Australie : Israël critique un projet de programme du parti travailliste au pouvoir
L'ambassade à Canberra a publié un long communiqué avant le congrès national du parti, affirmant qu'il risque de rejeter la responsabilité du conflit israélo-palestinien sur une seule des parties
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Lundi, Israël a pris l’initiative inhabituelle de s’élever contre un projet de programme du parti travailliste du Premier ministre australien, Anthony Albanese, le qualifiant de partial et estimant qu’il ne traitait pas de manière adéquate de la responsabilité de l’Autorité palestinienne (AP) et du groupe terroriste palestinien du Hamas dans le conflit israélo-palestinien.
Dans ce que les médias ont qualifié d’ingérence hautement inhabituelle d’une puissance étrangère dans les affaires internes d’un parti politique, l’ambassade d’Israël à Canberra a publié un long communiqué détaillant ses réserves au sujet du projet, qui doit être débattu cette semaine lors d’un congrès national du parti travailliste.
« L’ambassade fait respectueusement valoir que plusieurs éléments du projet de programme risquent d’imputer la responsabilité du conflit à une seule partie, tout en accordant une attention insuffisante aux décisions, à la conduite et aux obligations persistantes des dirigeants palestiniens et des organisations terroristes telles que le Hamas », peut-on lire dans le communiqué.
« Israël reste attaché à un avenir dans lequel Israéliens et Palestiniens vivraient côte à côte, dans la paix et la sécurité », poursuit le communiqué.
« Cet avenir ne peut toutefois pas se construire par le biais de déclarations politiques unilatérales ou de pressions internationales dirigées contre une seule partie. »
L’ambassade a déclaré qu’elle « prenait note du fait que ces propositions politiques en étaient encore au stade de projet, et qu’elle continuerait à dialoguer de manière constructive avec le parti travailliste australien par les voies diplomatiques habituelles ».
La ministre des Affaires étrangères, Penny Wong, n’a pas commenté la déclaration de l’ambassade d’Israël auprès des médias.
La ministre du Développement international et des Affaires multiculturelles, Anne Aly, a déclaré : « L’ambassade d’Israël est libre de publier ce qu’elle souhaite. »
Dans une interview accordée à ABC Radio National, la ministre de l’Emploi, Amanda Rishworth, a déclaré que cette question relevait d’un débat interne au parti, selon le Sydney Morning Herald.
« Nous avons condamné sans équivoque le Hamas, notamment pour les atrocités du 7-Octobre et ses actes terroristes continus », a déclaré la ministre.
« Nous souhaitons voir se concrétiser une solution à deux États dans laquelle Israéliens et Palestiniens puissent vivre à l’intérieur de frontières sécurisées, et je pense que notre Premier ministre et notre gouvernement ont été très clairs à ce sujet. »
Le projet soumis à l’examen aborde le conflit israélo-palestinien de manière plus approfondie que le précédent document de programme de 2023. Ce dernier ne comportait que quelques lignes consacrées à la reconnaissance d’un État palestinien, mesure que le gouvernement australien a mise en œuvre en septembre 2025.
Selon certaines sources, le nouveau projet entrerait dans les détails des motions visant à exprimer l’opposition à l’annexion de la Cisjordanie et de Gaza, et appellerait à mettre fin à la violence des résidents d’implantations ainsi qu’au contrôle militaire israélien sur ces territoires. Il condamne également les lois récemment adoptées par la Knesset autorisant la peine de mort pour les Palestiniens reconnus coupables d’attentats terroristes meurtriers contre des Israéliens, et soutient le mandat d’arrêt délivré par la Cour pénale internationale (CPI) à l’encontre du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Le projet « condamne sans réserve le terrorisme et l’extrémisme violent, y compris ceux perpétrés par le Hamas ».
Le gouvernement Albanese a également annoncé une aide de 25 millions de dollars en faveur des Palestiniens, comprenant une aide à la reconstruction à Gaza et un soutien visant à « renforcer les fondements institutionnels de l’État de Palestine ».
Dans son communiqué publié lundi, l’ambassade d’Israël a qualifié la violence des résidents d’implantations de « phénomène répréhensible mais marginal » et a déploré que le projet de résolution lui accorde « une attention disproportionnée ».
Elle a également déclaré que « ceux qui aspirent à la paix auraient tout intérêt à concentrer leur attention sur le terrorisme dont sont victimes les Israéliens, qu’ils soient juifs ou arabes, aux mains de groupes terroristes tels que le Hamas ».
Selon le journal britannique The Guardian, une version antérieure du projet contenait la phrase « Le Hamas doit se désarmer et ne peut jouer aucun rôle dans l’État de Palestine », mais cette clause a été supprimée du projet qui sera présenté lors de la conférence.
« Tout allègement de la pression sur le Hamas et sa réorientation vers Israël ne feront que renforcer cette organisation terroriste », a averti l’ambassade.
L’Australian Palestinian Advocacy Network (APAN) fait pression pour que le projet adopte une position plus ferme à l’égard d’Israël, a rapporté l’Australian Broadcasting Corporation.
« Cela signifie mettre fin aux exportations de défense qui risquent de contribuer à des atrocités, s’opposer à la politique illégale de colonisation et veiller à ce que l’Australie respecte ses obligations en vertu du droit international », a déclaré Katie Shammas, directrice générale de l’APAN.
Les relations entre Israël et l’Australie sont tendues depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza.
Canberra a condamné les actions d’Israël dans le cadre de sa guerre contre le Hamas, tandis que Jérusalem reproche à l’Australie de ne pas en faire assez pour lutter contre la flambée de l’antisémitisme, qui a culminé en décembre avec la tuerie antisémite de masse lors d’un événement de Hanoukka, faisant quinze morts.
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