Une expo sur le massacre de la synagogue de Pittsburgh en 2018 retrace l’antisémitisme meurtrier aux États-Unis
"Lessons from the Tree of Life: Lighting the Path Forward"est présentée au Museum of Jewish Heritage aux côtés d'installations commémorant deux autres terribles anniversaires juifs : la Nuit de cristal et le 7-Octobre
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JTA via New York Jewish Week — À première vue, un livre de prières similaire à celui que les Juifs américains ont l’habitude de trouver dans d’innombrables synagogues conservatrices à travers le pays : le Siddur Sim Shalom, qui a été publié en 1985 par la Rabbinical Assembly.
Mais ce livre écorné en haut de la couverture, à gauche, raconte encore autre chose : l’ouvrage avait été effleuré par une balle lors des coups de feu massifs qui avaient pris pour cible les fidèles qui étaient rassemblés, le 27 octobre 2018, à la synagogue Tree of Life de Pittsburgh. Ce jour-là, onze personnes, appartenant à trois congrégations différentes, avaient perdu la vie pendant l’office. Cela avait été l’attaque antisémite la plus meurtrière jamais été commise sur le sol des États-Unis.
Ce livre est l’un des 22 objets exposés dans le cadre d’une nouvelle exposition au Museum of Jewish Heritage : A Living Memorial to the Holocaust. L’exposition retrace la longue histoire de l’antisémitisme américain avant et après Pittsburgh – depuis le lynchage en 1915 de Leo Frank, un Juif qui avait été condamné pour meurtre à tort, jusqu’à l’incendie criminel qui a été perpétré au mois de juin dernier lors d’une manifestation pro-israélienne à Boulder, dans le Colorado, où au moins sept personnes ont été blessées. L’une d’entre succombera ultérieurement à ses blessures.
« Lessons from the Tree of Life: Lighting the Path Forward » (Les leçons de Tree of life : éclairer la voie à suivre) entre dans le cadre d’une série d’expositions, d’événements et d’installations organisés par le musée à l’occasion de trois anniversaires tragiques : l’attaque de la synagogue Tree of Life de Pittsburgh, le massacre commis par le groupe terroriste du Hamas sur le sol israélien, le 7 octobre 2023 et la Nuit de cristal, le pogrom qui avait été mené par les nazis, le 9 novembre 1938.
« Nous avons décidé qu’à ce stade, c’était important de faire une exposition sur Pittsburgh », commente Jack Kliger, président du Museum of Jewish Heritage, auprès du journal New York Jewish Week. « Et de toute évidence, les événements qui se déroulent actuellement ici et dans le monde entier sont très opportuns et ils sont fondamentalement déterminants. Le moment est venu pour nous d’avoir de l’espoir ».
« Mais nous ne pouvons pas avoir d’espoir sans nous souvenir et sans comprendre qui nous sommes, d’où nous venons et sans comprendre le récit des événements, en particulier au 20e siècle », ajoute-t-il.
L’exposition a été organisée par le Museum of Jewish Heritage et créée par Tree of Life – c’est le nom donné à un nouveau mémorial en cours de construction sur le site de la fusillade de Pittsburgh – en collaboration avec le Rauh Jewish History Program and Archives du Centre d’Histoire Heinz à Pittsburgh.
Parmi les autres objets exposés, une assiette de commémoration peinte à la main avec le logo des Pittsburgh Steelers, une étoile de David et la phrase « plus fort que la haine » ; un tableau représentant Fred Rogers, star de la télévision pour enfants originaire de Pittsburgh, en larmes devant le logo Tree of Life ; et des notes écrites sur des rubans miniatures, rédigées par les membres du Temple Beth Orr à Coral Gables, en Floride, une synagogue dont la communauté avait été profondément touchée par les coups de feu qui avaient visé, en 2018, le lycée Marjory Stoneman Douglas à Parkland, en Floride.
L’exposition a ouvert ses portes le 5 octobre, jour où de nombreux Juifs à travers le monde ont commémoré le deuxième anniversaire du pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre (cette année, le 7 octobre est tombé au premier jour de la fête de Souccot, et de nombreuses institutions juives, dont le musée, sont restées fermées.) « Lessons from the Tree of Life » sera présentée à New York jusqu’au 9 novembre, date du 87e anniversaire de la Nuit de cristal – une nuit où des foules, avec à leur tête les nazis, avaient incendié des synagogues, pillé des magasins appartenant à des Juifs et arrêté des Juifs.
La concomitance de ces trois anniversaires douloureux a généré une forte demande auprès du musée. C’est la raison pour laquelle une exposition parallèle a également ouvert ses portes dimanche : Il s’agit de « Maintaining Memory » (Préserver la mémoire), un espace de réflexion où les visiteurs sont invités à entrer dans une rotonde où brûle une ner tamid (flamme éternelle) en forme de menorah, qui avait été fabriquée en Roumanie en 1930.
« Tout cela a été conçu pour se souvenir et pour honorer ceux qui ont péri ainsi que ceux qui ont survécu », dit Kliger, faisant référence aux victimes du 7 octobre, de la synagogue Tree of Life et de la Nuit de cristal.
« Et l’histoire de la survie est très importante dans les trois cas », note-t-il.
Les expositions font partie d’une « série d’événements et d’installations commémoratifs au sein du musée », ajoute Kliger. Parmi ces événements, trois jours de programmation en lien avec le 7 octobre, avec notamment la projection du film « Torn« , qui évoque la bataille autour des affiches à l’effigie des otages qui avaient été arrachées dans les rues de New York, et un débat consacré à l’éradication de l’antisémitisme en présence d’Amy Spitalnick, directrice du Jewish Council for Public Affairs, de Yair Rosenberg, rédacteur à The Atlantic, et de Carole Zawatsky, présidente du musée Tree of Life.
« Nous nous sommes toujours engagés à couvrir la vie juive au 20e siècle que ce soit avant, pendant ou après la Shoah », explique Kliger. « La Shoah n’a pas été une sorte de météorite qui se serait abattue sur la Terre toute seule, comme ça. Elle s’est produite dans un contexte d’événements qui s’étaient déroulés auparavant et, malheureusement, dans un contexte d’événements qui continuent à arriver, mais nous continuons à nous battre pour que ‘Plus jamais ça’ puisse garder un sens ».
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