La commémoration israélo-palestinienne de Yom HaZikaron s’est déroulée en secret face aux menaces
Le lieu de la cérémonie à Jaffa n'a pas été divulgué pour des raisons de sécurité ; une autre cérémonie a eu lieu à Jéricho ; des familles endeuillées ont partagé leurs témoignages
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

La 21ᵉ cérémonie israélo-palestinienne de Yom HaZikaron s’est déroulée lundi à Jaffa, parallèlement aux cérémonies officielles organisées par l’État hébreu. Toutefois, son lieu a dû rester secret en raison de menaces d’extrême-droite visant à perturber l’événement diffusé dans une cinquantaine de villes à travers le monde, dont Paris.
Menée en hébreu et en arabe, la cérémonie a réuni des Israéliens et des Palestiniens ayant perdu des proches dans les conflits, notamment lors du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, de la guerre à Gaza et des violences commises par des résidents d’implantations extrémistes en Cisjordanie.
Le lieu exact de la cérémonie à Jaffa n’a pas été divulgué publiquement à l’avance aux participants pour des raisons de sécurité, en particulier après qu’une foule d’extrême droite a, l’an dernier, attaqué une synagogue à Raanana qui diffusait l’événement. La foule avait lancé des pierres, crié des slogans racistes et craché sur les participants, ce qui avait contraint la police à évacuer les lieux.
L’organisation de gauche Standing Together, qui a organisé les projections de l’événement, a déclaré lundi dans un communiqué avoir reçu des menaces de perturbation de la part de « groupes extrémistes » et avoir « appelé la police à assurer la sécurité des participants ».
« Nous ne céderons pas aux menaces. L’accueil massif réservé aux projections prouve qu’il y a de l’espoir. Des milliers de personnes veulent la paix et une vie commune, et rejettent davantage de guerres, davantage de haine et davantage de deuils », a déclaré Irit Lebanon, de Standing Together.
Cette cérémonie a lieu chaque année depuis vingt ans. Elle est organisée par l’ONG de gauche Combatants for Peace et par le Parents Circle – Families Forum (PCFF), une organisation de coexistence qui regroupe des Israéliens et des Palestiniens ayant perdu des proches dans le conflit.
Des Palestiniens ont participé à une cérémonie parallèle dans la ville de Jéricho, en Cisjordanie, car les autorités israéliennes leur avaient refusé des permis d’entrée pour se rendre à Jaffa.
Parmi les intervenants figurait Liora Eilon, une survivante du 7-Octobre de Kfar Aza, dont le fils, Tal, commandait l’équipe d’intervention d’urgence du kibboutz.
« Je suis ici aujourd’hui parce que c’est un lieu d’espoir. C’est un lieu qui me donne la force de croire qu’un jour, nous dialoguerons et que tout cela prendra fin », a-t-elle déclaré.
Dans un entretien accordé l’an dernier au Times of Israel, Eilon avait expliqué son choix.
« J’ai été une militante pacifiste pendant de nombreuses années jusqu’au 7 octobre. Après le 7 octobre, le monde autour de moi a changé, mais cela ne signifie pas que je doive le laisser changer qui je suis. Je sais qui je suis. Nous avons essayé les guerres trop souvent et cela n’a pas fonctionné. Je crois fermement au slogan du forum : ‘Ça ne finira pas tant qu’on ne parlera pas’ ».
Dans une vidéo pré-enregistrée, Kholoud Hushiah, originaire de Jénine, a évoqué la perte de son fils, Mohammed, tué par des tirs de l’armée israélienne en 2023, ce qui l’a poussée à rejoindre le PCFF.
« Malgré toute cette douleur, je me tiens ici aujourd’hui pour dire que nous avons choisi la voie de la paix, malgré toutes ces pertes, car nous croyons que le sang n’engendre que plus de sang et que la mort et le deuil ne nous permettront jamais, ni à nous ni à nos enfants, de vivre en paix », a déclaré Hushiah.
Nahil Jamil Hanouna, une photographe de Gaza qui a perdu ses frères et sœurs ainsi que sa famille élargie lors de la guerre contre le Hamas, a déclaré dans une vidéo pré-enregistrée : « Nous, les Palestiniens, sommes des êtres humains comme tout le monde. Nous voulons vivre librement et en paix. Nous avons été créés pour construire ce monde, pas pour le détruire. »
Un groupe de manifestants d’extrême-droite a tenté de perturber l’événement ; des images les montrent en train de crier dans des mégaphones, tandis que plusieurs d’entre eux tentaient d’entrer. Ils ont toutefois été bloqués par des bénévoles chargés de la sécurité et par la police. Parmi les manifestants se trouvaient l’activiste anti-migrants Shefi Paz et Mordechaï David, qui a harcelé à maintes reprises des détracteurs du gouvernement et reçu le soutien du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.
Selon le site d’information Ynet, les manifestants ont crié aux participants « Ta mère est une pute » et ont scandé des slogans appelant à la mort des Arabes et des « gauchistes », tout en diffusant de la musique à plein volume, peu après que les sirènes ont retenti dans tout le pays pour marquer le début de Yom HaZikaron.
משתתפים בהקרנת טקס יום הזיכרון הישראלי-פלסטיני בדרום תל אביב מדווחים כי פעילי הימין מרדכי דוד, רמי בן יהודה ופעילים נוספים התפרצו למקום@AnnaPines_ pic.twitter.com/TQaB9bFqGJ
— כאן חדשות (@kann_news) April 20, 2026
Par ailleurs, une mère et ses quatre enfants ont été arrêtés dans la ville mixte de Lod, dans le centre du pays, pour avoir interrompu une cérémonie de commémoration à grands cris, a rapporté Ynet.
La police a indiqué avoir également arrêté deux extrémistes ultra-orthodoxes qui auraient été vus en train d’arracher des drapeaux d’Israël dans la ville de Beit Shemesh à la veille de Yom HaZikaron.
« Il s’agit d’un acte odieux et honteux », a déclaré la police dans un communiqué.
Les suspects ont été transférés pour être interrogés, après quoi une décision sera prise quant à l’opportunité de demander la prolongation de leur détention provisoire.
la Communauté du Times of Israël !







