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Édito

En cette nouvelle année, commençons à restaurer l’Israël qui est une lumière pour les nations

Nous ne devrions pas avoir besoin d'Ed Miliband — dont certaines critiques sont erronées, mais d'autres parfaitement justes — pour nous rappeler qu'il est honteux de tolérer la violence meurtrière de certains résidents d'implantations contre les civils palestiniens

David Horovitz

David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

Des enfants devant une mosquée incendiée lors d’une attaque menée par des résidents d'implantation tôt le matin dans le village de Qusra, en Cisjordanie, le 26 juillet 2026, tandis qu’un graffiti en hébreu sur son mur indique « Vengeance Benayahu », en référence à un résident d'implantation tué lors d’affrontements avec des Palestiniens dans le village de Tell, le 24 juillet 2026. (Crédit : Leo Correa/AP)
Des enfants devant une mosquée incendiée lors d’une attaque menée par des résidents d'implantation tôt le matin dans le village de Qusra, en Cisjordanie, le 26 juillet 2026, tandis qu’un graffiti en hébreu sur son mur indique « Vengeance Benayahu », en référence à un résident d'implantation tué lors d’affrontements avec des Palestiniens dans le village de Tell, le 24 juillet 2026. (Crédit : Leo Correa/AP)

La violence effrontée, incontrôlée et préméditée des extrémistes juifs à l’encontre des civils palestiniens en Cisjordanie a fortement augmenté ces dernières années. Selon certaines sources, 660 incidents graves de « crimes nationalistes » auraient été commis par des habitants d’implantations extrémistes au cours du premier semestre 2026, faisant six morts, soit une hausse de 63 % par rapport aux 405 cas recensés au cours des six premiers mois de 2025, période au cours de laquelle aucun décès n’avait été déploré.

En choisissant de garder un silence quasi total face à ces attaques incessantes, les dirigeants des principales implantations ont laissé l’ensemble du projet d’expansion de la présence juive être entaché par celles-ci.

Soumise à une pression sans précédent depuis trois ans de guerre sur plusieurs fronts, à la suite de l’invasion et du pogrom perpétrés par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, l’armée israélienne s’est révélée incapable de mettre fin à ce cycle de violence. Malgré les messages clairs de ses hauts responsables, elle ne semble pas faire d’efforts particuliers pour y parvenir. Une attitude qui sape de plus en plus les obligations souveraines de Tsahal en Cisjordanie et entame sa réputation tant au niveau national qu’au niveau international.

Le gouvernement de droite dure de Benjamin Netanyahu, loin de donner la priorité à la nécessité de prévenir ce qui est parfois devenu un terrorisme juif meurtrier, l’a minimisé – en le qualifiant d’œuvre d’une « poignée d’adolescents », « qui ne viennent pas de Cisjordanie », « issus de familles brisées », selon les propres termes du Premier ministre lui-même. Cette description est fallacieuse et malhonnête et fait honte à tout Israël.

Le ministre ultra-nationaliste Bezalel Smotrich encourage explicitement « l’émigration volontaire » des Palestiniens de Cisjordanie, tandis que son collègue et rival d’extrême-droite Itamar Ben Gvir, qui prônait autrefois ouvertement l’expulsion de tous les Arabes, a supervisé une forte augmentation du nombre de permis de port d’armes et d’armes à feu dans les implantations.

Mardi, les conséquences diplomatiques et concrètes de la tolérance à l’égard de la violence des résidents d’implantation se sont fait sentir, lorsque le ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband, a accusé les « terroristes d’implantation » de se livrer à un « nettoyage ethnique » en Cisjordanie avec la complicité du gouvernement.

