« Envoyer un message clair » : Joshua Zarka défend la suspension d’achat d’armes à la France
L’ambassadeur d’Israël en France déplore plusieurs décisions défavorables à Jérusalem
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En réaction à une politique française hostile à Israël, le ministère de la Défense israélien a annoncé vouloir « ramener à zéro » les importations militaires en provenance de la France, envoyant ainsi « un message clair », selon l’ambassadeur d’Israël en France.
Les relations entre Israël et la France se sont grandement dégradées depuis le pogrom du 7-Octobre, et avec notamment la reconnaissance par la France de l’État de Palestine, et ces dernières semaines, dans le contexte de la guerre contre l’Iran. La France a plus récemment décidé d’interdire le survol de son territoire par des avions transportant « des équipements militaires et des munitions destinés à Israël » dans le cadre de ce conflit, qualifié de « guerre existentielle » par l’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Zarka.
Le ministère de la Défense israélien a suspendu tous ses achats d’équipements militaires auprès de la France, en réponse à ces mesures françaises qui ont « porté atteinte à la sécurité d’Israël », notamment l’interdiction faite aux avions israéliens d’utiliser l’espace aérien français pour participer à la guerre contre le régime iranien, a déclaré dimanche un porte-parole du ministère, confirmant ainsi des informations récemment relayées par la presse israélienne.
Le porte-parole a évoqué une « tendance persistante » dans les actions de la France qui « ont porté atteinte à la sécurité d’Israël et aux capacités opérationnelles de son industrie de la défense », dont la plus récente est « l’interdiction faite aux avions israéliens transportant des munitions destinées à des opérations contre l’Iran de survoler l’espace aérien français ».
Interrogé par FranceInfo sur les objectifs d’Israël en Iran et au Liban, Joshua Zarka explique que cette décision est le résultat de « certaines décisions qui ont été prises dans ces deux dernières années » par la France à l’égard d’Israël, « qui ont mené nos relations à un certain niveau ».
Pour Joshua Zarka, il ne s’agit pas « de punir la France », mais plutôt « d’une déclaration ». Suspendre les commandes israéliennes d’armement auprès des entreprises françaises – qui représentaient un peu plus de 223 millions d’euros (804 millions de shekels) sur la période 2015-2024 – permettrait ainsi d’« envoyer un message clair ».
« Pour ce qui est des relations qui ont une importance stratégique, qui ont une importance sécuritaire pour nous, il arrive un moment où nous devons tirer certaines conclusions quant à nos partenaires », a-t-il ajouté.
Le ministère de la Défense s’efforcerait désormais de réorienter ses achats vers les industries israéliennes ainsi que vers des fournisseurs issus de « nations amies ».
« La France entrave activement le transfert de munitions vers Israël, qui mène des opérations contre l’Iran – un pays dont les missiles balistiques sont capables d’atteindre des villes européennes, y compris Paris », a déclaré le porte-parole, reprenant les affirmations des responsables israéliens selon lesquelles l’Iran possède de telles capacités.
« L’interdiction française a été imposée malgré une coordination préalable, malgré des explications claires indiquant que les munitions étaient destinées uniquement à l’Iran, et malgré la prise de conscience que cet effort est également crucial pour la sécurité européenne. »
Le porte-parole du ministère de la Défense israélien a également cité d’autres griefs, notamment le fait que la France ait empêché « des dizaines » d’entreprises de défense israéliennes d’exposer au salon Eurosatory 2024 à Paris et au Salon du Bourget 2025, le gel des licences d’exportation vers Israël et le fait d’avoir mené une initiative des Nations unies l’an dernier au cours de laquelle Paris et d’autres nations européennes ont reconnu un État « palestinien ».
En conséquence, le directeur général du ministère de la Défense, le général de division Amir Baram, « a décidé de réduire à zéro tous les achats de matériel de défense auprès de la France », a indiqué le porte-parole, précisant que ces achats seraient remplacés par des achats nationaux ou auprès de « pays alliés », dans le cadre d’une stratégie plus large visant à « construire une autonomie totale en matière de défense, sans dépendre de pays peu fiables ».
Le ministère, en collaboration avec le Conseil de sécurité nationale (NSC), a informé la ministre française de la Défense, Catherine Vautrin, que « nous n’avons pas l’intention de tenir une réunion avec elle et qu’il n’y aura pas de nouveaux engagements professionnels avec l’armée française », a ajouté le porte-parole.
« Non la France ne livre pas d’armes à Israël. Elle autorise au cas par cas la vente de composants destinés à être intégrés :
– dans des systèmes défensifs participant à la protection des populations civiles, à l’image du Dôme de fer ;
– dans des équipements strictement destinés au réexport, certains étant nécessaires à nos propres forces, » s’est contenté de répondre samedi Catherine Vautrin sur le réseau social X.
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