Yom HaAtsmaout : retour sur la 78e cérémonie d’allumage des torches
Parmi les personnes chargées d'allumer les torches, l'Argentin Milei, un ancien combattant handicapé de Tsahal et un ex-magistrat iranien ; dans un discours pré-enregistré, Netanyahu a mis l'accent sur les exploits militaires d'Israël
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Mardi soir, Israël a célébré le 78e anniversaire de son indépendance avec la traditionnelle cérémonie d’allumage des torches sur le mont Herzl, à Jérusalem. Une cérémonie qui s’est déroulée cette année dans un contexte de cessez-le-feu fragiles avec l’Iran et le Liban.
Ce sont des dignitaires et des centaines de spectateurs qui brandissaient des drapeaux qui ont envahi le stade installé pour l’occasion sur le mont Herzl, marquant le retour d’un public dans les tribunes pour la première fois depuis 2023, après deux ans d’absence due à la guerre et aux incendies de forêt.
Parmi les personnes présentes figuraient le Premier ministre Benjamin Netanyahu et sa femme Sara, le président de la Knesset Amir Ohana, le président de la Cour suprême Isaac Amit et le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir. Ils ont été rejoints par le président argentin Javier Milei – qui a été désigné pour allumer une torche pendant la cérémonie, une première pour un dirigeant étranger.
Le thème officiel de cette cérémonie, organisée comme chaque année par la ministre des Transports Miri Regev, était « Les forces du Renouveau ».
Concrètement, cette thématique a donné lieu à une attention particulière portée à la guerre conjointe américano-israélienne contre l’Iran, qui a débuté le 28 février et qui a été interrompue en date du 8 avril pour un cessez-le-feu de deux semaines – lequel, au moment de la cérémonie, était à quelques heures de son expiration, avant que le président américain Donald Trump n’annonce qu’il serait prolongé pour le moment – ainsi qu’aux combats engagés contre le Hezbollah au Liban.
Netanyahu, pourtant présent, s’est exprimé lors de la cérémonie au moyen d’une vidéo pré-enregistrée, dans laquelle il a salué les exploits militaires d’Israël au cours des dernières années.
« Israël est plus fort que jamais et, aux côtés des États-Unis, il mène la lutte contre les forces du mal dans le monde », a déclaré Netanyahu.
« Chaque génération a vu surgir des ennemis déterminés à détruire le peuple juif » mais, avec cette « génération du renouveau », c’est Israël qui se dresse « contre nos ennemis », a ajouté Netanyahu.
« L’axe du mal iranien, qui conspirait pour nous détruire, lutte désormais pour sa propre survie. Au cours de la Guerre du Renouveau, nous avons anéanti des pans entiers de [cet axe] », s’est-il félicité.
La « Guerre du Renouveau » désigne, selon le nom qui a été officiellement approuvé l’année dernière par le cabinet israélien, les opérations militaires menées par Israël contre le Hamas à Gaza. Le choix de ce nom a déclenché la colère et l’inquiétude des opposants, qui y voient une tentative de Netanyahu et de son gouvernement de se dédouaner de toute responsabilité concernant l’invasion et le pogrom perpétrés le 7 octobre 2023 par le Hamas. Dans son discours, le Premier ministre n’a fait aucune allusion au massacre commis par le groupe terroriste palestinien.
« Nous avons lancé deux opérations audacieuses dans le but d’éliminer la menace existentielle qui pèse sur nous », a poursuivi Netanyahu, évoquant le danger que représentent les programmes nucléaires et de missiles balistiques de l’Iran.
Selon lui, Israël a hissé ses relations avec les États-Unis de Trump à des « sommets sans précédent ».
« Nous avons infligé un coup dur au régime terroriste iranien, affaiblissant sa capacité à constituer une menace pour nous. Nous avons renforcé la position d’Israël en tant que puissance régionale. Nous avons forgé de nouvelles alliances, et nous avons ouvert la voie à l’élargissement du cercle de la paix », a-t-il souligné, attribuant ces exploits aux soldats et aux citoyens israéliens, ainsi qu’aux « courageuses décisions que nous avons prises ».
« Lors de la Guerre du Renouveau, et dans le cadre des [opérations] Rising Lion et Lion rugissant, nous avons remporté des victoires majeures », a-t-il martelé, faisant référence aux deux campagnes menées contre l’Iran.
Sur Gaza, il a rappelé : « Nous avons récupéré tous nos otages » qui étaient retenus par le Hamas, « jusqu’au dernier », sans distinction entre ceux qui sont revenus vivants et ceux dont les corps sans vie ont été restitués après qu’ils sont morts en captivité. Israël, a-t-il ajouté, continue de lutter contre le Hamas, « pour que Gaza ne constitue plus une menace pour Israël ».
