Yasser Abu Shabab affirme bénéficier du soutien d’un vaste réseau tribal à Gaza
Le chef de la milice anti-Hamas a affirmé que son gang n'était ni financé ni armé par Israël, et a insisté sur le fait qu'il n'était "qu'un Palestinien ordinaire qui se soucie de son peuple"
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Yasser Abu Shabab, chef d’une milice gazaouie menant des opérations dans une zone placée sous contrôle militaire israélien, a déclaré dimanche dans une interview accordée au Sunday Times britannique que son groupe n’était ni financé ni armé par Israël, et il a insisté sur le fait qu’il n’était « qu’un Palestinien ordinaire qui se soucie de son peuple ».
Le Hamas a accusé Abu Shabab d’être un criminel, un pillard et un traître, et a exigé au début du mois qu’il se rende au groupe terroriste palestinien pour être jugé.
« Le Hamas accuse ses opposants d’être des traîtres travaillant avec Israël ou des criminels. Je ne suis ni l’un ni l’autre », a déclaré Shabab.
« Avant la guerre, j’étais un simple ouvrier du bâtiment. Je n’ai aucune formation militaire. Je suis juste un Palestinien ordinaire qui se soucie de son peuple. »
Il a ajouté qu’en cas de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, lui et sa milice auraient besoin de la « protection internationale » contre le groupe terroriste qui dirige Gaza. Selon lui, ce dernier profiterait probablement de cette trêve pour réprimer les dissidences internes.
Selon Abu Shabab, le groupe terroriste palestinien du Hamas aurait tué 52 membres de sa famille, dont son frère.
Il a nié les accusations des Nations Unies qui ont laissé entendre que son groupe pillait l’aide humanitaire qui entrait dans la bande de Gaza, ou qu’il avait des relations directes avec l’État juif. Il a ajouté que son clan était financé et armé par des sympathisants au sein de son réseau tribal.
Des propos qui ont contredit les affirmations faites, le mois dernier, par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui avait indiqué qu’Israël avait fourni des armes au groupe. Cette décision de commencer à mettre des armes à disposition du clan avait été prise sans l’approbation du cabinet de sécurité, dérogeant ainsi à la procédure. Elle avait été prise par les instances chargées de la sécurité et avec l’approbation du Premier ministre, avaient indiqué des sources proche du secteur de la Défense, à ce moment-là.
« Je suis issu de la famille Tarabin. Nous sommes une grande tribu qui s’étend non seulement à Gaza, mais aussi en Égypte, en Jordanie et même dans certains pays du Golfe. Des membres éminents de notre famille ont fait des dons, et nous avons utilisé cet argent pour acheter des produits sur les marchés de Gaza et les distribuer aux personnes dans le besoin de notre communauté », a-t-il déclaré.
« Quand j’ai vu que notre peuple souffrait à cause du vol de l’aide humanitaire par le Hamas et de la guerre imposée par ce dernier à la population de Gaza, j’ai eu l’idée de créer une zone de sécurité pour notre peuple, où nous ne combattons pas », a-t-il ajouté.
« Ma tribu et ma famille ont donc commencé à distribuer de l’aide aux personnes dans le besoin. »
Selon l’article du Sunday Times, le « membre le plus riche » de la tribu des Tarabin serait Ibrahim al-Arjani, un homme d’affaires égyptien basé dans le Sinaï, qui a fait fortune en faisant payer aux Gazaouis des frais pour utiliser le passage de Rafah et fuir la guerre à Gaza.
Interrogé sur la possibilité que sa milice gère le poste-frontière de Rafah après la guerre, Abu Shabab a répondu : « Bien sûr. »
« Mais nous devons d’abord vaincre le terrorisme », a-t-il ajouté, précisant que son « idéal » pour Gaza après la guerre était « une Gaza ouverte sur le monde, sur l’Égypte, les pays arabes et Israël ».
« Beaucoup de membres de ma famille vivent en Israël dans de bonnes conditions, sans aucune discrimination. »
Abu Shabab mène des opérations à Rafah et à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, et il représente le premier mouvement d’opposition armé capable de défier la domination du Hamas sur les habitants de la bande.
Selon des sources du Hamas qui se sont entretenues avec le média libanais Al-Akhbar le mois dernier, la milice comprend environ 300 personnes. Abu Shabab en a personnellement recruté environ 50. Les 250 autres membres auraient été recrutés par l’intermédiaire des services de renseignement de l’Autorité palestinienne.
Le groupe a fait son apparition à Rafah au mois de mai 2024, dans le sillage de l’offensive lancée par l’armée israélienne dans la ville la plus au sud de l’enclave côtière, ont fait savoir des sources proches du Hamas. Elles ont indiqué à Al-Akhbar que les Brigades Ezzedine al-Qassam ont « d’ores et déjà commencé à assassiner directement » des membres du clan d’Abu Shabab, et que son existence est rapidement devenue une « question centrale » pour le groupe terroriste.
Les sources proches du Hamas n’ont pas apporté de preuves des liens présumés qui auraient été tissés entre Abu Shabab et l’Autorité palestinienne basée à Ramallah, et Al-Akhbar n’a vérifié aucune des affirmations qui ont été faites par le groupe terroriste.
Selon les sources, certains membres du groupe appartiennent à une faction salafiste extrémiste qui a également connu des démêlés avec le Hamas avant la guerre.
Ce n’est pas la première fois que Netanyahu est accusé de soutenir des milices et des groupes terroristes dans le but d’affaiblir un ennemi commun.
Au fil des ans, plusieurs rapports ont indiqué que la politique d’Israël, sous Netanyahu, avait consisté à traiter le Hamas comme un atout susceptible d’être utilisé pour affaiblir l’Autorité palestinienne.
Les forces israéliennes mènent des opérations sur le territoire de la bande de Gaza depuis environ 21 mois, depuis le pogrom qui avait été commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023. Les hommes armés avaient massacré plus de 1200 personnes et ils avaient enlevé 251 personnes, qui avaient été prises en otage dans la bande.
Le bilan de l’offensive terrestre israélienne contre le Hamas à Gaza et des opérations militaires menées le long de la frontière avec l’enclave s’élève à 454 morts.
Au cours de cette période, plus de 58 000 personnes ont été tuées dans la bande, selon le ministère de la Santé de Gaza, qui est placé sous la direction du Hamas.
Le bilan fourni par le Hamas est invérifiable et il ne fait pas de distinction entre civils et hommes armés. Au mois de janvier, Israël a indiqué qu’environ 20 000 terroristes avaient été tués sur le champ de bataille, en plus d’un millier d’autres qui avaient été abattus sur le sol israélien lors du massacre commis par le groupe terroriste, une attaque sanglante qui a été à l’origine de la guerre.
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