Une firme de Gaza va construire un complexe immobilier financé par Dubaï à Rafah
L’entreprise MACC a été engagée pour construire un quartier, dans la partie de l'enclave sous contrôle de Tsahal, qui sera destiné à accueillir des dizaines de milliers de déplacés
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Une entreprise de Gaza a été engagée pour construire un complexe financé par les Émirats arabes unis destiné à accueillir des dizaines de milliers de Gazaouis déplacés dans la partie de l’enclave qui se trouve sous contrôle militaire israélien, ont déclaré mercredi à Reuters deux responsables israéliens et deux hommes d’affaires palestiniens.
Jusqu’à présent, aucune annonce n’avait été faite concernant ce projet de construction par une entreprise palestinienne employant des travailleurs gazaouis.
Cela semble indiquer l’intention de commencer la reconstruction sans attendre le retrait d’Israël de la bande de Gaza. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé à maintes reprises qu’Israël n’autoriserait pas le début de la reconstruction tant que les groupes terroristes de l’enclave n’auraient pas déposé les armes, conformément à ce que prévoit la deuxième phase de l’accord de cessez-le-feu du plan du président américain Donald Trump.
L’emploi de Gazaouis dans la construction pourrait permettre de réduire l’hostilité locale à l’égard du projet, mais il reste à savoir dans quelle mesure ils accepteront de vivre ou de travailler dans une zone de l’enclave sous contrôle israélien.
Les Émirats arabes unis n’ont pas encore officiellement annoncé ce projet immobilier, que certains diplomates ont baptisé « Emirates City ».
Selon un plan consulté par Reuters, le complexe serait construit près de Rafah, à la frontière sud de Gaza, une zone dépeuplée et détruite pendant la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas.
Une entreprise basée à Gaza réalisera l’essentiel des travaux
Les quatre sources ont identifié l’entreprise comme étant Masoud & Ali Contracting Co. (MACC), basée à Gaza, qui mène des projets à grande échelle dans la bande de Gaza et en Cisjordanie depuis des décennies.
L’un des hommes d’affaires palestiniens disposant d’informations directes sur ce projet a déclaré que MACC s’associerait à deux entreprises égyptiennes pour construire le complexe. Il a confié que le projet s’étendrait sur près de 30 hectares et pourrait offrir un hébergement à des dizaines de milliers de personnes. Des modules préfabriqués empilés sur plusieurs étages accueilleront les personnes déplacées.
Les sources ont souhaité garder l’anonymat afin de pouvoir discuter de projets qui n’ont pas encore été rendus publics.
MACC a décliné tout commentaire. Tsahal n’a pas encore répondu à une demande de commentaires, pas plus que les porte-parole du Hamas.
Un responsable des Émirats arabes unis s’est abstenu de tout commentaire direct sur cette initiative, mais il a déclaré que son pays était « fermement engagé à soutenir tous les efforts internationaux d’aide humanitaire et de reconstruction à Gaza, en étroite collaboration avec ses partenaires, afin de garantir que l’aide vitale parvienne rapidement et efficacement à ceux qui en ont besoin ».
Depuis qu’Israël et le Hamas ont conclu un cessez-le-feu en octobre, Israël a conservé le contrôle de 53 % de la bande de Gaza, où il a démoli de nombreux bâtiments et construit des fortifications militaires. Les plus de 2 millions d’habitants de Gaza sont désormais largement cantonnés dans une petite bande de terre restante le long de la côte sous le contrôle du groupe terroriste, principalement dans des tentes de fortune et des bâtiments endommagés.
La reconstruction de Gaza, à commencer par Rafah, est un élément central du plan Trump pour mettre fin à la guerre, mais d’autres mesures importantes doivent encore être prises, notamment le désarmement du Hamas et le retrait israélien.
Le plan Trump est géré par son Conseil de Paix, un groupe de dirigeants internationaux qui supervise un organe spécifique à Gaza composé de fonctionnaires et d’hommes d’affaires, ainsi qu’un comité technocratique palestinien destiné à assumer la gouvernance de Gaza à la place du Hamas.
