La Cour autorise 1 000 participants à manifester à Tel Aviv et 150 à Haïfa ce samedi
Compte tenu du cessez-le-feu et "en l'absence d'alerte concrète", les manifestations anti-gouvernement peuvent avoir lieu ; la police n'est pas tenue de les disperser même si la jauge est dépassée
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Vendredi, la Haute Cour de justice a rendu un arrêt stipulant « qu’en l’absence d’un avertissement concret » de la part des autorités, les manifestations anti-gouvernement prévues samedi soir doivent être autorisées, compte tenu du cessez-le-feu actuel avec l’Iran. Le nombre de participants autorisés a ainsi été porté de 600 à 1 000 sur la Place Habima, à Tel Aviv, et de 150 au centre Horev, à Haïfa.
La Cour a rendu cet arrêt en réponse à des recours déposés par des groupes de manifestants anti-gouvernement contre les restrictions qui ont été imposées par la police et par le Commandement du Front intérieur aux rassemblements à Tel Aviv et dans d’autres villes d’Israël. Ces restrictions avaient été strictement appliquées pendant la récente guerre.
Samedi dernier, la Cour avait rendu une ordonnance provisoire obligeant la police à autoriser jusqu’à 600 manifestants à Tel Aviv, quelques heures seulement avant le début du rassemblement. La police avait toutefois déclaré que ce dernier avait rapidement dépassé cette limite et elle avait qualifié la manifestation d’illégale, dispersant la foule et procédant à 17 arrestations.
Cette semaine, la Cour a souligné que même si les manifestations dépassaient les quotas autorisés, cela ne donnait pas nécessairement à la police le droit de les disperser, notant que le théâtre Habima est situé juste au-dessus d’un grand abri antiatomique pouvant accueillir des milliers de personnes.
La décision, rendue par le président de la Cour suprême Isaac Amit et les juges Yechiel Kasher et Ruth Ronen, a également noté que les représentants de l’État avaient déclaré à la Cour que l’État n’avait pas encore formulé de politique permettant de concilier « les considérations de sécurité et le droit fondamental de manifester ».
« Compte tenu de ce fait et compte-tenu des précisions fournies par les représentants du Commandement du Front intérieur en réponse aux questions du panel lors de la discussion », a déclaré la Cour dans son arrêt, « nous ordonnons qu’en l’absence d’un avertissement concret, une manifestation soit autorisée dans le centre de Horev avec au moins 150 participants, et sur la Place Habima avec un nombre d’au moins celui approuvé par le Commandement du Front intérieur pour la tenue de rassemblements dans cette zone à la date de la manifestation », a déclaré la Cour dans son arrêt.
Le Commandement du Front intérieur a récemment modifié ses directives, après la conclusion du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, mercredi, levant les restrictions concernant les écoles et les lieux de travail, et autorisant les rassemblements de mille personnes au maximum dans certaines zones. Des restrictions plus strictes s’appliquent toutefois toujours dans une grande partie du nord d’Israël, y compris à Haïfa, car le conflit avec le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah se poursuit.
« Il faut tenir compte du fait que la place Habima se trouve à proximité d’un espace protégé pouvant accueillir une foule importante », ont ajouté les juges, précisant que « tout dépassement de ces chiffres est laissé à la discrétion du commandant de police de la zone, qui évaluera le risque pour les manifestants et l’ordre public, tout en accordant l’importance nécessaire à toutes les considérations pertinentes, sans pour autant signifier la dispersion de la manifestation. »
La Cour a ordonné à l’État de présenter sa réponse aux recours avant le 26 avril.
À la suite de l’ordonnance provisoire rendue par la Cour la semaine dernière, plusieurs hauts responsables gouvernementaux, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avaient critiqué la Cour pour avoir autorisé les « manifestations de gauche » mais pas les offices religieux au mur Occidental ou dans d’autres lieux de culte importants.
Le ministre de la Justice Yariv Levin était allé encore plus loin, appelant le gouvernement à ignorer la Cour et à appliquer les restrictions malgré tout. Les chefs religieux s’étaient également joints à la controverse, le Grand Rabbin séfarade David Yosef qualifiant la Cour « d’ennemie du judaïsme », principalement parce qu’elle avait rendu sa décision pendant Shabbat.
Quelques jours plus tard, la Cour a répondu à un recours déposé par les partis orthodoxes de la Knesset, autorisant des prières limitées au mur Occidental et sur le mont du Temple, bien que les nouvelles directives du Commandement du Front intérieur aient depuis permis l’ouverture de ces sites sans restrictions.
la Communauté du Times of Israël !