Le Premier ministre a également rendu hommage aux opérations militaires menées par Israël au Liban et en Syrie, notamment à la mise en place de zones de sécurité dans ces deux pays. Au Liban, a-t-il indiqué, Israël a détruit les bipeurs du Hezbollah et tué son chef Hassan Nasrallah – « et le pays a établi une zone de sécurité étendue, qui protège les habitants du Nord en éloignant la menace. En Syrie également, nous avons défini une zone de sécurité… et nous protégeons nos frères druzes », a-t-il précisé.
« Nous avançons sur tous les fronts », a répété Netanyahu, avant d’aborder le sujet des progrès réalisés dans les domaines de l’économie, des transports, des sciences et technologies, de l’innovation et des implantations.
« Avec l’aide de Dieu, nous achèverons notre victoire, nous renforcerons notre État et nous assurerons notre avenir », a-t-il conclu.
Des soldats, un chef cuisinier et un ancien magistrat iranien juif
La première torche de la cérémonie a été allumée par le colonel « Mem » et la major Nurit Rokah, tous deux officiers de l’armée israélienne.
Mem, identifié uniquement par l’initiale de son prénom en hébreu, dirige le département dédié à l’Iran au sein de l’armée de l’air israélienne. Rokah est quant à elle commandante au sein du dispositif de collecte de renseignements de combat du Corps de défense des frontières.
Rokah avait été blessée une première fois lors du pogrom commis par le Hamas, le 7 octobre 2023, alors qu’elle défendait la base militaire d’Urim, puis gravement une seconde fois en avril 2025, lors d’une embuscade tendue par le Hamas dans la bande de Gaza.
L’officier de l’armée de l’air, qui portait des lunettes de soleil et une cagoule afin de dissimuler son identité, a expliqué qu’il allumait la torche « en l’honneur des combattants, hommes et femmes, qui mènent des opérations dans les airs, en mer et sur terre, au sein de l’armée active et de la réserve, des combattants qui œuvrent sans relâche, en défense comme en attaque, avec courage et détermination ».
Rokah, pour sa part, a dit qu’elle allumait la torche « en l’honneur des combattants, hommes et femmes, membres des forces terrestres – notamment en l’honneur de mes frères et sœurs du dispositif de collecte de renseignements de combat, qui mènent des opérations le long de toutes les frontières et au-delà ».
Parmi les autres personnes présentes pour raviver les torches figuraient Talik Gvili, la mère de Ran Gvili, ancien sergent et otage décédé, ainsi que Gal Hirsch, coordinateur pour les otages.
Ari Spitz, un soldat gravement blessé à Gaza, où il a perdu ses deux jambes et un bras, a également allumé une torche.
Spitz a dédié son geste à ceux qui sont tombés au combat, ainsi qu’à ceux qui y ont été blessés « dans leur corps et dans leur âme ».
C’est en tant que « symbole de détermination » qu’Ora Hatan, une habitante du nord du pays, a été choisie pour allumer une torche, après avoir décidé de rester à Shtula pendant les deux ans et demi de guerre et s’être forgé une réputation en préparant des repas pour les forces israéliennes stationnées dans le secteur.
Le célèbre chef Assaf Granit, dont le restaurant parisien Shabour est le premier établissement culinaire israélien en France à avoir obtenu une étoile au guide Michelin, a également été mis à l’honneur pour sa cuisine et pour « son incarnation de l’esprit créatif israélien ».
La professeure Dina Ben-Yehuda, une médecin qui a occupé différents postes de haut niveau au sein du système médical israélien, a expliqué qu’elle allumait sa torche au nom de la communauté médicale du pays, qui, a-t-elle souligné, « a fait face avec courage à plusieurs années difficiles, du coronavirus à cette guerre longue et douloureuse ».
Parmi les autres porteurs de torche, Tamer Atallah, un ancien soldat druze, honoré pour sa contribution au renforcement des liens avec les Druzes de Syrie ; Gili Raanan, capital-risqueur et cyber-entrepreneur ; Moshe Edri, cinéaste lauréat du Prix Israël ; et Roni Ineshaz Farshahd, qui, en tant que magistrat juif au sein de la république islamique, a aidé des Juifs menacés par le régime avant de se réfugier en Israël en 1997.