Des soldats israéliens montant la garde aux côtés de résidents d’implantation devant des habitations palestiniennes qu’ils ont bloquées dans le village de Qusra, au sud de Naplouse, en Cisjordanie, le 12 août 2026. (Crédit : Nidal Eshtayeh/AP)

Il a également déclaré que le Royaume-Uni, la France et le Canada cesseraient toute relation avec les implantations, a annoncé des sanctions à l’encontre de toute entité entretenant des relations avec ces implantations et a qualifié l’ensemble de la présence israélienne en Cisjordanie « d’occupation illégale ».

La nouvelle équipe du gouvernement travailliste britannique, arrivée au pouvoir après l’éviction de Keir Starmer en juillet, entend durcir son opposition au gouvernement Netanyahu.

Le Premier ministre Andy Burnham a ainsi déclaré que son prédécesseur « s’était trompé » sur la question de Gaza. Il avait initialement prévu de concentrer sa colère sur la question de Gaza. Il avait initialement prévu de concentrer sa colère sur les mesures prises par la coalition Netanyahu visant à étendre le projet controversé d’implantation E1 à l’est de Jérusalem, ce qui séparerait le nord et le sud de la Cisjordanie et empêcherait ainsi la création d’un éventuel État palestinien contigu.

Mais le discours cinglant de Miliband a plutôt mis en avant les attaques menées par des résidents d’implantations contre des civils palestiniens, les présentant comme le symbole le plus flagrant du comportement inadmissible d’Israël.

Le ministre des Affaires étrangères, Ed Miliband, s’adressant à la Chambre des communes pour annoncer l’interdiction de toute relation commerciale avec les implantations de Cisjordanie, le 8 septembre 2026. (Crédit : Chambre des communes)

Certaines parties du discours de Miliband ont mis en évidence la vision erronée largement répandue à l’échelle mondiale de ce qui s’est passé depuis le 7-Octobre : le refus de prendre conscience que le Hamas cherchait et cherche toujours à détruire Israël ; que son invasion et son massacre ont bénéficié d’un large soutien parmi les Gazaouis et, surtout, les Palestiniens de Cisjordanie ; l’hypothèse raisonnable selon laquelle, si l’Iran et le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah s’étaient joints à la mêlée, Israël n’existerait peut-être plus aujourd’hui ; et la détermination sans faille du régime iranien à faire en sorte que nous ne soyons plus là très longtemps.

De nombreux Israéliens, voire la plupart d’entre eux, aspirent précisément à cette solution à deux États que Miliband a présentée comme le fondement stratégique de sa politique plus ferme à l’égard de la Cisjordanie.

Bon nombre d’Israéliens considèrent qu’une séparation d’avec les Palestiniens, même au prix déchirant de l’abandon de certaines parties de l’Israël biblique, est le seul moyen de préserver un État d’Israël démocratique et à majorité juive.

Mais ils reconnaissent également – ce que Miliband choisit manifestement d’ignorer – que le retrait unilatéral des territoires, effectué au nom de la paix, s’est retourné de manière meurtrière contre eux lors de la Seconde Intifada, et de manière encore plus catastrophique lors de l’invasion du Hamas. Ils ne sont donc pas disposés, à l’heure actuelle, à risquer un suicide national en tentant à nouveau une telle entreprise.

D’anciens otages et des survivants de l’invasion et du massacre perpétrés par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 s’adressant aux journalistes devant les décombres calcinés de la maison de Raaya et Hila Rotem, au kibboutz Beeri, le 1ᵉʳ janvier 2024. (Crédit : Canaan Lidor/Times of Israel)

Néanmoins, la réponse du gouvernement israélien, incarnée par le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, qui a rejeté toutes les critiques britanniques en les qualifiant de biaisées et d’infondées, met dans le même sac des questions pour lesquelles Israël nourrit des préoccupations légitimes et vitales, notamment concernant les obstacles réels au processus de paix, et celles pour lesquelles la coalition Netanyahu est manifestement en tort et porte atteinte aux intérêts d’Israël, comme elle continue de le faire en tolérant des actes de violence concertés contre des civils palestiniens.

