Après sa rencontre avec Trump, Mamdani qualifie Netanyahu « d’architecte du génocide »
Le maire estime que le mandat d’arrêt de la CPI contre le Premier ministre devrait être exécuté, tout en reconnaissant ne pas en avoir le pouvoir ; le président salue l’élu new-yorkais et dit espérer qu’il sera "formidable"
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Le maire de New York, Zohran Mamdani, a renouvelé lundi ses attaques verbales contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, affirmant qu’à son avis, ce dernier devrait être arrêté lors de sa prochaine visite à l’Assemblée générale des Nations unies.
« En ce qui concerne Benjamin Netanyahu, je l’ai décrit tel que je le considère : un criminel de guerre et l’architecte d’un horrible génocide du peuple palestinien », a déclaré Mamdani à CNN lors d’une interview accordée après une rencontre cordiale avec Donald Trump à New York. Il a ajouté que cette question avait été abordée avec le président américain à la résidence du maire, Gracie Mansion.
Le maire d’extrême-gauche, qui s’était engagé depuis des mois à arrêter Netanyahu s’il venait à New York, bien qu’il n’en ait pas l’autorité, a finalement reconnu qu’il était impuissant à empêcher cette visite et a ajouté qu’il ne participerait pas aux manifestations prévues contre la présence du Premier ministre israélien.
Évoquant le mandat d’arrêt délivré par la Cour pénale internationale (CPI) à l’encontre de Netanyahu pour des crimes de guerre présumés commis lors de la guerre menée par Israël à Gaza contre le groupe terroriste palestinien du Hamas, Mamdani a déclaré : « Je crois sincèrement que cela doit être respecté, car ce que nous voulons voir – et nous en avons parlé aujourd’hui -, c’est une confiance en notre système politique, une confiance en la responsabilité. »
« Si la Cour pénale internationale estime qu’une personne mérite d’être arrêtée pour avoir enfreint ces lois, alors qui sommes-nous pour dire que quiconque devrait être au-dessus de cela ? Et je pense très clairement que tout le monde devrait en répondre », a-t-il ajouté.
La CPI a été créée en 2002 par la communauté internationale pour juger les crimes de guerre, le génocide et les crimes contre l’humanité. Elle n’exerce sa compétence que si un État membre est incapable ou refuse de juger lui-même ces atrocités.
Les États-Unis n’ont jamais été membres de la CPI. Israël n’en est pas non plus membre et rejette son autorité et sa compétence à l’égard de ses ressortissants et de ses activités. Il affirme également que la CPI n’a pas de compétence à l’égard des Palestiniens, puisqu’il n’existe pas d’État palestinien souverain.
Israël rejette l’accusation selon laquelle il commettrait un « génocide » à Gaza, et affirme qu’il s’efforce de limiter au maximum les pertes civiles. Il souligne également que le Hamas utilise les civils de Gaza comme boucliers humains, menant les combats depuis des zones civiles, notamment des habitations, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.
Netanyahu doit s’exprimer devant l’Assemblée générale jeudi. Il s’envolera mercredi pour la réunion annuelle et reviendra vendredi, a déclaré la semaine dernière une source du cabinet du Premier ministre au Times of Israel.
Il ne figure pas parmi les dirigeants mondiaux devant rencontrer Trump en marge de l’Assemblée générale et il est peu probable que les deux hommes trouvent le temps de s’accorder un entretien dans leurs agendas, a déclaré un responsable américain au Times of Israel.
Lors de leur rencontre lundi, Trump a couvert Mamdani d’éloges ; les deux hommes ont mis de côté leurs divergences politiques pour discuter de l’application de la législation sur l’immigration et d’un projet immobilier de plusieurs milliards de dollars visant à rendre New York plus abordable pour la classe ouvrière.
« J’espère que vous serez un excellent [maire]. Je pourrai dire que vous en serez un excellent, et vous avez déjà pris un bon départ », a déclaré Trump à Mamdani lors d’une conférence de presse.
« Nous apprécions l’engagement du président envers la ville », a déclaré Mamdani à propos de Trump.
« Nous avons tous deux évoqué des approches très différentes, des convictions très différentes, et je continuerai à m’entretenir avec le président, et franchement avec quiconque peut apporter un soulagement aux habitants de cette ville. »
Ces deux dirigeants clivants se sont rencontrés pour la première fois dans le Bureau ovale peu après la victoire électorale de Mamdani l’année dernière, pour un entretien étonnamment cordial axé sur les moyens d’aider leur ville natale commune. Cette détente a succédé à des mois d’échanges verbaux houleux.
Quelques mois plus tard, en février, Mamdani s’est à nouveau rendu brièvement à Washington pour remettre à Trump une fausse Une du New York Daily News sur laquelle on pouvait lire : « Trump à la ville : construisons ! », alors qu’il présentait de nouveaux projets d’investissement immobilier dans la ville.
Comme ils l’avaient fait après leur première rencontre dans le Bureau ovale, Trump et Mamdani ont reconnu leurs divergences politiques et stratégiques tout en se tenant côte à côte lundi.
Interrogé sur la décision de Trump d’exclure certains médias de la Maison Blanche, le maire a répondu qu’il était important que ces chaînes, ainsi que d’autres, soient présentes lors de l’événement organisé à Gracie Mansion. Trump a ensuite défendu ses restrictions à l’encontre des médias dont il jugeait la couverture partiale.
« C’est intéressant, car ils avaient dit qu’ils allaient me boycotter. Mais ils ne me boycottent jamais », a déclaré le président, avant d’ajouter : « Je pense que ces médias ont l’obligation d’être impartiaux. »
Parmi les précédentes visites de Trump à Gracie Mansion, on peut citer sa présence au mariage de l’ancien maire Rudy Giuliani en 2003, ainsi qu’à une soirée de lancement de livre en 2007 en l’honneur de l’ancien député démocrate américain Charles Rangel.
Après le départ de Trump, Mamdani est retourné sur la pelouse pour répondre à quelques questions supplémentaires. Il a déclaré aux journalistes que lui et le président avaient des désaccords profonds, mais que leur relation avait néanmoins perduré.
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