Israël mal préparé et mal équipé pour faire face à un séisme majeur – rapport
Le gouvernement n'a jamais donné suite aux recommandations de 2021 visant à optimiser le processus de mise en conformité des bâtiments et ne collabore pas avec les autorités locales
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Le contrôleur de l’État, Matanyahu Englman, a averti mardi qu’Israël n’était absolument pas préparé à faire face à un tremblement de terre majeur, du type de ceux qui ont frappé la région ces dernières années, et qu’il n’avait fait que peu ou pas de progrès pour remédier à ce problème depuis la dernière fois qu’il avait été soulevé.
Dans un rapport accablant publié par son bureau, Englman estime que pas moins de 810 000 immeubles résidentiels à travers le pays ne répondent pas aux normes de résistance aux séismes et ne seraient pas en mesure de résister à de fortes secousses.
Si les municipalités locales s’efforcent, quoique lentement, de renforcer et de rénover les bâtiments afin de les mettre en conformité avec les normes, le rapport d’Englman révèle que ce processus est fortement entravé par un manque de coordination entre les autorités locales et le gouvernement.
En d’autres termes, la mise en conformité des bâtiments est laissée à la seule discrétion des autorités locales, avec peu de contrôle de la part du gouvernement. Englman a constaté que, depuis le précédent audit en 2023, seuls 10 % des travaux de rénovation visant à renforcer la résistance des bâtiments aux séismes avaient été approuvés.
Ce manque de contrôle gouvernemental n’est pas nouveau. En 2021, le contrôleur de l’État avait déjà recommandé au cabinet du Premier ministre de collaborer avec les ministères de l’Intérieur et du Logement afin de rationaliser le processus de mise en conformité des bâtiments.
Cependant, le rapport publié mardi a révélé qu’aucune mesure n’avait été prise pour mettre en œuvre cette recommandation. Cela signifie non seulement qu’aucun budget n’a été alloué aux municipalités locales pour renforcer les bâtiments, mais aussi que le gouvernement n’a même pas établi de lignes directrices officielles pour déterminer si un bâtiment peut ou non faire l’objet d’une rénovation.
Il exhorte le gouvernement à s’engager à « élaborer des plans concrets pour renforcer les bâtiments plutôt que d’attendre la prochaine urgence, dont les conséquences pourraient être bien plus graves ».
Les autorités locales n’ont pas non plus été épargnées par les critiques, Englman ayant constaté que 45 localités à travers Israël n’avaient pas établi de directives pour déterminer ce qui est considéré comme un bâtiment dangereux.
Soulignant l’urgence de la situation, Englman a cité des données relatives à la guerre de douze jours contre la République islamique le mois dernier, au cours de laquelle quelque 2 300 maisons ont été endommagées par des missiles balistiques.
« Même après vous avoir mis en garde à maintes reprises, le gouvernement israélien n’a pas pris conscience du danger que représentent les quelque 810 000 appartements non parasismiques », a-t-il déploré.
« Les missiles iraniens ont plus que tout autre chose illustré le fossé qui sépare les bâtiments anciens de ceux qui sont conformes aux normes. »
Le dernier séisme majeur à avoir frappé la région remonte à 1927 : une secousse d’une magnitude de 6,2 qui avait fait 500 morts et 700 blessés. Les sismologues estiment qu’un tel séisme se produit dans cette région environ tous les 100 ans.
Absence de mesures face à l’augmentation du risque de feux de forêt
Dans un autre chapitre de son rapport, Englman a noté que le gouvernement et les conseils locaux n’étaient pas non plus préparés à faire face aux effets du dérèglement climatique, qui comprennent notamment un risque accru d’incendies de forêt.
Le rapport cite notamment la ville de Haïfa, située dans le nord d’Israël, qui n’a pas mis en place de plans d’urgence en cas d’incendie dans plusieurs quartiers à haut risque.
Ces quartiers comptent près de 30 000 habitants et ne disposent pas des infrastructures nécessaires pour évacuer la population en toute sécurité et à temps, ni pour permettre aux pompiers d’accéder à la zone, selon le rapport.
En 2024, 33 500 incendies ont été recensés dans tout le pays. Ce chiffre est en hausse par rapport aux années précédentes, où la moyenne était de 28 500 incendies par an entre 2020 et 2024.
Malgré cela, seules neuf des 81 zones identifiées comme étant à haut risque ont mis en place des mesures pour empêcher la propagation des incendies dans les zones ouvertes.
Le contrôleur de l’État a rejeté la responsabilité sur le ministère de la Sécurité nationale, dirigé par Itamar Ben Gvir, le chef du parti Otzma Yehudit.
« Malgré la décision prise en 2022 par le gouvernement de formuler un plan national pluriannuel pour lutter contre les incendies et augmenter le budget consacré à la création de zones tampons, le ministère de la Sécurité nationale, chargé de mettre en œuvre cette décision, n’a pris aucune mesure, hormis l’approbation d’une liste de vingt zones à haut risque (sur 583 zones) et l’inscription au budget de neuf d’entre elles », a écrit Englman.
Il a rappelé les incendies de forêt qui ont ravagé Israël lors du dernier Jour de l’Indépendance en mai, et a exhorté le gouvernement à considérer ce sinistre comme un signal d’alarme qui doit le pousser à agir.
« Le ministère de la Sécurité nationale et le ministère de l’Intérieur doivent travailler ensemble pour élaborer des réglementations qui sauvent des vies et protègent les communautés contre les incendies », a-t-il averti.
la Communauté du Times of Israël !







