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Avions et équipages étrangers pour la plupart des vols d’Arkia et d’Israir, avec l’aval de Netanyahu

Ces vols en "wet leasing" échappent à certains protocoles de sécurité israéliens ; après l’attaque du vol flydubai, le ministère des Transports a rappelé aux compagnies étrangères sa responsabilité en matière de sécurité

Un avion d'Arkia décollant de l'aéroport Ben Gurion, près de Tel Aviv, le 5 mai 2026. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)
Un avion d'Arkia décollant de l'aéroport Ben Gurion, près de Tel Aviv, le 5 mai 2026. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

La plupart des vols opérés par les compagnies aériennes israéliennes Arkia et Israir utilisent des appareils loués, équipages compris, auprès de compagnies étrangères. Ces opérations ne sont donc pas soumises à l’ensemble des exigences et mesures de sécurité israéliennes strictes, a rapporté lundi la télévision israélienne.

Les procédures de sécurité relatives à ces vols ont été approuvées par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a déclaré Israir à la chaîne N12.

Ce type d’accord, appelé « wet leasing », consiste pour une compagnie aérienne à louer un avion à un autre transporteur, avec son équipage, ses services de maintenance et son assurance.

Ce reportage intervient alors qu’une série de failles flagrantes a été mise au jour dans les dispositifs de sécurité israéliens concernant les compagnies aériennes étrangères, depuis la tentative d’attentat terroriste survenue mercredi à bord d’un avion de la compagnie flydubai reliant Dubaï à Tel Aviv. Le copilote omanais a tenté de faire s’écraser l’avion, dont la quasi-totalité des passagers étaient israéliens, mais a été contré par le commandant de bord et plusieurs passagers.

En juillet, 70 % des vols d’Arkia et 56 % des vols d’Israir faisaient l’objet d’une location avec équipage, selon N12. Pour Sun d’Or, ce chiffre s’élevait à 5 %. Le reportage ne donne aucun chiffre concernant El Al, la compagnie aérienne nationale israélienne.

Selon ce reportage, aucun agent de sécurité israélien n’est présent à bord de l’avion. Pour ces vols en provenance de l’étranger, il n’y a pas non plus de contrôle de sécurité supplémentaire ni de vérification ou de profilage des passagers, contrairement à ce qui est exigé pour tous les vols véritablement israéliens à destination ou en provenance d’Israël.

Un vol Israir décollant de l’aéroport international Ben Gurion, à l’extérieur de Tel Aviv, le 25 août 2024. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Le PDG d’Arkia, Oz Berlowitz, a confirmé que l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet ne fournissait pas de « dispositif de sécurité » pour les vols en « wet lease » au départ de l’étranger. La sécurité de ces vols est assurée par les autorités de l’aéroport étranger concerné.

« Les avions israéliens bénéficient d’un ‘dispositif de sécurité’ fourni par le Shin Bet, conformément à une décision de l’État d’Israël », a déclaré Berlowitz.

« Pour les vols en ‘wet lease’ [au départ de l’étranger], nous ne bénéficions pas du dispositif de sécurité du Shin Bet. Nous utilisons à la place le dispositif de sécurité mis en place à l’aéroport étranger. »

Dans un communiqué, Israir a déclaré qu’elle exploitait des avions dans le cadre d’un contrat de « location avec équipage » en totale conformité avec l’ensemble des réglementations et des exigences de sécurité israéliennes. L’exploitation d’avions selon ce modèle « s’inscrit dans le cadre d’une politique de gestion des risques dans le secteur aérien, qui a été présentée au Premier ministre Benjamin Netanyahu et approuvée par lui », a-t-elle ajouté.

Arkia a déclaré que la location avec équipage est un modèle largement accepté dans le monde de l’aviation et qu’elle est mise en œuvre par la compagnie selon des exigences strictes et en coordination avec les autorités compétentes en Israël.

Sécurité des vols à destination d’Israël

Toujours lundi, la chaîne N12 a révélé qu’une lettre envoyée par le ministère des Transports au lendemain de l’attaque survenue sur le vol flydubai confirmait explicitement que « la Division de la sécurité du ministère israélien des Transports assume la responsabilité de la sécurité des vols à destination d’Israël ».