« J’allume cette torche », a lancé Farshahd, « en l’honneur de la merveilleuse communauté juive d’Iran, en l’honneur du peuple iranien si courageux, si formidable et si épris de paix, qui, dans sa grande majorité, apprécie le peuple juif et rêve de liberté. »
Le choix des personnes chargées d’allumer les torches n’a toutefois pas été sans susciter la controverse. La semaine dernière, l’armée israélienne a pris ses distances vis-à-vis de la décision d’honorer le réserviste controversé Abraham Zarbiv, rabbin et juge rabbinique d’État qui avait appelé à « raser » la bande de Gaza et à y reconstruire des implantations israéliennes.
Zarbiv est connu pour s’être réjoui des démolitions effectuées à Gaza par son unité de réserve, spécialisée dans les travaux de terrassement, à laquelle il a dédié sa torche.
« J’allume cette torche », a-t-il dit, « en l’honneur des conducteurs de bulldozers et de pelleteuses, ces pionniers qui détruisent l’ennemi et démontent les infrastructures terroristes pour protéger la vie de nos soldats. »
Dernier à monter sur scène, Milei s’est joint, sous un tonnerre d’applaudissements et d’acclamations, à un numéro musical entraînant, reprenant « Libre » de Nina Bravo aux côtés de Mali Levi et Rotem Cohen.
« La lumière triomphe toujours des ténèbres, car les mensonges et la haine s’inclinent toujours devant le pouvoir de la vérité et du temps », a lancé Milei à la foule. « Aussi, nous allumons cette torche en l’honneur de tous ceux qui se sont battus pour la liberté et la souveraineté d’Israël. Israël l’a prouvé maintes et maintes fois : la victoire ne dépend pas du nombre de soldats, mais des forces venues du ciel. »
???????? AURA TOTAL: TREMENDO RECIBIMIENTO AL PRESIDENTE MILEI EN LA CEREMONIA Y SUBE AL ESCENARIO PARA CANTAR “LIBRE” EN ISRAEL
"VIVA LA LIBERTAD CARAJO" @JMilei pic.twitter.com/WyhyPfqlbE
— Agarra la Pala (@agarra_pala) April 21, 2026
Selon certaines informations, une personne n’aurait toutefois pas apprécié la présence de Milei à cette célébration annuelle : le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir.
Le ministre d’extrême droite aurait quitté la cérémonie accompagné de son épouse après qu’on leur a demandé de quitter leurs sièges, les places qu’ils occupaient étant réservées aux membres de l’entourage de Milei, ont rapporté les médias israéliens, citant les organisateurs de la cérémonie.
Des sources proches du ministre ont déclaré à la chaîne d’information N12 que celui-ci avait quitté les lieux après avoir demandé à s’asseoir à côté de Netanyahu, une demande à laquelle Miri Regev, fidèle de longue date du Premier ministre, a refusé d’accéder.
« Il est tout à fait regrettable que Miri Regev refuse de comprendre qu’il s’agit d’une cérémonie d’État, à laquelle tous les ministres du gouvernement se doivent de participer », ont expliqué les sources proches de Ben Gvir à la chaîne.
La chaîne a rapporté les propos des organisateurs, qui ont indiqué que « contrairement à ce qui a été dit, le ministre Ben Gvir s’est vu attribuer une place au même titre que tous les autres ministres et hauts responsables. Il s’est toutefois assis par erreur sur les sièges réservés au président argentin et à son entourage. On a simplement demandé au ministre Ben Gvir de bien vouloir rejoindre la place qui lui avait été attribuée. »
Une cérémonie alternative attire des milliers de personnes
Loin du faste et de l’apparat de Jérusalem, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées devant le Musée d’art de Tel Aviv, lieu connu pendant deux ans sous le nom de Place des Otages, pour assister à une cérémonie alternative « libérale et démocratique » d’allumage des torches organisée par des opposants au gouvernement.
L’ancien ministre du Likud et chef de l’armée israélienne Moshe Yaalon, ainsi que des dirigeants des groupes de protestation Frères et sœurs d’armes et Mères au front, ont participé à l’allumage des torches lors de la cérémonie.
Yifat Calderon, la cousine de l’ancien otage Ofer Calderon, a également pris part à l’allumage.
« Le pogrom du 7-Octobre est la plus grande tragédie de l’histoire de notre cher pays », a déclaré Calderon. « Les familles des victimes, les survivants et tous les citoyens de ce pays méritent des réponses. Nous ne tolèrerons aucune manœuvre qui viserait à étouffer l’affaire ou à faire taire les responsables de l’échec du 7-Octobre […] Nous continuerons d’exiger la mise en place d’une commission d’enquête nationale, seule capable de faire toute la lumière sur cette tragédie, afin d’éviter qu’une telle catastrophe ne se répète. »
la Communauté du Times of Israël !







