Par ailleurs, Tsahal a déclaré qu’un soldat du 77ᵉ bataillon de la 7ᵉ brigade du Corps Blindé Mécanisé avait été grièvement blessé lors de combats dans le nord de Gaza. Le soldat a été transporté à l’hôpital pour y être soigné.
Ces incidents surviennent alors que l’armée israélienne continue de creuser des tranchées dans le sud de la bande de Gaza et d’étendre son offensive terrestre dans le nord, à Beit Hanoun, après une embuscade tendue par le groupe terroriste palestinien du Hamas dans cette région, qui a coûté la vie à cinq soldats en début de semaine.
Les troupes de la brigade Givati ont uni leurs forces à celles de la 99ᵉ division pour encercler la ville nord, où l’armée estime que des dizaines de terroristes du Hamas se sont retranchés dans des tunnels.
« Les troupes opèrent pour détruire les infrastructures terroristes, éliminer les terroristes et anéantir les capacités armées du Hamas dans la région », a déclaré Tsahal.
Lundi soir, cinq soldats ont été tués par trois bombes placées en bord de route et déclenchées à distance par des terroristes du Hamas avant leur arrivée dans la région. Au moment de la troisième explosion, des terroristes armés ont ouvert le feu sur les soldats. Quatorze autres soldats ont été blessés dans cette embuscade.
Depuis le début de l’incursion terrestre à Gaza menée contre le groupe terroriste palestinien du Hamas et lors des opérations menées le long de la frontière de Gaza, le bilan israélien s’élève à 450 morts. Ce bilan comprend également deux policiers et trois civils qui travaillaient pour le ministère de la Défense.
Plus tard dans l’après-midi, Zamir a déclaré que l’offensive en cours contre le Hamas pourrait permettre de conclure un accord avec le groupe terroriste pour la libération des otages.
« Au cours de l’Opération ‘Chars de Gédéon’, nous avons porté un coup sévère aux capacités gouvernementales et armées du Hamas. Grâce à la force opérationnelle dont nous avons fait preuve, les conditions sont désormais réunies pour faire avancer un accord en vue de la libération des otages », a-t-il déclaré lors d’une cérémonie de remise des diplômes à l’École nationale de sécurité.
Selon l’agence de défense civile contrôlée par le Hamas à Gaza, au moins 22 personnes, dont six enfants, ont trouvé la mort mercredi lors de frappes israéliennes. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes.
Le porte-parole de l’agence, Mahmoud Bassal, a déclaré qu’une frappe aurait tué dix membres d’une même famille qui s’étaient réfugiés dans la région d’Al-Mawasi, à l’ouest de Khan Younès, tandis qu’une autre frappe sur le camp d’al-Shati, près de la ville de Gaza, aurait fait dix morts et plus de 30 blessés.
Interrogée à ce sujet, l’armée a déclaré qu’elle examinait ces rapports.
L’offensive israélienne et les restrictions imposées à l’approvisionnement de Gaza ont lourdement affecté le système médical, qui est soumis à une pression énorme alors que le nombre de victimes continue d’augmenter.
Mercredi matin, alors qu’une foule en pleurs se rassemblait à l’hôpital al-Shifa de Gaza-City, son directeur, Mohammad Abu Salmiya, a déclaré aux journalistes que l’établissement serait « complètement hors service en raison de la pénurie de carburant » dans les heures qui suivaient.
Tsahal a annoncé l’intensification de son offensive terrestre quelques heures après la fin de la deuxième réunion entre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et le président américain, Donald Trump, lors d’une visite de quatre jours à Washington.
Netanyahu achève son voyage aux États-Unis, les négociations sur les otages sont dans l’impasse
Trump a intensifié ses pressions sur Israël pour qu’il conclue un accord de cessez-le-feu avec le Hamas, mais Netanyahu a néanmoins quitté sa dernière réunion avec le président, mardi soir, sans annoncer de percée dans les négociations. Le Premier ministre devrait rentrer en Israël jeudi.
Mardi, l’envoyé américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a déclaré aux journalistes qu’il espérait qu’un accord pourrait être conclu cette semaine, affirmant que trois des quatre points de désaccord entre les deux parties avaient été résolus lors de pourparlers à Doha.
Toutefois, selon des sources bien informées citées par le Times of Israel, les États-Unis seraient plus optimistes que les médiateurs égyptiens et qataris quant aux chances de parvenir à un accord cette semaine.
Witkoff a reporté son vol prévu mardi vers le Qatar, où il devait rejoindre les pourparlers en cours, selon des sources qui se sont entretenues avec le Times of Israel, indiquant que des divergences importantes subsistent encore dans les négociations.
Selon un responsable américain et des sources proches des négociations, le principal obstacle réside dans le retrait partiel de Tsahal de Gaza pendant la trêve de 60 jours.
Israël insiste pour rester dans le corridor de Morag, dans le sud de l’enclave, à proximité de l’endroit où il prévoit de créer une « ville humanitaire » dans laquelle toute la population de la bande de Gaza sera rassemblée après avoir été contrôlée et empêchée de partir.
Katz, a présenté cette idée aux journalistes en début de semaine, déclenchant un tollé international à l’idée de concentrer deux millions de personnes dans une zone aussi restreinte, tout en leur interdisant de la quitter.
Selon certaines sources, l’intervention du ministre de la Défense aurait compromis les négociations à Doha, rendant le Hamas moins flexible quant au retrait des troupes israéliennes.
Katz a présenté ce plan comme un mécanisme visant à protéger la population et à distribuer de l’aide humanitaire dans la région.
Cependant, la confiance dans les initiatives humanitaires israéliennes est faible depuis que les Gazaouis sont pris pour cible presque quotidiennement par des tirs imputés à Tsahal alors qu’ils tentent d’atteindre les sites d’aide établis par Israël et gérés depuis mai par la toute nouvelle Fondation humanitaire de Gaza (GHF).
Mercredi, en raison de désaccords sur les paramètres du retrait de l’armée israélienne de Gaza, Israël devait présenter une nouvelle série de cartes montrant le redéploiement proposé de ses troupes, après le rejet de la version précédente par le Hamas, a déclaré une source proche des négociations au Times of Israel.
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