D’anciens étudiants israéliens collectent 60 000 $ pour leurs ex-camarades de Gaza
Cela a permis à 2 anciens élèves de l'Institut Arava de quitter l'enclave et partir étudier à l'étranger, et d'en aider un troisième, dans la bande de Gaza, en même temps que leurs proches
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Un groupe d’anciens élèves d’un établissement d’enseignement du sud d’Israël a collecté des dizaines de milliers de dollars qui ont permis de faire sortir deux anciens diplômés de Gaza, d’aider un troisième toujours dans l’enclave et de porter assistance aux familles de ces trois personnes.
Ces jeunes gens s’étaients connus il y a de cela plusieurs années dans le cadre d’un programme semestriel organisé par l’Institut Arava d’études environnementales. L’institut se sert en effet des questions environnementales pour faire se connaitre et étudier ensemble des étudiants originaires d’Israël, de Cisjordanie, de Gaza, de Jordanie et du reste du monde.
Des dizaines de diplômés et d’autres ont fait des dons pour collecter les 2 fois 5 000 dollars nécessaires au départ de deux de leurs anciens camarades de Gaza via l’Égypte, respectivement en janvier et avril 2024. Tous deux étudient aujourd’hui en Europe grâce à des bourses, l’une de maîtrise et l’autre de doctorat.
Situé entre Gaza et l’Égypte, le poste-frontière de Rafah est fermé depuis mai 2024, à l’exception d’une brève réouverture le temps d’un cessez-le-feu, entre janvier et mars de cette année, selon les informations de l’armée israélienne.
Le troisième étudiant, qui se trouve toujours dans la bande de Gaza, a dit à ses amis israéliens qu’il souffrait du manque de nourriture et qu’il craignait de mourir à chaque fois qu’il devait aller chercher de l’aide humanitaire, expliquait dimanche au Times of Israel l’une des organisatrices de cette campagne, Noa Polyakine Dotan.
Chaque jour, des milliers de Palestiniens convergent vers les centres et points de distribution de vivres à Gaza, dont trois sont gérés par la Fondation humanitaire de Gaza, soutenue par les États-Unis et Israël, et qui sont la cible de tirs réguliers qui ont fait des centaines de morts.
Selon les Nations unies, plus de 1 300 personnes ont été tuées en tentant d’obtenir de l’aide dans l’enclave depuis que la Fondation humanitaire de Gaza a commencé ses activités en mai dernier ; la plupart des victimes ont été abattues par l’armée israélienne déployée à proximité des centres de la Fondation.
L’armée israélienne a reconnu avoir tiré des coups de semonce sur des foules qui s’approchaient trop de ses soldats tout en indiquant que les chiffres de l’ONU étaient, selon elle, exagérés, sans plus de détails.
Polyakin Dotan, qui peut être contactée par e-mail à propos des dons, a demandé au Times of Israel de ne pas donner d’informations personnelles sur leurs trois camarades afin de les protéger, eux et leurs proches. Tous sont proches de la trentaine.
En parlant de son ami, toujours à Gaza, elle explique : « Quand j’étais à l’institut, en 2020, nous étions 20 étudiants israéliens, 20 Palestiniens et 20 d’autres nationalités. C’était le début de la pandémie de COVID-19 et nous avons vécu la quarantaine à 60. Nous avons tout fait ensemble : nous nous sommes liés d’amitié. »
« C’est au cours de ce semestre que j’ai rencontré mon ami de Gaza », poursuit-elle. « Nous sommes restés proches. Il a continué à étudier en Israël pendant un certain temps après la fin du semestre : nous avons continué à nous voir, même au moment de la guerre de 2021 » – brève flambée de violence en mai de cette année-là. « J’étais avec lui à ce moment-là pour m’assurer que sa famille à Gaza allait bien. Il est rentré à Gaza le 4 octobre 2023. Nous étions très heureux pour lui car cela faisait des années qu’il n’avait pas vu sa famille. C’est alors que le 7 octobre a frappé. »
Polyakin Dotan estime à 60 000 dollars le montant des fonds collectés grâce à plusieurs campagnes depuis le début de la guerre d’Israël contre le Hamas, déclenchée par le pogrom commis par le Hamas le 7 octobre 2023, qui a fait 1 200 morts, essentiellement des civils, et plus de 250 otages enlevés dans l’enclave. Sur ce total, 20 000 dollars ont été levés par une campagne – toujours active – pour l’ami de Polyakin Dotan et ses proches auxquels s’ajoutent 7 500 dollars (sur un objectif de 50 000) pour les proches des deux étudiants partis en Europe et qui ont étudié à Arava une promotion avant celle de Polyakin Dotan.
« Les familles ont été déplacées et, pour certaines, leur maison détruite. Il y a de cela quelques semaines, mon ami m’a confié qu’à cause de la faim, sa mère et lui tenaient à peine debout. Quand ils vont chercher de l’aide, ils savent que c’est à leurs risques et périls. La situation humanitaire est épouvantable et personne n’est épargné. Les denrées alimentaires de base sont chères et il y a très peu de vivres disponibles. Collecter des fonds, c’est tout ce que nous pouvons faire. »
Dimanche dernier, en compagnie d’autres anciens élèves de l’Institut Arava, Polyakin Dotan a organisé des événements sous une tente de protestation installée place de la Cinémathèque, à Tel Aviv, dans le cadre d’un « Campement pour mettre fin à la guerre », organisé par « It’s Time », une coalition d’organisations de consolidation de la paix en vue d’une société partagée.
Y ont notamment pris part Barak Talmor, coordonnateur de l’initiative Jumpstarting Hope in Gaza au sein de l’Institut Arava.
En début d’année, ce projet a permis d’acheter des vivres pour des dizaines de milliers de Gazaouis via son organisation partenaire palestinienne, Damour for Community, et de distribuer 60 000 portions de plats cuisinés par une entreprise arabe qui avait encore suffisamment de riz et de pois chiches en stock dans la bande de Gaza.
Talmor confie au Times of Israel que ces trois dernières semaines et demie, « la situation a vraiment empiré à Gaza : il y a pénurie de nourriture. On ne trouve plus de fournisseurs. » Mais il ajoute que l’institut parvient à fournir quotidiennement 10 000 litres d’eau potable à un camp de personnes déplacées géré par Damour for Community.
La semaine dernière, dans le sillage des images de Palestiniens émaciés, dont des enfants, le coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) du ministère de la Défense a annoncé la reprise progressive de l’approvisionnement de la bande de Gaza en marchandises commerciales, pour la première fois depuis un an.
la Communauté du Times of Israël !







