Kariv s’interroge sur l’expulsion « sélective » de Juifs US aidant à la récolte en Cisjordanie
Le président de la commission des Affaires de la diaspora de la Knesset a par ailleurs critiqué Itamar Ben Gvir pour avoir "illégalement" boycotté l'audience
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Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Lors d’une audience organisée lundi, le président de la commission de la Knesset chargée de l’alyah, de l’intégration et de la diaspora a accusé la police d’appliquer de façon « manifestement » sélective les ordres relatifs aux zones militaires d’exclusion en Cisjordanie, critiquant le ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir d’avoir ordonné à la police de ne pas envoyer de représentant à la commission afin de présenter des faits pertinents sur cette question.
Gilad Kariv, député Avoda dont le parti a intégré Les Démocrates, s’est également étonné que l’Autorité de la population et de l’immigration du ministère de l’Intérieur n’ait pas tenu compte du fait que deux femmes juives qui ont été récemment expulsées d’Israël pour avoir violé un ordre de zone militaire d’exclusion participaient en réalité à des programmes mis en place par des organisations sionistes et étaient membres de communautés juives de la diaspora.
Au cours de l’audience, l’avocat des deux femmes a, de plus, présenté à la commission un document de la police montrant que l’armée israélienne et les forces de l’ordre avaient automatiquement conclu que la présence de « militants de gauche » dans la zone constituait une « violation de l’ordre public », conduisant la police à envoyer des agents sur place.
Cette audience portait sur un incident survenu en octobre, au cours duquel Rachel Beth Flamholz et Leila Stillman-Utterback, deux femmes juives américaines qui se trouvaient en Israël dans le cadre d’un programme de l’organisation Achvat Amim, se sont portées volontaires, par l’intermédiaire du groupe Rabbis for Human Rights, pour aider des oléiculteurs palestiniens aux récoltes dans la ville de Burin, en Cisjordanie.
L’armée israélienne a mis en œuvre un ordre de zone militaire d’exclusion sur l’ensemble de la ville le jour même où devait se dérouler l’activité de bénévolat pour la récolte des olives. Flamholz et Stillman-Utterback faisaient partie d’un groupe de 11 militants arrêtés et expulsés pour être entrés, sans le savoir, selon elles, dans la zone militaire d’exclusion où la récolte des olives était prévue.
À l’issue d’une audience, les services d’immigration leur ont délivré un ordre d’expulsion, qui a été mis à exécution deux jours plus tard. Les deux militantes ne peuvent donc plus entrer en Israël sans demander une autorisation spéciale à la PIBA par l’intermédiaire de l’ambassade d’Israël aux États-Unis.
Les deux femmes ont fait appel de la décision d’expulsion.
Par ailleurs, dimanche, Ben Gvir, chef du parti d’extrême droite Otzma Yehudit, a fait savoir à Kariv qu’il avait interdit aux responsables de son bureau et aux policiers de participer aux audiences de la commission – passant outre l’obligation légale faite aux agences gouvernementales de se présenter aux audiences de la Knesset lorsqu’elles y sont convoquées.
« Ben Gvir est un criminel condamné. Je ne suis donc pas surpris qu’il ait ordonné à la police d’enfreindre la loi », a déclaré Kariv avec ironie au début de l’audience, faisant ainsi référence aux nombreuses condamnations pénales du ministre.
Des poursuites judiciaires seront engagées contre les instructions de Ben Gvir par l’intermédiaire du secrétariat de la Knesset, du conseiller juridique de la Knesset, ainsi que de la procureure générale, a-t-il ajouté.
La commission avait demandé à la police de présenter des données sur le nombre d’arrestations et de détentions recensées en 2025 à l’encontre de résidents des implantations de Cisjordanie pour violation des ordonnances de zone militaire d’exclusion, dans le but de mieux comprendre la pratique de l’armée israélienne consistant à imposer de telles ordonnances aux villes rurales palestiniennes pendant la saison de la récolte des olives, au vu des difficultés croissantes rencontrées par les oléiculteurs palestiniens pour récolter leurs produits.
« Je souhaitais savoir combien de citoyens israéliens du district de Judée-Samarie ont été détenus ou arrêtés l’an dernier et pendant la saison de la récolte des olives pour avoir pénétré dans une zone militaire d’exclusion. Il semble qu’il y ait [ici] une application sélective de la loi », a indiqué Kariv lors de l’audience.
Selon les critiques, cette mesure, qui est censée permettre à l’armée ou aux forces de l’ordre d’apaiser les tensions qui se créent lorsque des résidents d’implantations radicaux tentent d’empêcher les Palestiniens de récolter les olives, est en réalité utilisée pour empêcher les oléiculteurs et leurs aides d’accéder à leurs arbres, même lorsque ceux-ci ne se trouvent pas à proximité d’avant-postes ou d’implantations.
Michal Pomeranz, l’avocat de Flamholz et Stillman-Utterback, a attiré l’attention de la commission sur un document de la police en date du 29 octobre, le jour de l’incident, dans lequel un officier de l’armée israélienne de la brigade régionale de Samarie informait les forces de l’ordre de l’arrivée à Burin d’un « groupe de militants de gauche », qualifiant les faits de « trouble à l’ordre public » en l’absence de tout signalement en ce sens.
La description des bénévoles est frappante au vu des incidents similaires survenus pendant la saison de la récolte des olives, au cours de laquelle d’autres groupes non violents venus aider les oléiculteurs palestiniens ont également été arrêtés et expulsés pour avoir violé un ordre de zone militaire d’exclusion.
S’adressant aux représentants des services d’immigration présents à l’audience, Kariv a fait part de ses inquiétudes quant à l’expulsion des deux femmes par l’agence en dépit de leurs liens étroits avec la communauté juive et les organisations sionistes.
Le président de la commission, pour sa part, a reconnu que certains militants anti-israéliens « ne présentant aucun lien avec Israël ou la communauté juive » exploitent la facilité d’accès à l’État juif pour créer des situations problématiques en Cisjordanie.
« Il n’est cependant pas acceptable que ces personnes soient traitées de la même manière que les membres de la communauté juive venus ici dans le cadre d’une organisation sioniste, et qui ont grandi avec les valeurs sionistes », a souligné Kariv.
Le député a demandé aux responsables d’examiner la possibilité de traiter ces cas différemment, ainsi que d’évaluer la nécessité d’interdire aux Juifs de la diaspora de venir en Israël pendant de longues périodes, comme cela a été le cas pour Flamholz et Stillman-Utterback.
la Communauté du Times of Israël !







