Rechercher

Des Israéliens affluent vers le nord alors que le tourisme est au point mort

Avec Tsahal toujours au Liban, l'absence de touristes étrangers et la menace d'une guerre qui plane, l'activité économique est en berne en Haute-Galilée, même si les habitants se mobilisent

Eyal Greenwald, responsable marketing de Kfar Blum Kayaks, se tenant devant une pancarte sur laquelle on peut lire « La Galilée nous a manqué, à nous aussi ! », au kibboutz Kfar Blum, en Haute-Galilée, le 11 août 2026. (Crédit : Diana Bletter/Times of Israel)
Eyal Greenwald, responsable marketing de Kfar Blum Kayaks, se tenant devant une pancarte sur laquelle on peut lire « La Galilée nous a manqué, à nous aussi ! », au kibboutz Kfar Blum, en Haute-Galilée, le 11 août 2026. (Crédit : Diana Bletter/Times of Israel)

Haute-Galilée – Keren et Nadav Bocobza ont effectué un aller-retour de six heures depuis la ville d’Ashkelon, dans le sud d’Israël, avec leurs quatre enfants, afin de passer une journée dans le nord du pays et de « soutenir les commerces locaux ».

Ils ont expliqué qu’ils n’étaient pas revenus dans la région depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas, le 7 octobre 2023, au cours duquel leur maison avait été endommagée par des tirs de roquettes. Ils avaient été évacués pendant six mois, puis ils étaient retournés chez eux.

« Nous appelons tous les Israéliens à venir dépenser leur argent ici, dans le nord », a déclaré Nadav.

« Nous avons un magnifique pays. »

La famille Bocobza n’est pas la seule à vouloir soutenir le nord du pays : chaque jour, des gens appellent l’équipe de Kfar Blum Kayaks pour savoir si le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, soutenu par l’Iran, s’apprête à lancer une nouvelle salve de roquettes ou de missiles sur le nord d’Israël. L’entreprise étant située à un peu plus de 6 km de la frontière israélo-libanaise, leur inquiétude est compréhensible.

« Les gens demandent si c’est sûr, car ils ont encore peur de venir dans le nord », explique Eyal Greenwald, 48 ans, responsable marketing de l’entreprise, au Times of Israel un matin récent.

Keren et Nadav Bocobza (au centre), accompagnés de trois de leurs enfants, après leur descente en rafting sur le Jourdain, au kibboutz Kfar Blum, le 11 août 2026. (Crédit : Diana Bletter/Times of Israel)

Au centre d’accueil, les touristes commençent à acheter des billets pour des descentes en rafting sur le Jourdain. Des dizaines de milliers de visiteurs affluaient chaque été en Haute-Galilée avant le 7-Octobre, date à laquelle des terroristes menés par le Hamas ont envahi le sud d’Israël, tuant plus de 1 200 personnes et enlevant 251 autres pour les emmener à Gaza.

Mais après près de trois ans de guerre, dont une année de bombardements quasi quotidiens du Hezbollah depuis le Liban qui ont vidé une grande partie de la région nord, et alors que les habitants commencent à revenir depuis début 2025, les visiteurs restent réticents à revenir.

Les commerces locaux peinent à survivre face à une baisse du tourisme pouvant atteindre 50 %. Les visiteurs étrangers se font rares, et Greenwald confie : « Un sentiment d’incertitude plane sur nous. »

Derrière lui, le Jourdain coulait d’un courant régulier le long d’un sentier de trois miles bordé d’immenses arbres ombragés.

« Il y a beaucoup d’eau dans le fleuve, mais peu de visiteurs », explique Greenwald.

« Je comprends leurs inquiétudes, mais je n’ai pas de solutions. Comment pourrais-je construire des abris le long du fleuve ? »

Une menace constante : la « nouvelle normalité »

Alors que le 7-Octobre, des milliers de terroristes de Gaza ont envahi le sud d’Israël, s’attaquant à des localités, des festivals de musique et des postes militaires lors de l’attaque la plus meurtrière contre les Juifs depuis la Shoah, les habitants du nord ont également commencé à fuir, craignant une attaque du Hezbollah.

Le lendemain, le groupe terroriste basé au Liban a commencé à lancer des salves de roquettes et de drones presque quotidiennement sur le nord d’Israël. Le gouvernement a alors ordonné l’évacuation des habitants, soit environ 60 000 personnes, de 32 localités du nord du pays.

Des personnes descendent le Jourdain en radeau depuis Kfar Blum, le 11 août 2026. (Crédit : Diana Bletter/Times of Israel)

Après des affrontements intermittents depuis l’invasion du Hamas, un nouveau cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, négocié par l’administration Trump, a été mis en place le 19 juin dernier. Toutefois, il a, lui aussi, été rompu à plusieurs reprises.

Le 5 août, deux réservistes ont été tués et quatre autres ont été gravement blessés après avoir été touchés par un engin explosif dans la ville de Majdal Zoun, au sud du Liban, à environ 35 km de Kfar Blum.

