Les lieux saints de la Vieille Ville de Jérusalem rouvrent après plus d’un mois
Les musulmans se pressent aux portes d'Al-Aqsa dès l'aube ; des visiteurs juifs se sont rendus sur le mont du Temple ; la police se prépare pour la cérémonie du Feu sacré
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Jeudi, avant l’aube, des milliers de fidèles musulmans ont afflué vers la mosquée Al-Aqsa, située sur le mont du Temple. Il s’agissait de la première prière publique organisée sur place depuis plus d’un mois, en raison de la guerre contre la République islamique d’Iran.
Cette prière a eu lieu à la suite de la décision de la police de rouvrir tous les lieux saints de la Vieille Ville de Jérusalem aux rassemblements publics, dans le cadre du cessez-le-feu de deux semaines entré en vigueur dans la nuit de mardi à mercredi.
La police a annoncé cette mesure peu après l’assouplissement des consignes de sécurité en temps de guerre par le Commandement du Front intérieur, qui autorise désormais les rassemblements publics à Jérusalem sans restriction.
Des centaines de policiers ont été déployés dans la Vieille Ville, les forces de l’ordre s’attendant à une affluence importante. Une foule nombreuse et enthousiaste a en effet été vue affluer par l’une des grandes portes du complexe d’Al-Aqsa, après l’ouverture des portes par les employés.
On a vu certains fidèles distribuer des dattes et du café dans la mosquée, célébrant la réouverture du site.
Des échauffourées ont éclaté entre certains fidèles et la police, entraînant l’arrestation temporaire d’une Arabe israélienne, selon le centre d’information Wadi Hilweh, un site d’information arabe basé à Jérusalem.
دخول المقدسيين للمسجد الأقصى بعد فتح أبوابه التي أغلقها الاحتلال 40 يوما متواصلا.
لكن ذلك لا يعني أن عدوان الاحتلال قد انتهى، إذ ليس من حق الاحتلال أساسا أن يغلق المسجد لأي سبب كان، وتذرعه بالأوضاع الأمنية وصفة شيطانية يستغلها لفرض هيمنته الكاملة على المسجد المبارك، ثم تكريس… pic.twitter.com/YwOPtmsrwy— يونس أبو جراد (@YunusAbujarad) April 8, 2026
Plus tard dans la matinée, des visiteurs juifs se sont également rendus sur le mont du Temple et ont été vus en train de se prosterner près du mur oriental de ce site sensible. Un autre groupe a été filmé en train de chanter juste en face du Dôme du Rocher.
Ceci, malgré l’interdiction officielle de prier pour les non-musulmans sur le site, prévue par l’accord informel du « statu quo » entre Israël et le Waqf islamique de Jérusalem soutenu par la Jordanie, qui gère le complexe.
Cette interdiction s’est toutefois assouplie ces dernières années, la police autorisant régulièrement la prière juive publique dans des zones plus éloignées du Dôme du Rocher.
Avec la réouverture du mont du Temple, les visiteurs juifs ont pu y monter le matin de 6 h 30 à 11 h 30, et l’après-midi de 13 h 30 à 15 h, soit des horaires légèrement plus longs qu’avant le début du ramadan cette année.
וכעת – הר הבית נפתח שוב ליהודים אחרי 40 יום בהם היה סגור בעקבות המלחמה@GLZRadio https://t.co/4XWtnGXffg pic.twitter.com/95y8nNsWcC
— נועם נקש || Noam Nakash (@nakash_noam) April 9, 2026
En février, sous la pression des militants, la police a prolongé d’une heure les horaires de visite des Juifs le matin, en guise de « compensation » pour la fermeture du site l’après-midi pendant le ramadan, passant ainsi de 7 h à 11 h à 6 h 30 à 11 h 30. Cette mesure avait suscité le mécontentement de nombreux musulmans et provoqué la condamnation de l’Autorité palestinienne (AP), qui avait affirmé qu’elle se transformerait en politique permanente de la police, même après la fin du ramadan.
Jeudi, il semblait que cette mesure était toujours en vigueur, malgré le rétablissement des visites de l’après-midi pour les groupes juifs.
Selon l’organisation Beyadenu, vouée à consolider la présence juive sur le mont du Temple, un homme a été interpellé par la police, soupçonné d’avoir tenté d’y réciter le Kaddish – la prière de deuil.
Alors que les foules revenaient en masse dans la Vieille Ville, la police a commencé à se préparer pour la cérémonie du Feu sacré, prévue samedi – un événement annuel célébré par les chrétiens orthodoxes la veille de Pâques, qui attire souvent des foules immenses à l’église du Saint-Sépulcre.
Le culte en temps de guerre
Pendant les hostilités en Iran, la Vieille Ville a été au cœur d’une controverse entre Juifs, musulmans et chrétiens, soulevant des questions sur la liberté de culte en temps de guerre.
En début de semaine, avant l’annonce du cessez-le-feu, des chefs religieux juifs ont déposé un recours devant la Haute Cour de justice pour demander l’assouplissement des restrictions concernant les rassemblements publics au mur Occidental et sur le mont du Temple.
Les juges avaient alors augmenté le nombre de personnes autorisées à se rendre sur ces sites, le passant de 50 à 100.
Le mois dernier, la police a suscité un tollé international en empêchant le patriarche latin d’entrer dans l’église du Saint-Sépulcre le Dimanche des Rameaux. La police a ensuite conclu un accord avec le patriarcat latin autorisant des prières chrétiennes limitées sur le site.
Au cours de la seconde moitié du ramadan, les forces de l’ordre ont fermé la mosquée Al-Aqsa en raison de la guerre, ce qui a conduit les musulmans à prier en masse à l’extérieur des murs de la Vieille Ville les vendredis matins. La police a dispersé plusieurs de ces rassemblements, invoquant les règlements du Commandement du Front intérieur.
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