La semaine dernière, les Émirats arabes unis ont promis 1,2 milliard de dollars pour Gaza lors de la première réunion du Conseil de Paix. Le projet de construction d’un complexe immobilier n’a toutefois pas été mentionné dans les présentations sur la reconstruction faites lors de la conférence.
Au total, Trump a annoncé des promesses de dons d’environ 17 milliards de dollars pour les secours d’urgence et la reconstruction, dont 10 milliards provenant uniquement des États-Unis. Cependant, des sommes importantes avaient déjà été promises par divers pays pour reconstruire la bande de Gaza après les guerres précédentes, mais la plupart n’ont jamais été versées.
Un responsable américain a précédemment déclaré à Reuters que les Émirats arabes unis coordonnaient le projet de logement avec Washington, le Conseil de Paix et le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG).
Les Émirats arabes unis sont l’un des principaux donateurs à Gaza depuis le début de la guerre en octobre 2023, avec près de 3 milliards de dollars d’aide, selon leur ministre des Affaires étrangères. Ils ont établi des relations diplomatiques avec Israël en 2020 dans le cadre des Accords d’Abraham, négociés par Trump, et considèrent le Hamas et d’autres groupes terroristes islamistes comme des menaces pour la stabilité au Moyen-Orient.
« Nous continuons d’être impressionnés par les efforts déployés par les Émirats arabes unis pour améliorer la vie des Gazaouis à Gaza », a déclaré un responsable américain au début du mois.
Lors de la conférence du Conseil de Paix de la semaine dernière, Marc Rowan, membre du Comité exécutif du Conseil de Paix, a détaillé la première phase du plan de logement pour Gaza, annonçant la construction de 100 000 logements à Rafah pour 500 000 habitants.
« Au fil du temps, 400 000 logements supplémentaires seront construits dans d’autres parties de Gaza », a ajouté Rowan.
« Ce n’est pas un problème d’argent ou de garanties. C’est un problème de paix. »
Yakir Gabay, membre du Comité exécutif de Gaza, a déclaré la semaine dernière que la reconstruction de Gaza commencerait par le déblaiement de plus de 70 millions de tonnes de décombres et de munitions non explosées sur le territoire, ainsi que par la destruction de centaines de kilomètres de tunnels.
Selon un récent reportage, quelque 70 000 tonnes de gravats ont déjà été déblayées.
Un plan « plus acceptable pour les Gazaouis »
L’homme d’affaires palestinien ayant une connaissance directe de la planification du complexe a déclaré que MACC et les deux entreprises égyptiennes avaient été engagées par une grande société égyptienne pour mener à bien le projet à Gaza. Il a refusé de nommer la société égyptienne, qui, selon lui, serait finalement payée par les Émirats arabes unis.
Aucun travail n’a encore commencé sur le terrain, en partie parce qu’Israël n’a pas encore approuvé les plans du complexe, a-t-il ajouté.
Un diplomate occidental ayant été informé du projet a indiqué que les entrepreneurs impliqués dans le projet devaient se rendre sur le chantier au début du mois, mais qu’il n’était pas certain que cette visite ait eu lieu.
Selon son site web, MACC a construit des usines de dessalement, des stations de pompage d’eau, des champs d’énergie solaire, des ponts et des bâtiments à Gaza et en Cisjordanie grâce au financement de partenaires tels que la Banque mondiale et l’USAID.
Reham Owda, analyste politique palestinien, a déclaré qu’avoir recours à une entreprise palestinienne plutôt qu’à des travailleurs extérieurs serait « plus acceptable pour les Gazaouis », car cela créerait des emplois et tiendrait compte de la culture locale.
« Cela sera largement accepté, car cela contribuera à résoudre la crise du logement, à accélérer la reconstruction et à employer la main-d’œuvre de Gaza. »
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