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La coalition fait avancer des lois controversées alors que la guerre avec l’Iran fait rage

Des projets de loi qui affaibliraient le rôle de la procureure générale et qui réformeraient en profondeur le secteur des médias provoquent la colère de l'opposition

Illustration : Le député Hanoch Milwidsky présidant une réunion de la commission des Finances à la Knesset pendant la guerre contre la République islamique d'Iran et le Hezbollah, le 15 mars 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Illustration : Le député Hanoch Milwidsky présidant une réunion de la commission des Finances à la Knesset pendant la guerre contre la République islamique d'Iran et le Hezbollah, le 15 mars 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La journée de dimanche a marqué la reprise des débats parlementaires, après deux semaines d’interruption en raison de la guerre avec l’Iran. La coalition entend faire adopter cette semaine plusieurs projets de loi controversés, s’attirant ainsi de vives critiques de la part de l’opposition.

Les propositions de loi qui devraient réintégrer l’ordre du jour de la Knesset en temps de guerre concernent notamment la réforme du marché des médias, la division des fonctions de la procureure générale et la création d’une commission politique pour enquêter sur les défaillances du 7 octobre 2023.

L’opposition, pour sa part, a condamné cette décision de reprendre les travaux sur le programme législatif de la coalition alors que le pays est en guerre. Dans la soirée de samedi, le chef de l’opposition, Yair Lapid, a reproché au président de la Knesset, Amir Ohana, ainsi qu’à « tous les extrémistes » de la coalition, de ne pas tenir compte du fait qu’Israël est en guerre.

« Alors que le pays tout entier fait front commun, la coalition continue de promouvoir son programme extrémiste et de détourner des fonds à des fins politiques », a-t-il déclaré dans un communiqué.

À l’instar de Lapid, l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, principal rival du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour les prochaines élections, a qualifié la décision de reprendre l’examen de ces projets de loi de « coup de poing dans le ventre des combattants de l’armée israélienne et de la population en temps de guerre ».

Les députés du parti Les Démocrates de Yair Golan ont pour leur part adressé une lettre à la conseillère juridique de la Knesset, Sagit Afik, dans laquelle ils « demandent instamment la suspension des travaux parlementaires sans rapport avec la guerre ».

Le chef de l’opposition Yaïr Lapid lors d’une réunion de faction à la Knesset à Jérusalem, le 9 mars 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le fait d’organiser de tels débats dans le cadre des restrictions imposées en temps de guerre, qui limitent le nombre de visiteurs autorisés à la Knesset, aurait pour effet d’exclure des parties prenantes importantes des différentes discussions et constituerait « un vice juridique fondamental compromettant l’intégrité du processus législatif », ce qui serait « extrêmement abusif », ont affirmé les députés.

Ils ont exigé « l’annulation de toutes les discussions en commission prévues cette semaine à la Knesset sur les propositions législatives ne relevant pas de la catégorie des ‘impératifs de guerre’ ou du budget de l’État ».

Tous les débats et votes à la Knesset ont été suspendus après le déclenchement des hostilités, le 28 février, alors que l’opposition apportait son soutien à la guerre. L’activité parlementaire — limitée aux débats sur des textes législatifs liés à la guerre, aux questions budgétaires et aux nécessaires réunions de la commission des Affaires étrangères et de la Défense — n’a repris que plusieurs jours plus tard.

Jeudi, toutefois, le bureau du président de la Knesset, Amir Ohana, a fait part de son intention d’intensifier l’activité à la Knesset, ouvrant ainsi la voie à la reprise des débats sur des projets de loi controversés.

Avant l’annonce d’Ohana, le gouvernement avait semblé faire des efforts pour rayer de l’ordre du jour certains projets de loi litigieux. Netanyahu et le ministre des Finances Bezalel Smotrich avaient en effet indiqué qu’ils mettraient en suspens plusieurs réformes économiques impopulaires, ainsi qu’un projet de loi polémique visant à exempter les étudiants en yeshiva du service militaire.