La lettre souligne qu’une catastrophe a été évitée de justesse lors du vol de la veille grâce à l’intervention du pilote indien et des passagers israéliens qui ont neutralisé le terroriste. Elle précise également que les exploitants d’aéronefs ne doivent pas autoriser des ressortissants de pays ennemis à piloter, à faire partie de l’équipage ou même à voyager à bord de vols à destination d’Israël.

Intitulée « Directive de sécurité 2026 : mesures de sûreté pour les vols étrangers entrant dans la zone d’information de vol israélienne », cette lettre a été signée par Avri Cohen, « responsable principal de la division de la sécurité », et adressée aux responsables de la sécurité de plusieurs compagnies aériennes étrangères.

La lettre informe les opérateurs que le ministère procédera à des évaluations régulières pour s’assurer qu’ils mettent en œuvre les programmes, mesures et procédures nécessaires pour faire face aux menaces et aux risques liés aux vols à destination d’Israël. Elle précise également qu’il mènera des « audits sur place » pour vérifier que tel est bien le cas.

Selon N12, elle indique également qu’il incombe aux opérateurs de veiller à ce qu’aucun pilote ni membre de l’équipage de conduite à bord des vols entrant dans la région d’information de vol d’Israël, ou même à bord de l’appareil, ne soit ressortissant ou détenteur d’une double nationalité d’un pays n’entretenant pas de relations diplomatiques avec Israël. Elle leur demande de se référer à une liste distincte répertoriant ces pays.

La ministre des Transports, Miri Regev, a déclaré, au lendemain de l’attaque, que la sécurité des vols internationaux relevait de la responsabilité des services de sécurité. Elle a précisé que le ministère des Transports n’était pas un service de renseignement, qu’il ne contrôlait pas les vols et qu’il n’avait pas accès aux données qui lui permettraient de le faire.

La ministre des Transports, Miri Regev, assistant à une cérémonie commémorative nationale en hommage aux civils assassinés le 7-Octobre, trois ans après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, au mont Herzl à Jérusalem, le 5 octobre 2026. (Crédit : Olivier Fitoussi/Pool/Flash90)

Les dirigeants de l’opposition ont réclamé sa démission.

Le chef du Shin Bet, David Zini, fait également l’objet d’appels à la démission. Lundi, le chef du parti d’opposition Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a écrit sur le réseau social X qu’il « devait tirer les conclusions qui s’imposent et rentrer chez lui ».

Liberman a fait valoir que l’agence était responsable des dispositifs de sécurité concernant les compagnies aériennes et les vols à destination et en provenance d’Israël. Il s’est demandé comment le copilote Hamam al-Hammami, « qui avait été licencié par deux compagnies aériennes après avoir subi une radicalisation religieuse et qui partageait des messages d’Al-Qaïda sur les réseaux sociaux, avait pu atterrir en Israël, effectuer une visite préliminaire et entrer dans le pays comme si de rien n’était ».

Le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, a réagi en affirmant qu’une enquête approfondie devait précéder toute demande de démission de Zini.

David Zini, directeur de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, le 3 novembre 2025. (Crédit : Moshe Shaï/FLASH90)

« Une enquête approfondie doit d’abord être menée », a déclaré Eisenkot à la chaîne N12 lors du Sommet mondial sur la lutte contre le terrorisme organisé par l’université Reichman.

« S’il s’avère qu’il y a eu une défaillance du Shin Bet, il sera alors possible de demander au chef de cette agence de démissionner. »

« Mais bien avant cela, je m’attendrais à ce que Regev remette sa lettre de démission et démissionne, ainsi que le chef de la division de sécurité de son ministère », a ajouté Eisenkot.

Netanyahu a chargé l’actuel président du Conseil de sécurité nationale (NSC) de mener une enquête sur les défaillances liées à l’attaque du vol 1073.

Un ancien responsable du NSC a déclaré lundi matin qu’une enquête menée par son président, Shmuel Ben Ezra, ne serait rien d’autre qu’une manœuvre de dissimulation, étant donné que le NSC est l’organisme chargé de prévenir des situations telles que l’attaque contre le vol flydubai, en assurant la coordination avec les instances concernées, à savoir le ministère des Transports, le Shin Bet et le Mossad. Le NSC est rattaché au cabinet du Premier ministre.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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