Miliband aura certainement cherché à évaluer, au moment de rédiger son discours et d’en choisir le moment, s’il risquait davantage de renforcer le gouvernement Netanyahu qu’il dénonçait, en ralliant les Israéliens indignés à la défense du Premier ministre, ou d’accélérer son départ du pouvoir, en mettant l’accent sur le statut de paria de plus en plus marqué d’Israël et en fracturant ses alliances internationales.

En réalité, cela n’aura sans doute fait que renforcer les positions des Israéliens, qu’ils soient déjà partisans ou opposants à Netanyahu. Cette affaire disparaîtra en grande partie de l’actualité, du moins jusqu’à ce que les sanctions commencent à avoir un impact concret. Mais cela souligne, une fois de plus, à quel point les élections, qui auront lieu dans sept semaines seulement, sont décisives.

À ce stade, nul ne peut prédire avec certitude qui sortira vainqueur le 27 octobre.

Cela s’explique en partie par le fait que les sondages sont globalement peu fiables : il est tout simplement impossible de prédire le résultat d’une élection en interrogeant à peine 500 personnes, alors qu’en réalité, quelques voix seulement suffisent à déterminer si un parti franchit ou non le seuil électoral de 3,25 %, ce qui fait basculer quatre sièges d’un côté ou de l’autre du spectre politique et peut potentiellement couronner ou condamner les blocs rivaux.

Et c’est en partie parce que sept semaines, c’est une durée absurdement longue dans le monde politique israélien. Quelqu’un se souvient-il du tollé général suscité par la découverte présumée de l’Altalena par Ben Gvir, qui avait ravivé le clivage entre Séfarades et Ashkénazes ? Je veux dire, c’est vrai que cela s’est produit… mais c’était il y a déjà deux semaines.

Ce qui ne s’efface pas, en revanche, c’est le 7-Octobre et l’incapacité des dirigeants politiques et militaires israéliens à l’empêcher.

Bien au contraire. Cette question est au cœur de la campagne électorale. Et Netanyahu s’efforce plus que jamais de détourner les accusations.

Il affirme qu’il savait que le Hamas ne se laisserait pas dissuader et qu’il aurait mobilisé Tsahal pour empêcher l’invasion si les chefs des services de sécurité l’avaient réveillé et averti quelques heures plus tôt. Selon lui, « tous les signes » d’une attaque imminente étaient déjà là. Il soutient que les généraux ont délibérément choisi de ne pas le réveiller, craignant qu’il ne réagisse de manière excessive et ne provoque en réalité une attaque du Hamas.

À l’inverse, ceux-ci ont déclaré avoir tenté de l’avertir pendant des années que sa politique consistant à laisser le Qatar financer Gaza renforçait la machine de guerre du Hamas. Ils ont également affirmé que le Hamas était enhardi par la division au sein d’Israël concernant sa refonte judiciaire et qu’ils avaient bel et bien alerté son cabinet au sujet d’activités suspectes trois heures avant l’attaque du Hamas, même s’ils n’avaient pas estimé qu’une attaque de grande envergure était imminente.

De nouvelles allégations, vivement contestées par Netanyahu, suggèrent qu’il n’aurait pas réagi avec rapidité et efficacité lorsqu’il a finalement été réveillé à 6 h 30 par les premières attaques du Hamas. Il aurait mis jusqu’à trois heures pour parcourir les 60 kilomètres qui le séparaient des quartiers généraux de l’armée, sans même s’entretenir avec le chef d’état-major de Tsahal avant 9 h 45, et n’aurait ordonné la mobilisation totale de l’armée israélienne que peu avant 10 h.

Selon un article paru cette semaine, dix jours avant le 7-Octobre, le président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed, aurait déclaré à Netanyahu lors d’un entretien téléphonique que le Hamas préparait une attaque majeure. Le Premier ministre n’aurait pas transmis cette information aux responsables de la sécurité. De nouveaux détails ont également été révélés concernant un avertissement égyptien qui avait déjà fait l’objet de reportages.

