Baharav-Miara aurait ordonné une enquête sur le vote pour le contrôleur de l’État
Le Likud demande à la Haute Cour de rejeter la déclaration sous serment de Sharren Haskel, qui affirme que des élus ont été invités à filmer leur vote secret pour Rabello
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La procureure générale Gali Baharav-Miara aurait ordonné, mercredi, à la police d’enquêter sur les versions contradictoires avancées par le Likud, le parti au pouvoir, et la députée Sharren Haskel au sujet du récent vote controversé de la Knesset sur la nomination du contrôleur général de l’État.
Haskel, dont le parti Tikva Hadasha a fusionné avec le Likud l’an dernier, a déclaré que, bien que la loi impose un scrutin à bulletin secret à la Knesset, les députés avaient reçu pour consigne de se filmer en train de voter pour le candidat soutenu par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, son avocat de longue date Michael Rabello. Cette instruction présumée aurait été donnée après l’échec de Rabello au premier tour du scrutin.
Plusieurs députés ont effectivement été vus téléphone en main en se rendant voter pour le poste de contrôleur de l’État. Au début du mois, la Cour suprême a suspendu la nomination de Rabello et ordonné l’organisation d’un nouveau scrutin afin de répondre aux inquiétudes suscitées par d’éventuelles irrégularités dans la procédure.
Le témoignage de Haskel contredit les déclarations sous serment précédemment déposées devant la Haute Cour par le chef exécutif du Likud, David Sharan, ainsi que par plusieurs députés du parti, qui affirmaient qu’aucune consigne n’avait été donnée par la direction du Likud aux élus de la coalition pour qu’ils enregistrent leur vote.
Selon les médias israéliens, Baharav-Miara aurait demandé à la police d’approfondir son enquête afin de déterminer laquelle de ces versions est exacte et d’examiner l’ouverture éventuelle d’une enquête pénale contre toute personne qui se serait rendue coupable de faux témoignage.
Plus tôt mardi, le Likud, représenté par Rabello en sa qualité d’avocat du parti, a déposé une réponse devant la Haute Cour, lui demandant d’écarter la déclaration sous serment de Haskel au motif « qu’elle ne précise pas qui, selon elle, a formulé la demande présumée », rapporte le site d’information Ynet.
Plusieurs ministres de premier plan, dont le ministre de la Justice Yariv Levin, ont estimé que la Knesset et le gouvernement devraient ignorer la décision de la Haute Cour de suspendre la nomination. Rabello, en revanche, a lui-même renoncé à prendre ses fonctions à la lumière de cette décision.
Passer outre cette décision entraînerait une crise constitutionnelle, puisque le Bureau du contrôleur de l’État ne saurait à quelle autorité se conformer – la Haute Cour ou la Knesset. Les membres de la coalition ont, à plusieurs reprises, appelé à ignorer d’autres décisions de justice, dans le cadre de la volonté plus large du gouvernement de réduire les pouvoirs du système judiciaire.
Le Mouvement pour un gouvernement de qualité en Israël a salué, dans un communiqué, la décision que Baharav-Miara aurait prise.
« S’il s’avère que la Haute Cour a été induite en erreur par une fausse déclaration sous serment, il ne s’agit pas seulement d’une atteinte à la procédure judiciaire, mais d’une grave remise en cause de l’État de droit et de la confiance du public », a déclaré l’organisation.
Rabello avait été battu au premier tour du scrutin du 3 juin par l’ancien juge de la Cour suprême Yosef Elron, par 60 voix contre 57. Un second tour avait alors été organisé, aucun candidat n’ayant obtenu les 61 voix nécessaires pour être élu. Il avait toutefois été interrompu lorsque des députés de l’opposition ont affirmé que des élus de la coalition avaient reçu pour instruction d’enregistrer leur vote.
Lorsque le scrutin a repris, cinq députés du Likud se sont filmés dans l’isoloir en train de voter pour Rabello, tandis qu’un député du Shas a montré son bulletin de vote aux caméras à l’extérieur de l’isoloir. Rabello a finalement remporté ce second tour par 61 voix contre 57, certains députés de la coalition ayant apparemment modifié leur vote entre les deux tours.
La déclaration de Haskel s’inscrit dans le cadre de ses efforts pour prendre ses distances avec Tikva Hadasha, dirigé par le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar.
Ancienne membre du Likud, Haskel avait été élue à l’actuelle Knesset sous les couleurs de Tikva Hadasha. Elle s’est opposée à la fusion du parti de Saar avec le Likud en mars 2025 et a refusé de se présenter sur la liste commune. Selon elle, les deux partis ont délibérément laissé le processus de fusion inachevé afin de l’empêcher de quitter la formation pour créer une faction composée d’une seule députée et de conserver ainsi le financement public attaché à son siège à la Knesset.
Le Bureau du contrôleur de l’État ne dispose de pouvoirs d’exécution qu’en matière de financement des campagnes électorales des partis et des candidats politiques. Il est néanmoins considéré comme une institution essentielle en raison de son rôle de contrôle et d’audits indépendants des institutions de l’État.
la Communauté du Times of Israël !







