Des anti-Hamas opposés à l’implication de la Turquie et du Qatar à Gaza
Les clans armés accusent Ankara de soutenir et de protéger le groupe terroriste du Hamas, au lieu d'œuvrer pour la paix ; ils qualifient les deux pays de "criminels de guerre"
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Des chefs des milices anti-Hamas opérant dans les zones sous contrôle israélien dans la bande de Gaza ont déclaré qu’ils s’opposaient à toute implication des forces qataries ou turques dans la reconstruction de Gaza, selon un reportage diffusé samedi.
Hussam al-Astal, chef d’une milice dans la région de Khan Younès, a accusé la Turquie de « soutenir et protéger le Hamas » et a déclaré considérer la Turquie et le Qatar comme des « criminels de guerre », a rapporté la chaîne N12.
Il a toutefois ajouté que « toute personne qui nous aiderait à lutter contre le Hamas serait la bienvenue ».
Les discussions menées par les États-Unis quant à la composition d’une force internationale de stabilisation (ISF) se poursuivent. Selon les termes du récent cessez-le-feu, cette force serait chargée de superviser la sécurité dans l’enclave après le retrait de l’armée israélienne.
La Turquie a ouvertement exprimé son intérêt à faire partie de cette force, tandis que le président américain Donald Trump a déclaré que le Qatar pourrait également y participer.
« Le Hamas a semé la destruction en Israël et dans la bande de Gaza », a déclaré Astal à la chaîne N12.
« Pendant la guerre, lorsqu’un tireur se cachait parmi les tentes, Israël le tuait, puis les gens disaient qu’Israël avait assassiné des enfants. »
« Le responsable de la mort des femmes et des enfants à Gaza, c’est le Hamas, pas Israël », a-t-il affirmé.
Rasan al-Dahini, haut responsable de la milice de Yasser Abu Shabab à Rafah, a également déclaré que « la Turquie ne travaille pas pour la paix ; elle soutient ouvertement et explicitement le Hamas ».
Selon les termes du cessez-le-feu, certaines zones où opèrent des clans armés anti-Hamas sont restées sous contrôle israélien, l’armée israélienne s’étant retirée des régions dont elle avait pris le contrôle pendant la guerre.
Interrogé sur les allégations selon lesquelles les milices anti-Hamas seraient contraintes de fuir vers Israël pour se mettre en sécurité une fois que Tsahal se serait complètement retiré de Gaza, comme l’ont fait les membres de l’Armée du Sud-Liban en 2000 après le retrait de l’armée israélienne du Liban, Dahini a déclaré qu’il était originaire de Rafah et qu’il ne quitterait son foyer pour rien au monde.
Il a également affirmé que les armes obtenues par le clan d’Abu Shabab ne seraient pas utilisées contre Israël à l’avenir.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a reconnu en juin qu’Israël avait armé des gangs palestiniens opposés au groupe terroriste palestinien du Hamas, sans toutefois en citer aucun nommément.
Le Qatar fait partie des pays clés qui soutiennent cet accord fragile, aux côtés de l’Égypte, des États-Unis et de la Turquie. Cette semaine, l’émir du Qatar a reçu le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des prochaines étapes très sensibles de l’accord, notamment de la mise en place d’une force de maintien de la paix à Gaza et du sort du Hamas.
Erdogan a déclaré à Trump qu’Ankara était également prête à déployer des forces à Gaza.
Israël s’oppose fermement à l’implication de la Turquie, membre de l’OTAN, et de son dirigeant, qui a comparé Israël à l’Allemagne nazie tout au long de la guerre, l’a accusé à maintes reprises de commettre un « génocide » et a qualifié les terroristes du Hamas de « combattants de la liberté ».
Le Qatar soutient également le groupe terroriste et accueille les dirigeants de sa branche politique à Doha. Bien que les responsables arabes aient répété à plusieurs reprises au Times of Israel que les Émirats arabes unis et le Qatar n’avaient pas l’intention d’envoyer des troupes, Trump a déclaré samedi que le Qatar fournirait des troupes à l’ISF prévue à Gaza si nécessaire. Il a salué ce pays du Golfe comme un allié et un acteur clé de la stabilité régionale.
Trump a fait ces remarques après avoir rencontré l’émir et le Premier ministre du Qatar à bord de l’Air Force One.
À l’issue de la rencontre, interrogé sur la disponibilité du Qatar à fournir des troupes à la force de maintien de la paix, Trump a répondu : « Ils le feront quand ils en auront besoin. »
Affirmant que la réunion « avait couvert de nombreux sujets », Trump a salué le grand nombre de pays impliqués dans les efforts visant à stabiliser Gaza, qu’il a estimé à 59.
Les chefs de l’opposition israélienne ont également déclaré qu’ils s’opposaient à l’implication de forces turques ou qataries dans la reconstruction de Gaza après la guerre.
La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.
Depuis l’accord de cessez-le-feu conclu le 10 octobre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, ce dernier cherche à réaffirmer sa présence sur le terrain et son contrôle sur l’enclave. Selon certaines informations, il aurait exécuté au moins 33 personnes qu’il accusait de collaborer avec Israël.
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