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Horaires de visite prolongés pour les Juifs sur le mont du Temple pendant le ramadan

L'AP dénonce une "escalade dangereuse" alors que la police accorde une heure de plus aux visiteurs juifs sur ce site sensible ; selon un militant du mont du Temple c'est une "légère concession"

Des oliviers et des cyprès entourant le Dôme du Rocher sur le mont du Temple, le premier jour du ramadan, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 18 février 2026. (Crédit : Ilia Yefimovich/AFP)
Des oliviers et des cyprès entourant le Dôme du Rocher sur le mont du Temple, le premier jour du ramadan, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 18 février 2026. (Crédit : Ilia Yefimovich/AFP)

La police a prolongé d’une heure les heures de visite des Juifs sur le mont du Temple à Jérusalem pendant le ramadan, mercredi, premier jour du mois de jeûne musulman.

Ce changement survient alors qu’Israël a modifié à plusieurs reprises les règles régissant ce lieu saint sensible, où se trouvaient autrefois les deux Temples juifs bibliques et qui abrite aujourd’hui la mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher, sous l’autorité du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.

Les visiteurs juifs ont pu monter sur le site sensible le matin, de 6 h 30 à 11 h 30, suite à la pression exercée par des militants. Les années précédentes, les heures de visite pendant le ramadan étaient de 7 h à 11 h, le complexe Al-Aqsa étant complètement fermé aux visiteurs juifs l’après-midi.

Cette heure supplémentaire a été accordée à titre de « compensation » pour la fermeture du site l’après-midi, a rapporté Haaretz.

L’Autorité palestinienne (AP) a dénoncé cette dérogation au statu quo comme une « escalade dangereuse » et a averti que cette heure supplémentaire pourrait se transformer en une politique permanente s’étendant au-delà du ramadan, dans une déclaration citée par l’agence de presse officielle turque Anadolu.

Un porte-parole de Beyadenu, une organisation qui œuvre à renforcer la présence juive sur le site, a déclaré que cette heure supplémentaire constituait une « légère concession » à la suite de réunions entre des militants du mont du Temple et des hauts responsables de la police du district de Jérusalem.

Des Juifs et des forces de sécurité israéliennes sur le site sacré du mont du Temple à Jérusalem, le 9 avril 2023, pendant le mois du ramadan, qui coïncide avec la fête de Pessah. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Il a souligné que mercredi était le premier jour du mois hébraïque d’Adar et a affirmé qu’au moins un millier de Juifs s’étaient rendus sur le mont du Temple dans la matinée et la nuit précédant cette date pour marquer le début du mois hébraïque – rosh hodesh.

La police n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

Jusqu’à récemment, la prière non musulmane était interdite au sommet du mont du Temple en vertu d’une série d’accords connus sous le nom de « statu quo » entre Israël et la Jordanie, qui administre le site par l’intermédiaire du Waqf islamique de Jérusalem.

Si, par le passé, la police expulsait ou arrêtait les visiteurs juifs surpris en train de prier sur le mont du Temple, cette pratique a été largement abandonnée ces trois dernières années, depuis l’arrivée de Ben Gvir, qui a maintes fois demandé à la police d’autoriser les Juifs à y prier.

Ces dernières années, les visiteurs juifs ont été autorisés à prier et à se prosterner dans la partie est du complexe, mais ils n’ont toujours pas le droit de visiter le site à certaines heures et ils ne peuvent pas prier près du Dôme du Rocher.

En janvier, le commissaire-adjoint Avshalom Peled, un proche de Ben Gvir, a été nommé au poste sensible de commandant du district de Jérusalem.

Peled, qui occupait auparavant le poste de chef-adjoint de la police, a remplacé le commissaire-adjoint Amir Arzani. Ce dernier a pris un congé sous la pression de Ben Gvir, après avoir résisté aux tentatives du ministre d’assouplir davantage les restrictions imposées aux prières juives sur le mont du Temple.

