Katz appelle à confiner tous les Gazaouis dans une « ville humanitaire »
Les Palestiniens ne seront pas autorisés à sortir de cette zone, construite sur les ruines de Rafah, gérée par des ONG et sécurisée à distance par Tsahal, selon le ministre de la Défense
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Le ministre de la Défense, Israel Katz, a déclaré lundi à la presse qu’il avait chargé l’armée israélienne et son ministère de présenter un plan visant à créer une nouvelle « ville humanitaire » dans le sud de la bande de Gaza, sur les ruines de Rafah.
Selon Katz, l’objectif de cette zone est d’accueillir dans un premier temps quelque 600 000 Palestiniens qui vivent dans la région côtière de Mawasi depuis qu’ils ont été déplacés d’autres régions de l’enclave, après avoir été soumis à un contrôle visant à s’assurer qu’aucun membre du groupe terroriste palestinien du Hamas ne se trouve parmi eux.
Les Palestiniens ne seront pas autorisés à quitter la zone, a-t-il ajouté.
Selon la vision de Katz, toute la population civile de Gaza, soit plus de 2 millions de personnes, serait finalement concentrée dans cette zone, tandis que Tsahal assurerait sa sécurité à distance, et que des organismes internationaux s’emploieraient à gérer la région. Quatre sites supplémentaires de distribution d’aide humanitaire seraient créés dans la région, a-t-il déclaré.
Katz a également souligné son ambition d’encourager les Palestiniens à « émigrer volontairement » de la bande de Gaza vers d’autres pays, affirmant que ce plan « devait être mis en œuvre ».
On ignore si cette zone serait utilisée comme point de transit, comme le décrit un article publié lundi par Reuters qui détaille les plans prévoyant la création de « zones de transit humanitaire » où les Gazaouis pourraient « résider temporairement, se déradicaliser, se réinsérer et se préparer à se réinstaller s’ils le souhaitent ».
Le directeur général du ministère de la Défense, Amir Baram, a déjà commencé à planifier cette zone qui, selon Katz, ne sera pas gérée par l’armée israélienne, mais par des organismes internationaux.
Le ministre n’a pas précisé quelles organisations internationales seraient chargées de gérer la ville. À part la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), soutenue par Israël et les États-Unis, il est peu probable que d’autres organisations acceptent de coopérer, car le plan vise à déplacer toute la population palestinienne de la bande de Gaza.
On craint également qu’Israël établisse des implantations dans les zones qu’il évacue de force. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé que ce n’était pas son intention, mais il est redevable à certains de ses partenaires de l’aile droite de sa coalition qui sont déterminés à mener ce projet à bien.
Les déclarations du ministre de la Défense ont été faites peu après l’arrivée de Netanyahu aux États-Unis pour rencontrer le président Donald Trump, alors que ce dernier fait pression pour conclure un accord visant à mettre fin à la guerre à Gaza et à ramener les otages encore détenus par le Hamas.
Avant son départ pour Washington dimanche, Netanyahu avait réaffirmé son opposition à tout accord sur les otages qui laisserait le Hamas au pouvoir à Gaza.
« Il reste vingt otages vivants et trente ont été tués. Je suis déterminé, nous sommes déterminés à les ramener tous », a déclaré le Premier ministre aux journalistes, avant de monter dans son avion. « Nous sommes déterminés à faire en sorte que Gaza ne constitue plus une menace pour Israël », a-t-il ajouté.
« Cela signifie une chose : éliminer les capacités armées et gouvernementales du Hamas. Le Hamas ne sera plus là », a-t-il affirmé. Une équipe de négociateurs israéliens se trouvait à Doha, lundi, pour mener des pourparlers indirects avec le groupe terroriste en vue d’un accord.
Mardi dernier, Trump avait déclaré qu’Israël avait accepté la dernière proposition de cessez-le-feu, qui prévoit la libération en cinq étapes distinctes de dix otages vivants et de dix-huit otages morts, en échange d’un cessez-le-feu de 60 jours, d’un afflux d’aide humanitaire dans la bande de Gaza et de la libération de nombreux prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël.
Le Hamas a donné ce qu’il a qualifié de « réponse positive » à cette proposition. Cependant, le groupe terroriste a souligné qu’il avait des réserves quant au caractère temporaire de la trêve proposée et a maintenu plusieurs de ses revendications, dont la fin définitive de la guerre.
Le bureau de Netanyahu a jugé « inacceptables » les conditions posées par le Hamas, qui portaient également sur les mécanismes d’aide et le retrait des troupes de Tsahal.
Malgré l’opposition du Hamas à la présence continue de l’armée dans l’enclave, Katz a déclaré lundi qu’Israël cherchait à conserver le corridor de Morag, au nord de Rafah, dans tout accord futur avec le groupe terroriste. Au cours d’un éventuel cessez-le-feu de 60 jours, Israël s’efforcerait d’établir une nouvelle zone humanitaire au sud du corridor, a-t-il ajouté.
Il a également déclaré à la presse, lors du briefing, que Tsahal contrôlait près de 70 % du territoire de la bande de Gaza.
Lazar Berman a contribué à cet article.
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