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Jibril Rajoub dénonce un « deux poids deux mesures » du CIO qui permet à Israël de concourir

Le chef du Comité olympique palestinien estime qu'Israël n'a pas le droit de concourir en raison de la guerre à Gaza, après que le comité olympique a rejeté sa demande d'exclure l'État juif des Jeux de Paris

Jibril Rajoub, président de la Fédération palestinienne de football et du Comité olympique palestinien, des athlètes olympiques palestiniens et des membres de la délégation arrivant à l'aéroport Charles-de-Gaulle, au nord de Paris, le 25 juillet 2024. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
Jibril Rajoub, président de la Fédération palestinienne de football et du Comité olympique palestinien, des athlètes olympiques palestiniens et des membres de la délégation arrivant à l'aéroport Charles-de-Gaulle, au nord de Paris, le 25 juillet 2024. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

PARIS, France — Le chef du Comité olympique palestinien a critiqué jeudi le « deux poids, deux mesures » du Comité international olympique (CIO) à propos de sa décision d’autoriser Israël à concourir aux Jeux de Paris.

Le chef du Comité olympique palestinien, Jibril Rajoub, a demandé un boycott dans une lettre adressée au CIO en début de semaine, qui a été rejetée par le chef de l’instance olympique internationale, Thomas Bach.

« Cela confirme qu’il existe des institutions internationales qui s’obstinent à appliquer deux poids deux mesures et à ne pas respecter la Charte olympique, les lois et règlements ou la morale », a déclaré Rajoub à son arrivée à l’aéroport Charles-de-Gaulle de Paris avec la délégation sportive palestinienne.

Au-delà des compétitions, la délégation palestinienne aux Jeux olympiques de Paris veut profiter de l’événement pour dénoncer « le traitement inhumain » des Palestiniens.

Dattes à la main, une centaine de soutiens de la cause palestinienne étaient présents au Terminal 2C dès 6h00 (04H00 GMT), pour accueillir à Paris la petite délégation en provenance de Ramallah, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Enveloppés de keffieh et de drapeaux de la Palestine, ils ont abondamment scandé « Free, Free Palestine » et « De Paris à Gaza, résistance, résistance ».

Jibril Rajoub, président de la Fédération palestinienne de football et du Comité olympique palestinien, des athlètes olympiques palestiniens et des membres de la délégation arrivent à l’aéroport Charles-de-Gaulle, au nord de Paris, le 25 juillet 2024. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)

Parmi les huit athlètes palestiniens concourant aux JO, seuls quelques-uns ont été qualifiés. Les autres ont bénéficié d’une invitation du Comité international olympique (CIO). Et pour la délégation, la course aux médailles n’est pas l’objectif premier.

Les Jeux olympiques de Paris, qui s’ouvrent vendredi soir, se dérouleront dans un contexte sécuritaire fort.

Malgré des appels à l’exclusion, émanant notamment du Comité olympique palestinien, les 88 athlètes israéliens sont arrivés à Paris et participeront aux compétitions, sous haute surveillance.

L’équipe masculine de football a joué son premier match mercredi soir, faisant match nul 1-1 avec le Mali.

Des huées ont été entendus pendant l’hymne national israélien au stade du Parc des Princes et des drapeaux palestiniens ont été brandis par une poignée de spectateurs, ce qui a donné lieu à des échanges houleux entre eux et les supporters israéliens.

« Le Comité olympique israélien a perdu les droits moraux, sportifs, humanitaires et légaux de participer, en encourageant et, pour certains, en participant à la guerre, au génocide et au nettoyage ethnique en cours à Gaza », a accusé le président du Comité olympique palestinien, Jibril Rajoub.

« D’un point de vue psychologique, humanitaire et moral, c’est impossible » que des athlètes palestiniens se retrouvent face à des Israéliens lors d’épreuves. « Nous sommes les victimes et ils sont les criminels », a asséné ce membre historique du Fatah, le parti du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

La guerre à Gaza a éclaté lorsque le Hamas a envoyé 3 000 terroristes armés en Israël, le 7 octobre, pour mener une attaque brutale au cours de laquelle ils ont tué près de 1 200 personnes. Les terroristes ont également pris en otage 251 personnes, pour la plupart des civils, et les ont emmenées à Gaza.

Israël a réagi en lançant une campagne militaire dont l’objectif vise à détruire le Hamas, à l’écarter du pouvoir à Gaza et à libérer les otages. Le bilan militaire israélien de l’offensive terrestre menée par Israël contre le Hamas à Gaza et des opérations militaires menées le long de la frontière avec la bande de Gaza s’élève à 327 morts.

Le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, affirme que plus de 39 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats jusqu’à présent. Ce bilan, qui ne peut être vérifié et qui ne fait pas la distinction entre terroristes et civils, inclut les quelque 15 000 terroristes qu’Israël affirme avoir tués au combat et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.

D’après le Comité olympique palestinien, 300 athlètes, employés et bénévoles du monde sportif sont morts dans la bande de Gaza. Les restrictions de voyage rendent difficiles, pour les athlètes, l’accès aux évènements sportifs internationaux ou la possibilité de s’entraîner à l’étranger.

L’armée israélienne n’a pas commenté directement les affirmations du Comité olympique palestinien. En réponse aux informations faisant état de victimes civiles dans la bande de Gaza, l’unité du porte-parole de Tsahal a déclaré que l’armée prenait « de nombreuses mesures d’avertissement avant ses actions afin d’éviter de blesser des personnes non impliquées » et que « chaque frappe israélienne est basée sur les indications des services de renseignement concernant l’existence d’une infrastructure terroriste ou la présence de terroristes dans la zone de l’attaque ».

Elle accuse également le Hamas d’utiliser « les citoyens de Gaza comme boucliers humains pour ses besoins de terreur, en violation totale du droit international ».

La Russie a été exclue des Jeux olympiques de Paris par le CIO pour avoir violé la charte olympique en annexant les organisations sportives ukrainiennes après l’invasion du Kremlin en 2022.

Dans le passé, le CIO a confirmé qu’Israël n’enfreignait aucunement la charte olympique et a souligné les relations entre les comités olympiques israélien et palestinien.

« Nous avons deux Comités nationaux olympiques, c’est la différence avec le monde politique, et à cet égard, les deux ont vécu dans une coexistence pacifique », a déclaré Thomas Bach, le président du CIO, mardi à Paris.

« Nous ne faisons pas de politique, nous sommes là pour accomplir notre mission, qui est de rassembler les athlètes », a-t-il ajouté.

Les supporters d’Israël et du Mali arborant leurs drapeaux lors du match du groupe D masculin pendant les Jeux olympiques d’été de 2024, au Parc des Princes, à Paris, le 24 juillet 2024. (Crédit : Comité olympique israélien)

Yazan Al Bawwab, nageur du 100 m dos, vêtu d’un bob Paris 2024 noir et du gilet blanc de la délégation strié de noir avec les motifs à carreaux du keffieh en filigrane a déclaré à l’AFP ne pas être là « pour les médailles mais pour atteindre le maximum de monde au sujet de la cause palestinienne. Je m’en fiche de l’argent. Si une médaille me permet d’attirer plus d’attention, c’est ce qui m’intéresse ».

« J’ai l’opportunité d’être entendu en tant que Palestinien alors que des milliers et des milliers sont traités de manière inhumaine et comme des numéros », a ajouté celui qui était présent à Tokyo 2020. « Il n’y a pas de pression sur nous. La pression est sur les Palestiniens en Palestine. »

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