Alors qu’une guerre fait rage tout juste de l’autre côté de la frontière libanaise, les habitants du nord d’Israël font preuve de stoïcisme et mènent leur vie quotidienne, y compris leurs activités culturelles, du mieux qu’ils peuvent. C’est dans ce contexte que l’Autorité de développement de la Galilée s’est associée aux municipalités du nord et aux conseils régionaux pour parrainer le Festival Yalla Galil, du 8 au 20 août. Des spectacles et des activités sont organisés sur 15 sites à travers la Galilée et le plateau du Golan.

Yalla Galil propose des événements dans des villages druzes et circassiens, ainsi que des ateliers, des dégustations de vin et des concerts en plein air, afin d’attirer les visiteurs.

Omer Kurlender et sa nièce, Roni Kurlender, devant leur fromagerie située à la ferme familiale Kurlender, à Beit Hillel, le 11 août 2026. (Crédit : Diana Bletter/Times of Israel)

Lancer une exploitation laitière avec une seule vache gestante

À environ quatre kilomètres de la frontière israélo-libanaise se trouve Beit Hillel, une communauté bucolique aux routes sinueuses et aux grands arbres, parsemée de chambres d’hôtes et de fermes familiales.

En 1951, après la Seconde Guerre mondiale, Levichi et Lily Kurlender, des immigrants roumains, s’y sont installés avec leur fils en bas âge, Tommy, pour créer une exploitation laitière. L’Agence juive leur a offert une vache gestante pour les aider à démarrer.

Aujourd’hui, les Kurlender possèdent un troupeau d’environ 500 vaches, des vergers et une boutique où ils vendent leurs fromages artisanaux.

Une vache à la ferme de la famille Kurlender, à Beit Hillel, le 11 août 2026. (Crédit : Diana Bletter/Times of Israel)

Omer Kurlender, qui gère désormais la ferme avec son frère Dror, déclare que même pendant la guerre contre le Hezbollah – alors que la famille avait été évacuée – « nous n’avons manqué aucun jour de traite ».

Omer explique que son père Tommy, âgé de 79 ans, est « un peu comme le cheikh et le rabbin de la famille, qui travaille toujours à la ferme ».

Récemment, un après-midi, plusieurs membres de la quatrième génération des Kurlender ont organisé une visite de la ferme. Les visiteurs ont pu nourrir les veaux, découvrir le processus de traite et déguster du lait chocolaté frais.

Cependant, Omer indique que les réservations ont chuté à environ 80 %, les clients réservant « à la dernière minute ».

Elisheva Kurlender (à gauche) faisant visiter la ferme familiale Kurlender à Beit Hillel, le 11 août 2026. (Crédit : Diana Bletter/Times of Israel)

« Mais je ne ressens aucune incertitude », dit Omer, qui a passé une grande partie de la guerre à effectuer son service militaire en tant que réserviste.

« Le calme que nous avions avant le 7-Octobre était trompeur. Le Hezbollah disposait de trois fois plus de munitions que ce qu’Israël avait estimé. »

Il estime toutefois désormais que le risque d’une attaque de type 7-Octobre menée par des terroristes depuis le Liban est « quasi nul ».

« Le seul problème, c’est qu’ils vont encore nous bombarder. »

De gauche à droite, Dasha Barengolts, Tamara Nataf et Or Kaplan, les trois propriétaires du Trio Café, à Shaar Yishuv. (Crédit : Autorisation)

Tenter sa chance avec un nouveau café

Contrairement aux entreprises familiales qui ont été établies de longue date dans la région, trois jeunes amies ont décidé de tenter leur chance en ouvrant un nouveau café dans le moshav de Shaar Yashuv, à environ trois kilomètres de la frontière libanaise, le 26 février 2026.

L’inauguration a eu lieu deux jours avant le lancement de l’Opération « Lion rugissant » contre l’Iran par les États-Unis et Israël, qui s’est prolongée jusqu’au début du mois d’avril. Un cessez-le-feu fragile et à durée indéterminée a depuis été prolongé à plusieurs reprises, mais les frappes iraniennes répétées contre des cibles dans le golfe Persique et les désaccords sur le contrôle du détroit d’Ormuz menacent de replonger la région dans le conflit à tout moment.

« Nous avons fermé après seulement deux jours », a déclaré Tamara Nataf, qui gère le café coloré Trio, situé à l’orée du parc de la communauté, avec ses amies Dasha Barengolts et Or Kaplan.

Des clients au Trio Café, à Shaar Yishuv, le 11 août 2026. (Crédit : Diana Bletter/Times of Israel)

Après une semaine de fermeture, le café a rouvert ses portes. Nataf indique qu’elle et ses associées sont « déterminées » à rester ouvertes, même si l’activité tourne « au ralenti ».

« Les touristes ne sont pas vraiment revenus », déplore-t-elle en regardant autour d’elle.

« Presque tous les clients ici sont des habitants du coin qui nous soutiennent. »

« Mais nous pensons que le nord doit exister et se développer, et il est particulièrement important aujourd’hui d’avoir un commerce ici, malgré les difficultés », ajoute-t-elle.

« C’est chez nous. »

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.