Deux semaines après l’entrée en fonction de Peled dans le district, la police a commencé à autoriser les Juifs à se rendre au mont du Temple avec des prières imprimées, défiant ainsi les réglementations interdisant les prières non musulmanes sur le site.

Avshalom Peled lors de la cérémonie du Jour de l’Indépendance, au siège national de la police israélienne, à Jérusalem, le 9 mai 2024. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

La police a semblé confirmer son autorisation officielle de la prière non musulmane dans un communiqué publié à l’époque, dans lequel elle soulignait que les agents s’efforçaient de « permettre la liberté de culte et de visite du mont du Temple à toutes les religions et à toutes les communautés ».

Restrictions pendant le ramadan

Mercredi, Israël a également annoncé qu’il limiterait à 10 000 le nombre de fidèles palestiniens de Cisjordanie pouvant assister aux prières hebdomadaires du vendredi dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa pendant le ramadan.

Conformément aux critères de l’an dernier, seuls les hommes âgés de 55 ans et plus, les femmes âgées de 50 ans et plus, ainsi que les enfants de moins de 12 ans accompagnés d’un parent au premier degré, seront autorisés à assister aux prières à Al-Aqsa, le troisième lieu saint de l’islam, a déclaré le Coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires palestiniens (COGAT), organe du ministère de la Défense.

Ces restrictions s’appliquent uniquement aux 10 000 Palestiniens venant de Cisjordanie, et non aux Arabes israéliens musulmans.

Le COGAT a déclaré qu’à la suite d’une évaluation de la sécurité, les dirigeants politiques « ont accepté la recommandation des autorités de défense concernant le cadre d’entrée des fidèles palestiniens dans l’enceinte du mont du Temple/mosquée Al-Aqsa pendant le mois du ramadan ».

« Cette mesure vise à permettre et à faciliter la liberté de culte et de religion pour le public, sous réserve du maintien de la stabilité sécuritaire », a ajouté l’organe du ministère de la Défense.

Le COGAT a précisé que « tous les permis sont soumis à l’accord préalable des autorités de sécurité compétentes » et que, en outre, « les résidents se rendant sur le mont du Temple pour prier devront se soumettre à un enregistrement numérique aux points de passage lors de leur retour en Judée-Samarie [Cisjordanie] à la fin de la journée de prière ».

Des fidèles musulmans palestiniens, interdits d’accès à la mosquée Al-Aqsa sur le mont du Temple, priant à l’extérieur à la fin du premier jour du ramadan, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 18 février 2026. (Crédit : John Wessels/AFP)

Pendant le ramadan, des centaines de milliers de Palestiniens assistent traditionnellement aux prières à Al-Aqsa.

Depuis le déclenchement de la guerre à Gaza après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, la fréquentation des fidèles a diminué en raison des problèmes de sécurité et des restrictions imposées par Israël.

L’année dernière, Israël avait également accordé 10 000 permis aux Palestiniens de Cisjordanie, avec les mêmes restrictions d’âge. Avant la guerre, certains Gazaouis obtenaient également l’accès à la mosquée Al-Aqsa pendant le ramadan.

Cette semaine, le gouvernorat palestinien de Jérusalem a déclaré que les autorités israéliennes avaient empêché le Waqf islamique, l’organisme jordanien qui administre le site, d’effectuer les préparatifs habituels avant le ramadan, notamment l’installation de structures ombragées et de dispensaires temporaires.

Un imam de haut rang de la mosquée Al-Aqsa, Cheikh Muhammad al-Abbasi, a déclaré à l’AFP qu’il avait lui aussi été interdit d’entrer dans l’enceinte.

« Je suis interdit d’accès à la mosquée depuis une semaine, et cette interdiction peut être renouvelée », a-t-il ajouté.

Abbasi a affirmé n’avoir pas été informé de la raison de cette interdiction, qui est entrée en vigueur lundi.

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