Violence de résidents d’implantations : Netanyahu pointe du doigt les « tribunaux très indulgents »
"Je n'accepte pas la justice populaire, qu'elle vienne d'Arabes ou de Juifs", a affirmé le Premier ministre sur CNN, 6 mois après avoir minimisé ce phénomène, l'attribuant à "environ 70 jeunes"
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Mardi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a pointé du doigt les tribunaux israéliens, leur reprochant de laisser les résidents d’implantations violents s’en tirer à bon compte.
« C’est un groupe très soudé qui tente de contourner la loi, et lorsque nous les traduisons en justice, nos tribunaux se montrent très indulgents. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce qu’ils sont jeunes, et j’ai déjà dit que nous devions contester cela, car je ne l’accepte pas », a répondu Netanyahu lorsqu’il a été interrogé sur la violence endémique et incontrôlée des résidents d’implantations lors d’une interview accordée à CNN.
Il a insisté sur le fait que les auteurs des attaques contre les Palestiniens, qui se produisent presque quotidiennement, ne provenaient pas des implantations, mais qu’il s’agissait plutôt d’un groupe de 100 à 150 « délinquants juvéniles » venant de l’extérieur de la Cisjordanie.
Cependant, les militants sur le terrain affirment que les auteurs de ces attaques sont des Israéliens ayant établi un nombre record d’avant-postes illégaux en Cisjordanie au cours des trois dernières années. Le gouvernement Netanyahu a fourni un financement et une protection importants à ces communautés sauvages, qui, selon les critiques, sont utilisées comme un outil pour déposséder les Palestiniens de leurs terres.
Alors que Netanyahu estime le nombre d’auteurs d’actes violents entre 100 et 150, les services de sécurité israéliens estiment eux-mêmes que ces chiffres sont bien plus élevés. Interrogé sur ce phénomène l’an dernier, Netanyahu l’avait minimisé en l’attribuant à « environ 70 jeunes ».
Israël est critiqué pour ne procéder qu’en de rares occasions à des arrestations en cas de violences commises par des résidents d’implantations ; les mises en examen et les condamnations sont encore plus rares.
CNN's Dana Bash presses Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu on why settler violence in the West Bank hasn't ended. pic.twitter.com/JbqzHhOqQN
— Inside Politics (@InsidePolitics) July 7, 2026
Les chiffres de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, publiés plus tôt cette année, ont révélé que le nombre de Palestiniens victimes d’attaques terroristes en Cisjordanie était trois fois supérieur à celui des Juifs.
Dans l’interview accordée à CNN, Netanyahu a insisté sur le fait qu’Israël prenait cette question au sérieux.
« Nous menons de véritables enquêtes. Israël est un pays transparent. On ne peut pas dissimuler des crimes au sein de l’armée, on ne peut pas dissimuler des crimes au sein de la police… Nous allons nous en occuper, car c’est le genre de pays que nous sommes », a-t-il déclaré.
« Cette affaire est montée en épingle de manière incroyable et cause beaucoup de dégâts. Je pense que c’est une erreur en soi. Je n’accepte pas la justice populaire, qu’elle vienne d’Arabes ou de Juifs. »
Netanyahu a ensuite été interrogé pour savoir s’il s’engagerait à faire justice pour Sayfollah Musallet, un Palestino-Américain de 20 ans, qui aurait été passé à tabac jusqu’à la mort par des résidents d’implantations l’an dernier.
Le Premier ministre a répondu qu’il n’était pas au courant de cette affaire, mais qu’il allait se pencher sur la question.
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