Des partisans du mouvement pro-implantations et des soldats ont été filmés en train de mener un raid dans le village palestinien d’Umm al-Khair, dans la vallée du Jourdain, en Cisjordanie.
Un enfant palestinien a été blessé par un objet lancé par l’un des résidents d’implantation.
Le groupe « Mères contre la violence », composé de militantes israéliennes venues exprimer leur solidarité, a affirmé que les extrémistes juifs ont d’abord fait irruption dans le village et qu’ils ont harcelé des enfants palestiniens qui jouaient sur le terrain de football du village.
Les partisans du mouvement pro-implantations ont également sectionné une clôture que les Palestiniens avaient installée autour du village pour tenter d’empêcher de telles incursions – qui ont lieu régulièrement.
Des soldats sont arrivés sur les lieux peu après – mais ils n’ont pas interpellé les Israéliens, a fait remarquer l’organisation « Mères contre la violence ».
Les troupes ont ensuite déclaré le terrain de football « zone militaire fermée ». Elles ont ordonné aux habitants palestiniens du village de rentrer chez eux et de ne pas en sortir, ont noté les activistes.
Les ordres de « zone militaire fermée » sont régulièrement utilisés par les soldats pour limiter les altercations qui opposent partisans du mouvement pro-implantations et Palestiniens en Cisjordanie.
Toutefois, ces directives ne sont souvent appliquées qu’à l’encontre des Palestiniens, tandis que les Israéliens peuvent les enfreindre en toute impunité, comme cela a été le cas dans le village de Qusra, au nord de la Cisjordanie.
Si une arrestation a été effectuée par Tsahal, elle n’a pas concerné l’un des partisans du mouvement pro-implantations mais un habitant du village palestinien, Aziz Hathaleen, dont le frère Awdah avait été abattu l’année dernière par Yinon Levy, un extrémiste juif.
Selon les militants, l’incident d’aujourd’hui a montré la collaboration qui s’est instaurée entre les autorités israéliennes et les partisans du mouvement pro-implantations qui rendent ainsi la vie impossible aux communautés palestiniennes vulnérables de Cisjordanie.
L’armée israélienne n’a pas fait de commentaire.
Cela fait des années qu’Umm al-Khair est prise pour cible par les extrémistes juifs. Le village a été au cœur du documentaire « No Other Land », lauréat d’un Oscar en 2024.
Ailleurs en Cisjordanie, dans la journée de vendredi, un résident d’implantation israélien a été filmé en train de faire irruption dans le village palestinien de Turmus Ayya, où il est monté sur le toit d’une maison. Il a ensuite déclaré : « Vous devez comprendre [que] ce pays et cette terre [sont] juifs. C’est ma terre. C’est mon pays parce qu’Allah me l’a promis ».
Il a été filmé portant un t-shirt arborant le logo du parti Kach, fondé par le défunt rabbin extrémiste Meir Kahane et interdit par Israël en tant que groupe terroriste en 1994.
Des militants israéliens se sont également rendus vendredi, en signe de solidarité, à Tarqumia, un autre village de Cisjordanie qui subit de fréquentes agressions de la part des extrémistes juifs depuis l’offensive du Hamas du 7-Octobre.
Mickey Gitzin, le directeur général par intérim du New Israel Fund, a photographié l’une des maisons qui ont été récemment saccagées par des résidents d’implantation qui avaient tagué le slogan « Kahane vit » sur l’un des murs.
« C’était émouvant d’être là avec un groupe de militants de Bnei Avraham véritablement intègres qui, par leur présence, leur bienveillance et leur boussole morale, tentent d’influencer la réalité et de lutter contre ce mal, tout en présentant d’autres visages du judaïsme et d’Israël », a écrit Gitzin.