Des Israéliens affluent vers le nord alors que le tourisme est au point mort
Avec Tsahal toujours au Liban, l'absence de touristes étrangers et la menace d'une guerre qui plane, l'activité économique est en berne en Haute-Galilée, même si les habitants se mobilisent
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Haute-Galilée – Keren et Nadav Bocobza ont effectué un aller-retour de six heures depuis la ville d’Ashkelon, dans le sud d’Israël, avec leurs quatre enfants, afin de passer une journée dans le nord du pays et de « soutenir les commerces locaux ».
Ils ont expliqué qu’ils n’étaient pas revenus dans la région depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas, le 7 octobre 2023, au cours duquel leur maison avait été endommagée par des tirs de roquettes. Ils avaient été évacués pendant six mois, puis ils étaient retournés chez eux.
« Nous appelons tous les Israéliens à venir dépenser leur argent ici, dans le nord », a déclaré Nadav.
« Nous avons un magnifique pays. »
La famille Bocobza n’est pas la seule à vouloir soutenir le nord du pays : chaque jour, des gens appellent l’équipe de Kfar Blum Kayaks pour savoir si le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, soutenu par l’Iran, s’apprête à lancer une nouvelle salve de roquettes ou de missiles sur le nord d’Israël. L’entreprise étant située à un peu plus de 6 km de la frontière israélo-libanaise, leur inquiétude est compréhensible.
« Les gens demandent si c’est sûr, car ils ont encore peur de venir dans le nord », explique Eyal Greenwald, 48 ans, responsable marketing de l’entreprise, au Times of Israel un matin récent.
Au centre d’accueil, les touristes commençent à acheter des billets pour des descentes en rafting sur le Jourdain. Des dizaines de milliers de visiteurs affluaient chaque été en Haute-Galilée avant le 7-Octobre, date à laquelle des terroristes menés par le Hamas ont envahi le sud d’Israël, tuant plus de 1 200 personnes et enlevant 251 autres pour les emmener à Gaza.
Mais après près de trois ans de guerre, dont une année de bombardements quasi quotidiens du Hezbollah depuis le Liban qui ont vidé une grande partie de la région nord, et alors que les habitants commencent à revenir depuis début 2025, les visiteurs restent réticents à revenir.
Les commerces locaux peinent à survivre face à une baisse du tourisme pouvant atteindre 50 %. Les visiteurs étrangers se font rares, et Greenwald confie : « Un sentiment d’incertitude plane sur nous. »
Derrière lui, le Jourdain coulait d’un courant régulier le long d’un sentier de trois miles bordé d’immenses arbres ombragés.
« Il y a beaucoup d’eau dans le fleuve, mais peu de visiteurs », explique Greenwald.
« Je comprends leurs inquiétudes, mais je n’ai pas de solutions. Comment pourrais-je construire des abris le long du fleuve ? »
Une menace constante : la « nouvelle normalité »
Alors que le 7-Octobre, des milliers de terroristes de Gaza ont envahi le sud d’Israël, s’attaquant à des localités, des festivals de musique et des postes militaires lors de l’attaque la plus meurtrière contre les Juifs depuis la Shoah, les habitants du nord ont également commencé à fuir, craignant une attaque du Hezbollah.
Le lendemain, le groupe terroriste basé au Liban a commencé à lancer des salves de roquettes et de drones presque quotidiennement sur le nord d’Israël. Le gouvernement a alors ordonné l’évacuation des habitants, soit environ 60 000 personnes, de 32 localités du nord du pays.
Après des affrontements intermittents depuis l’invasion du Hamas, un nouveau cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, négocié par l’administration Trump, a été mis en place le 19 juin dernier. Toutefois, il a, lui aussi, été rompu à plusieurs reprises.
Le 5 août, deux réservistes ont été tués et quatre autres ont été gravement blessés après avoir été touchés par un engin explosif dans la ville de Majdal Zoun, au sud du Liban, à environ 35 km de Kfar Blum.
Alors qu’une guerre fait rage tout juste de l’autre côté de la frontière libanaise, les habitants du nord d’Israël font preuve de stoïcisme et mènent leur vie quotidienne, y compris leurs activités culturelles, du mieux qu’ils peuvent. C’est dans ce contexte que l’Autorité de développement de la Galilée s’est associée aux municipalités du nord et aux conseils régionaux pour parrainer le Festival Yalla Galil, du 8 au 20 août. Des spectacles et des activités sont organisés sur 15 sites à travers la Galilée et le plateau du Golan.
