Katz aurait rendu visite à un suspect détenu pour une attaque brutale contre un village de Cisjordanie
Le ministre de la Défense aurait rendu visite à Tal Yinon Dardik, qui fait une grève de la faim après avoir été arrêté pour une attaque survenue en mars, au cours de laquelle un Palestinien l'accuse de lui avoir attaché les parties génitales avec des attaches en plastique
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Le ministre de la Défense, Israel Katz, s’est entretenu vendredi pendant environ une heure avec un extrémiste juif présumé en grève de la faim dans sa cellule depuis sa détention, ont rapporté les médias israéliens.
Tal Yinon Dardik est soupçonné d’avoir participé à une agression brutale à Khirbet Humsa, un village palestinien de Cisjordanie, en mars dernier. Lui et d’autres résidents d’implantations extrémistes auraient déshabillé une victime palestinienne, attaché ses parties génitales avec des attaches en plastique et l’auraient exhibée à travers le village.
Dardik nie avoir pris part à cette affaire. Après avoir refusé une assignation à résidence administrative, il a été incarcéré dans une cellule où il jeûne depuis 20 jours, a rapporté le site d’information Ynet.
Au cours de cette rencontre, Katz lui a proposé de le placer en assignation à résidence chez un ami, mais Dardik a refusé, ont déclaré des proches de sa famille à la chaîne N12.
Dardik, qui vit dans un avant-poste agricole de la Zone B en Cisjordanie, placée sous administration civile palestinienne, aurait insisté pour y rester.
Des sources proches de Katz ont déclaré aux médias israéliens qu’il avait rendu visite au suspect pour s’assurer que sa vie n’était pas en danger. Il est très inhabituel qu’un ministre de la Défense rencontre une personne soupçonnée d’un crime de nature nationaliste.
Dans une déclaration citée par N12, la famille Dardik a insisté sur le fait que le suspect n’avait « aucun lien » avec ces violences, qu’il était « totalement innocent » et qu’il « se consacrait à l’exploitation de ses terres et à l’élevage de moutons ».
Cette arrestation a suscité des protestations parmi les résidents d’implantations de Cisjordanie, notamment de la part de la députée Limor Son Har-Melech (Otzma Yehudit), qui a exhorté Katz et le chef du Commandement du Centre de l’armée israélienne, le général de division Avi Bluth, à libérer Dardik.
Selon la police, les assaillants sont entrés à Khirbet Humsa avant l’aube le 13 mars, ont immobilisé les habitants et les ont violemment battus.
L’une des victimes, Qusai Abu al-Kebash, 29 ans, a déclaré au New York Times que les assaillants l’avaient déshabillé, lui avaient attaché les parties génitales à l’aide de liens en plastique et l’avaient exhibé dans tout le village.
En mars, la police avait déclaré que les émeutiers avaient également endommagé et volé les biens des villageois, notamment un grand nombre de moutons. Plusieurs habitants ont été blessés, dont quatre ont dû être soignés.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait affirmé en décembre 2025 que les résidents d’implantations violents ne comptaient pas plus de 70 jeunes, qui, selon lui, n’étaient même pas originaires de Cisjordanie. Au début du mois, il a revu ce chiffre à la hausse, évoquant 150 « délinquants juvéniles » qui, selon lui, auraient été « amenés en Cisjordanie ».
Cependant, des militants sur le terrain affirment que les auteurs de ces attaques sont des Israéliens qui ont établi un nombre record d’avant-postes illégaux en Cisjordanie au cours des trois dernières années. Le gouvernement Netanyahu a accordé un soutien financier et une protection importants à ces communautés sauvages, qui, selon les critiques, sont utilisées comme un moyen de déposséder les Palestiniens de leurs terres.
Israël est critiqué pour ne procéder qu’en de rares occasions à des arrestations en cas de violences commises par des résidents d’implantations ; les mises en examen et les condamnations sont encore plus rares.
Selon les chiffres de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet publiés en début d’année, trois fois plus de Palestiniens que de Juifs ont été victimes d’attaques terroristes en Cisjordanie.
Tsahal a recensé 867 cas de crimes à caractère nationaliste et de violences commis par des résidents d’implantations en 2025. Le total pour 2024 s’élevait à 682 cas.
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