Le président de la Knesset, Amir Ohana, lors d’une séance plénière qui s’est tenue dans une zone sécurisée de la Knesset à Jérusalem, le 11 mars 2026 (Crédit : Oren Ben Hakoon/FLASH90)

Mais en dépit des appels lancés par les deux camps à mettre de côté toute politique partisane pendant la durée du conflit, le gouvernement s’est employé, dès les premiers jours de la guerre, à défendre des intérêts sectoriels. L’opposition l’a alors accusé de poursuivre un programme partisan en temps de guerre, alors qu’elle-même se ralliait à l’effort de guerre et « mettait la politique de côté ».

L’une des principales sources de discorde depuis le début du conflit avec l’Iran a été la décision prise mardi dernier par le gouvernement d’approuver, dans le budget de l’État pour 2026, plus de 5 milliards de shekels de fonds discrétionnaires de la coalition destinés aux institutions haredim, aux implantations de Cisjordanie et à d’autres priorités du parti.

Les fonds de la coalition sont des sommes allouées lors du processus de planification budgétaire, sur la base d’accords conclus entre les partis lors des négociations de coalition sur la formation du gouvernement.

Les efforts de la coalition pour faire adopter une législation prolongeant une mesure temporaire qui a ajouté la Quatorzième chaîne, favorable au gouvernement, à Idan Plus, la plateforme de diffusion gratuite, ainsi que les critiques de l’opposition concernant le transfert à Netanyahu de pouvoirs supplémentaires provenant du poste actuellement vacant de ministre de l’Intérieur, n’ont pas non plus échappé à la polarisation partisane.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre des Finances Bezalel Smotrich délivrant une déclaration conjointe depuis Jérusalem, le 10 mars 2026. (Crédit : Capture d’écran/Bureau de la presse gouvernementale)

« Alors que le nombre de personnes ayant besoin d’aide augmente, il n’y a pas de ministre des Affaires sociales. Alors que les hôpitaux se préparent à faire face à des situations difficiles, il n’y a pas de ministre de la Santé. J’appelle le Premier ministre à mettre fin à cette absurdité, et à nommer à la tête des ministères des hommes et des femmes qui travailleront sans relâche », a lancé lundi dernier Benny Gantz, président du parti HaMahane HaMamlahti-Kakhol lavan.

Le poste de ministre de l’Intérieur est actuellement vacant. Les ministères de la Santé et des Affaires sociales sont pour l’instant dirigés par le ministre du Tourisme, Haim Katz. Des experts ont fait valoir que l’absence de ministres dédiés à plein temps a considérablement nui à la capacité du gouvernement à servir les intérêts des citoyens du pays.

Les désaccords au cœur du programme de refonte judiciaire du gouvernement ont également refait surface. Le ministre du Patrimoine, Amichaï Eliyahu, a publiquement attaqué la procureure générale Gali Baharav-Miara qui, pour sa part, avait demandé à la Haute Cour de justice d’approuver les requêtes visant à démettre de ses fonctions le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir.

La semaine dernière, les tensions se sont intensifiées : lundi, le ministre des Communications Shlomo Karhi a accusé le parti de Lapid, Yesh Atid, de collaborer avec des partisans du terrorisme dans le but de faire tomber le gouvernement, après que deux députés de ce parti ont voté en faveur d’une motion de censure contre le gouvernement soutenue par les partis arabes.

Le ministre des Communications, Shlomo Karhi, s’adresse à la Knesset, le 9 février 2026. (Crédit : Noam Moskowitz, Bureau du porte-parole de la Knesset)

À l’issue du vote, un porte-parole du parti a expliqué au Times of Israel que ces deux députés avaient soutenu la motion « par erreur », insistant sur le fait que « la position du parti est de ne pas voter en faveur des motions de censure tant que durera le conflit avec l’Iran ».

Lors d’une allocution publique, mercredi dernier, Lapid s’est montré encore plus critique, remettant en question la capacité de Netanyahu à gérer efficacement la guerre et ses répercussions.

« La guerre ne doit pas se terminer par le remplacement d’un Khamenei par un autre. Les installations nucléaires n’ont par ailleurs pas été complètement détruites », a-t-il fait remarquer.

« Cette guerre ne peut pas se terminer par une nouvelle promesse du Premier ministre selon laquelle il aurait ‘définitivement éliminé toutes les menaces’, comme il nous l’avait promis en juin dernier – sans que cela ne se réalise –, ni par une ‘victoire totale’ comme on nous l’avait juré à Gaza – sans que cela ne se réalise non plus. »

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