Jonathan Pollard : « Israël a envoyé un homme pour me convaincre de me suicider »
L'ex-espion raconte à la radio de l'armée qu'un agent israélien lui a dit : "Pourquoi ne fais-tu pas ce qu'il faut, et nous te ramènerons au pays, où tu auras droit à un bel enterrement au mont Herzl"
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L’espion condamné Jonathan Pollard a déclaré dans une interview diffusée lundi qu’il y a plusieurs années, une personne « envoyée par le gouvernement israélien » lui avait conseillé de se suicider afin de « clore » son affaire, qui avait provoqué une grave rupture entre Israël et les États-Unis.
Dans cette interview diffusée sur la radio de l’armée, Pollard rapporte une conversation qu’il aurait eue avec un agent israélien entre sa libération d’une prison américaine en 2015 et son immigration en Israël en 2020.
« Il m’a dit : ‘Tu es un patriote, n’est-ce pas ? Tu aimes ton pays ?’ », raconte Pollard.
« Pourquoi ne ferais-tu pas simplement ce qu’il faut, et nous te ramènerons au pays, nous t’offrirons une belle sépulture au mont Herzl, afin que nous puissions clore cette affaire », aurait poursuivi l’Israélien, selon Pollard, en référence au principal cimetière militaire de Jérusalem.
« Je n’ai pas compris ce qu’il voulait dire », a déclaré Pollard.
Analyste du renseignement de la Marine américaine, Pollard a été arrêté en 1985, a plaidé coupable d’avoir transmis des milliers de documents américains cruciaux à Israël et a été condamné à la prison à vie.
Cet incident avait provoqué une crise majeure dans les relations entre Jérusalem et Washington.
Après sa libération en 2015, il a été retenu aux États-Unis en vertu des règles de libération conditionnelle jusqu’en 2020, date à laquelle le ministère américain de la Justice a levé les restrictions et lui a permis d’émigrer en Israël, pays qui lui avait accordé la citoyenneté en 1995.
Pollard avait alors été accueilli en héros par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dont il était devenu un fervent partisan, même s’il a commencé à émettre des critiques à son égard ces dernières années.
Dans son interview accordée à la radio de l’armée, Pollard a également déclaré s’opposer à toute présence militaire étrangère en Israël et considérer le Centre de coordination civilo-militaire (CMCC) de Kiryat Gat comme une « menace » pour la souveraineté d’Israël.
Créé sous l’égide des États-Unis, le CMCC a pour mission de coordonner l’aide humanitaire, logistique et de sécurité à Gaza, tout en supervisant la phase de stabilisation après-guerre. Il est installé dans les locaux d’une entreprise de logistique, dans une zone industrielle de Kiryat Gat, à environ 20 kilomètres de l’enclave. Il accueille des troupes venues des États-Unis, de Jordanie, du Royaume-Uni, d’Allemagne, du Danemark, du Canada, d’Australie, de France, d’Espagne et des Émirats arabes unis.
« Je ne veux voir aucun d’entre eux, quelle qu’en soit la raison », a-t-il déclaré à propos du personnel militaire étranger présent en Israël.
L’ancien espion a fait les gros titres de la presse internationale le mois dernier, lorsque le New York Times a révélé qu’il avait tenu une réunion secrète avec l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, à l’ambassade américaine, ce qui a suscité des interrogations au sein de la communauté du renseignement américain.
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