Montage photos (de gauche à droite) : Benjamin Netanyahu ; Yahya Sinwar ; Mohamed ben Zayed al-Nahyan. (Crédits : Sebastian Scheiner/AP ; Abed Rahim Khatib/Flash90/Archives ; Markus Schreiber/AP Photo)

Netanyahu nie tout cela.

Quant à son épouse, elle colporte une fausse théorie du complot selon laquelle le chef du parti Les Démocrates et ancien chef d’état-major adjoint de Tsahal, Yaïr Golan, aurait su à l’avance que le Hamas allait attaquer – laissant entendre par extension que d’autres hauts responsables de la sécurité en avaient également connaissance, une allégation scandaleuse qui a été largement relayée.

Il existe bien sûr un moyen de faire la part des choses entre ces récits contradictoires, de découvrir la vérité sur ce qui a si terriblement mal tourné et de garantir au mieux que cela ne se reproduise plus : une commission d’enquête nationale indépendante et puissante que Netanyahu refuse obstinément de mettre en place depuis trois longues années. À un certain moment, lorsqu’on empêche la vérité de se faire jour, on commence à perdre le bénéfice du doute.

Alors que nous entrons dans la période des fêtes du Nouvel an juif, alors qu’Israël est en pleine campagne électorale sur son territoire et largement décrié à l’étranger, et que ses relations avec la diaspora juive sont complexes et souvent tendues, la route qui s’annonce ne paraît guère facile.

Les Juifs de la diaspora sont confrontés à un antisémitisme virulent, dissimulé sous le couvert d’un anti-sionisme prétendument légitime et tendance. Et Israël manque à ses obligations envers lui-même et envers les Juifs du monde entier lorsqu’il ne respecte pas ses propres normes morales, comme c’est le cas actuellement en Cisjordanie.

Nous n’avons pas besoin – ou ne devrions pas avoir besoin – qu’Ed Miliband nous dise quand nos actions ou notre inaction sont intenables. Nous nous devons de veiller à ce que les Israéliens ne fassent pas aux autres ce que nous ne pourrions tolérer qu’on nous fasse. Et nous ne devons pas laisser nos ennemis, bien trop puissants, semer la discorde entre l’État juif et le peuple juif, où qu’il se trouve.

Nous traversons certes une période décisive, mais les éléments essentiels d’un Israël prospère, un Israël dans lequel nous pouvons être fiers de vivre, auquel nous pouvons nous identifier et que nous pouvons soutenir, sont toujours présents. Nous restons un peuple résilient, créatif et patriote, prêt à tout pour assurer la survie et la prospérité de ce pays.

Nous comptons parmi nous de nombreux dirigeants en devenir sincèrement attachés à l’intérêt national et parfaitement capables de le faire progresser. Il existe des alliances qui peuvent être reconstruites et d’autres qui peuvent être forgées, tant au niveau local qu’à l’échelle mondiale.

Des enfants israéliens découvrant les coutumes de Rosh HaShana, à l’approche de la fête du Nouvel an juif, au Gan Kobi du moshav de Yashresh, dans le centre d’Israël, le 7 septembre 2026. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Et nous savons qu’il est tout simplement impossible de laisser Israël échouer, pour le bien de ceux qui y vivent aujourd’hui, mais aussi de ceux qui pourraient vouloir ou avoir besoin d’y vivre à l’avenir.

Où que vous soyez en ce moment même, en cette période particulièrement significative du calendrier hébraïque, réaffirmons notre engagement à bâtir le meilleur Israël possible, un pays où l’intolérance est bannie et où l’extrémisme est combattu. Un Israël restauré et renouvelé, où le courant dominant responsable, le courant sioniste, s’attache avec détermination à redonner vie à un État fort, honorable, prospère, juif et démocratique, une lumière pour les nations.

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