Katz répond à Lapid qui a jugé inutiles les critiques publiques contre la Turquie
Le chef de l'opposition a estimé que les messages faisant suite à l’attaque auraient pu être transmis à Ankara en toute discrétion, mais que le gouvernement souhaitait marquer des points
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Dimanche, le ministre de la Défense, Israel Katz, a défendu les échanges publics entre le gouvernement et le président turc Recep Tayyip Erdoğan, après que le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a critiqué la décision de réprimander Ankara, la qualifiant de manœuvre préélectorale.
S’exprimant sur la radio Kan, Lapid a déclaré que les dirigeants avaient eu raison d’ordonner des frappes contre une base aérienne dans le nord de la Syrie, où Israël affirme que des troupes turques s’apprêtaient à s’implanter.
« Au Moyen-Orient, il est important de mener des attaques lorsque cela s’avère nécessaire, mais une fois que l’on a attaqué, il faut garder le silence », a-t-il ajouté.
« À quoi cela sert-il d’en faire une dispute publique, alors que les Turcs ont bien compris le message grâce à cette frappe ? »
Lapid a estimé que les messages faisant suite à l’attaque auraient pu être transmis à la Turquie en toute discrétion, mais a affirmé que le gouvernement souhaitait marquer des points politiques en critiquant bruyamment Ankara.
« Maintenant, comme c’est la période électorale, ils ne cessent d’en parler. À quoi cela sert-il ? », a-t-il demandé.
« Ça ne fait qu’envenimer la situation dans une zone où nous n’avons justement pas besoin de tensions. »
Sur le réseau social X, Katz, sans citer Lapid, a fustigé ceux qui le critiquaient, lui et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, pour s’être élevés contre Erdoğan et l’enracinement turc en Syrie.
« Il est interdit de mettre Erdoğan en colère », a-t-il écrit, imitant le ton de ses détracteurs.
« Comme si nous ne faisions qu’une simple promenade du soir, avec une légère brise soufflant à la cime des arbres, sans aucun lien avec quoi que ce soit, et qu’Erdoğan était en réalité un véritable amoureux de Sion. »
« Heureusement qu’ils n’ont aucune influence », a-t-il ajouté à propos de ses détracteurs.
Jérusalem et Ankara se sont vivement opposées ces derniers jours : la Turquie a encore émis un mandat d’arrêt pour « génocide » à l’encontre de Netanyahu, et le bureau du Premier ministre a réagi en affirmant qu’Erdoğan « cherche désormais à étendre son agression contre Israël à la Syrie » et en le qualifiant de « dictateur antisémite qui a massacré des Kurdes, abrite des terroristes du Hamas, occupe la moitié de Chypre et emprisonne un nombre record de journalistes et d’hommes politiques qui s’opposent à lui ».
Lapid reconnaît que la Turquie n’est pas une amie d’Israël, mais estime que la manière dont le gouvernement gère ses relations avec Ankara est « irresponsable ».
« La Turquie est un pays très problématique », a-t-il déclaré.
« [Mais] nous n’avons aucune politique à l’égard de la Turquie, à part des tweets. »
Les critiques de Lapid font suite aux propos tenus ce week-end par l’envoyé américain Tom Barrack, qui a déclaré dans une interview que la frappe israélienne aurait pu être une tentative d’Israël pour « appâter » la Turquie et l’entraîner dans un conflit avant les élections législatives.
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