Carol Fessler purgera un an de prison pour le délit de fuite qui a coûté la vie à Rafael Adana, 4 ans
L'octogénaire, qui n'a pas été tenue responsable de l'accident, a été condamnée pour avoir pris la fuite après la collision en 2023 qui a causé la mort de l'enfant ; la famille envisage de faire appel
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Lundi, le tribunal des transports de Petah Tikva a condamné une femme de 82 ans à un an de prison pour avoir fui les lieux d’un accident de la route après avoir renversé et tué un garçon de quatre ans. Elle n’a toutefois jamais été reconnue coupable de cet accident, qui avait suscité de vives protestations au sein de la communauté éthiopienne d’Israël.
Carol Fessler a été condamnée à un an de prison ferme et à un an de prison avec sursis pour avoir fui les lieux de l’accident survenu à Netanya en mai 2023, alors qu’elle avait percuté Rafael Adana qui traversait la route avec son grand-père, sans passer par un passage piéton. L’enfant a été grièvement blessé et est décédé quelques jours plus tard.
Les parents de Rafael ont critiqué la sentence, qu’ils jugent trop clémente, et ont déclaré qu’ils envisageraient de faire appel.
Fessler n’a pas été inculpée pour avoir causé la mort du garçon. Elle a affirmé qu’elle n’avait pas réalisé qu’elle avait renversé quelqu’un et qu’elle pensait qu’un motard avait heurté et cassé son rétroviseur latéral, avant de poursuivre sa route.
Outre la peine de prison, Fessler a été condamnée à verser 10 000 shekels de dommages et intérêts et son permis de conduire a été annulé de manière définitive.
Le vice-président du tribunal, Tal Peri, a souligné que Fessler avait « percuté le défunt et son grand-père, puis avait continué à rouler sans s’arrêter sur les lieux de l’accident, sans vérifier les conséquences de la collision et sans appeler à l’aide ».
« La prévenue était consciente d’avoir percuté quelqu’un », a-t-il souligné.
« Et après l’accident, elle a continué à rouler jusqu’à son domicile, sans signaler l’accident à la police ni se rendre sur les lieux. »
Le tribunal a estimé qu’elle était indépendante et lucide, malgré son âge avancé et ses problèmes cognitifs allégués, et qu’elle ne pouvait donc pas être exemptée d’emprisonnement.
Sa défense a demandé un report de l’exécution de la peine afin de permettre un appel.
Le procureur Sagi Segev a déclaré que le tribunal avait accepté que, si Fessler n’était pas responsable de l’accident, elle était consciente d’avoir heurté une personne et, malgré cela, « elle avait décidé de fuir le lieu de l’accident sans porter secours. Il s’agit d’une faute grave qui doit être fermement condamnée ».
Les procureurs avaient requis trois ans de prison, a-t-il indiqué, et ils étudieraient le verdict avant d’envisager un appel.
Cependant, la famille du garçon était furieuse de ce qu’elle considérait comme une peine trop légère.
« Je m’attendais à ce que le tribunal prononce la peine la plus sévère », a déclaré Ziv, le père de Rafael, à la chaîne publique Kan.
« Elle aurait pu le sauver si elle avait décroché son téléphone, et elle a menti à ce sujet par la suite », a-t-il affirmé.
La famille Adana affirme que Fessler n’était pas la conductrice de la voiture, mais sa fille, une affirmation rejetée par la police qui a diffusé une image de vidéosurveillance la montrant au volant.
« Est-ce là la punition pour avoir versé le sang d’un enfant de quatre ans qui a été laissé pour mort ? », a demandé Ziv au site Walla.
« Nous sommes sous le choc, est-ce là le prix à payer pour mon fils ? Un an ? Nous savons tous qu’elle ne conduisait pas. »
Il a déclaré qu’ils envisageraient de faire appel.
En août 2023, avant même que des accusations ne soient portées, certains membres de la communauté israélo-éthiopienne ont manifesté à Tel Aviv pour réclamer des mesures et dénoncer le fait que la police traînait l’affaire en longueur et risquait de l’étouffer.
Une manifestation similaire, organisée le même mois, avait dégénéré lorsqu’un policier avait été poignardé et légèrement blessé. Le suspect, finalement inculpé pour cette agression au couteau, avait de longs antécédents de violence et de maladie mentale, et avait agi dans l’intention de blesser des policiers, et non de manifester, ont déclaré les procureurs.
Initialement inculpée en novembre 2023, Fessler a d’abord été condamnée en 2024 pour négligence dans le cadre d’une négociation de peine.
Cependant, elle s’est rétractée par la suite et son avocat a fait valoir qu’elle ne pouvait être inculpée de cette infraction, car elle n’avait pas conscience d’avoir blessé qui que ce soit. Le tribunal de première instance de Petah Tikva avait accepté cet argument, ce qui avait conduit à son inculpation pour délit de fuite.
La communauté éthiopienne a déjà accusé les autorités de discrimination dans le traitement judiciaire par le passé.
En 2019, la communauté avait organisé d’importantes manifestations à la suite du meurtre par balle de l’un de ses membres par un policier hors service.
En 2015, une grande manifestation en soutien à la communauté éthiopienne et contre les brutalités policières et le racisme avait dégénéré en violences, provoquant d’importants troubles sur la place Rabin à Tel Aviv.
la Communauté du Times of Israël !