Yalla Galil propose des événements dans des villages druzes et circassiens, ainsi que des ateliers, des dégustations de vin et des concerts en plein air, afin d’attirer les visiteurs.
Lancer une exploitation laitière avec une seule vache gestante
À environ quatre kilomètres de la frontière israélo-libanaise se trouve Beit Hillel, une communauté bucolique aux routes sinueuses et aux grands arbres, parsemée de chambres d’hôtes et de fermes familiales.
En 1951, après la Seconde Guerre mondiale, Levichi et Lily Kurlender, des immigrants roumains, s’y sont installés avec leur fils en bas âge, Tommy, pour créer une exploitation laitière. L’Agence juive leur a offert une vache gestante pour les aider à démarrer.
Aujourd’hui, les Kurlender possèdent un troupeau d’environ 500 vaches, des vergers et une boutique où ils vendent leurs fromages artisanaux.
Omer Kurlender, qui gère désormais la ferme avec son frère Dror, déclare que même pendant la guerre contre le Hezbollah – alors que la famille avait été évacuée – « nous n’avons manqué aucun jour de traite ».
Omer explique que son père Tommy, âgé de 79 ans, est « un peu comme le cheikh et le rabbin de la famille, qui travaille toujours à la ferme ».
Récemment, un après-midi, plusieurs membres de la quatrième génération des Kurlender ont organisé une visite de la ferme. Les visiteurs ont pu nourrir les veaux, découvrir le processus de traite et déguster du lait chocolaté frais.
Cependant, Omer indique que les réservations ont chuté à environ 80 %, les clients réservant « à la dernière minute ».
« Mais je ne ressens aucune incertitude », dit Omer, qui a passé une grande partie de la guerre à effectuer son service militaire en tant que réserviste.
« Le calme que nous avions avant le 7-Octobre était trompeur. Le Hezbollah disposait de trois fois plus de munitions que ce qu’Israël avait estimé. »
Il estime toutefois désormais que le risque d’une attaque de type 7-Octobre menée par des terroristes depuis le Liban est « quasi nul ».
« Le seul problème, c’est qu’ils vont encore nous bombarder. »
Tenter sa chance avec un nouveau café
Contrairement aux entreprises familiales qui ont été établies de longue date dans la région, trois jeunes amies ont décidé de tenter leur chance en ouvrant un nouveau café dans le moshav de Shaar Yashuv, à environ trois kilomètres de la frontière libanaise, le 26 février 2026.
L’inauguration a eu lieu deux jours avant le lancement de l’Opération « Lion rugissant » contre l’Iran par les États-Unis et Israël, qui s’est prolongée jusqu’au début du mois d’avril. Un cessez-le-feu fragile et à durée indéterminée a depuis été prolongé à plusieurs reprises, mais les frappes iraniennes répétées contre des cibles dans le golfe Persique et les désaccords sur le contrôle du détroit d’Ormuz menacent de replonger la région dans le conflit à tout moment.
« Nous avons fermé après seulement deux jours », a déclaré Tamara Nataf, qui gère le café coloré Trio, situé à l’orée du parc de la communauté, avec ses amies Dasha Barengolts et Or Kaplan.
Après une semaine de fermeture, le café a rouvert ses portes. Nataf indique qu’elle et ses associées sont « déterminées » à rester ouvertes, même si l’activité tourne « au ralenti ».
« Les touristes ne sont pas vraiment revenus », déplore-t-elle en regardant autour d’elle.
« Presque tous les clients ici sont des habitants du coin qui nous soutiennent. »
« Mais nous pensons que le nord doit exister et se développer, et il est particulièrement important aujourd’hui d’avoir un commerce ici, malgré les difficultés », ajoute-t-elle.
« C’est chez nous. »
... alors c’est le moment d'agir ! Le Times of Israël vous fournit chaque jour les informations qui vous intéressent. Qu'il s'agisse de la politique, de la high-tech en Israël, de l'enseignement de la Shoah, des Juifs de Diaspora ou bien encore de l'archéologie, de la culture et de l'environnement en Israël : nous tâchons toujours de couvrir un large spectre des sujets qui vous concernent, alors si vous le pouvez, aidez-nous à continuer à vous offrir ce contenu de qualité indispensable, surtout depuis le 7-Octobre.
la Communauté du Times of Israël !







