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La Cour rejette le recours de Nahal Oz ; les habitants doivent rentrer chez eux

Les juges ne peuvent pas intervenir dans la décision de mettre fin au financement des logements temporaires, bien qu'ils comprennent la "situation difficile" des habitants traumatisés

Des troupes de l’armée israélienne progressant dans le kibboutz Nahal Oz, près de la frontière avec Gaza, suite au pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre, le 20 octobre 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des troupes de l’armée israélienne progressant dans le kibboutz Nahal Oz, près de la frontière avec Gaza, suite au pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre, le 20 octobre 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La Haute Cour a rejeté mardi un recours déposé par les habitants du kibboutz Nahal Oz contre la décision du gouvernement de mettre fin au financement public des logements temporaires dans lesquels ils vivent depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.

Cette décision contraindra de facto les habitants de cette communauté frontalière avec Gaza à retourner dans leurs foyers, ce que beaucoup d’entre eux jugent encore dangereux tant que la guerre fait rage à Gaza, à quelques centaines de mètres seulement.

Dans le recours déposé au début du mois, les habitants ont fait valoir que le grondement de la guerre était clairement audible et que le danger permanent, notamment les tirs égarés qui atteignent parfois la communauté, affectait leur sentiment de sécurité et leur santé mentale, en raison du traumatisme subi lors de l’assaut barbare et sanglant de leur kibboutz.

Compte tenu de ces éléments, ils ont demandé au tribunal de suspendre temporairement la décision du gouvernement, le temps de déterminer si un financement serait prévu jusqu’à la fin de la guerre.

Environ 120 membres du kibboutz ont signé le recours, parmi lesquels plusieurs personnes dont des proches ont été tués ou enlevés par le Hamas.

Dans leur décision rendue mardi, les juges Daphne Barak-Erez, Ruth Ronen et Yechiel Kasher ont expliqué qu’ils rejetaient le recours car il s’agissait d’une « question politique claire » relevant de la compétence du gouvernement, et qu’il n’appartenait donc pas à la Cour d’intervenir.

Des soldats de l’armée israélienne montant la garde dans le kibboutz Nahal Oz, près de la frontière avec Gaza, dans le sud d’Israël, suite au pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre, le 20 octobre 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ils ont toutefois reconnu la réalité vécue par les habitants du kibboutz et les raisons qui les ont poussés à introduire ce recours.

« La situation des membres du kibboutz est vraiment difficile », peut-on lire dans la décision.

« Pour autant, on ne peut ignorer que d’autres localités et d’autres habitants de la bande de Gaza ont également vécu – et continuent de vivre – des difficultés similaires. »

« Mais en tant que juges siégeant devant un tribunal, nous ne sommes pas libres de décider comme bon nous semble. Nous devons déterminer, d’un point de vue juridique, s’il existe un fondement justifiant une intervention judiciaire dans les décisions qui ont été prises », ont-ils ajouté.

Le tribunal a relevé que, selon l’État, accepter le recours des habitants de Nahal Oz créerait une inégalité, car ils continueraient à recevoir des fonds publics pour un logement temporaire, alors que les habitants d’autres localités proches de Gaza, également touchés par la décision du gouvernement, n’en bénéficieraient pas.

Bien que le tribunal ait finalement décidé de rejeter le recours, Barak-Erez a déclaré que les discussions sur cette question avaient mis en lumière « certains changements qui pourraient aider le kibboutz Nahal Oz et ses habitants, voire d’autres habitants de la zone périphérique de Gaza, ne serait-ce que partiellement ».

Ces modifications, bien qu’elles ne soient pas exécutoires, pourraient être adoptées par le gouvernement s’il les jugeait appropriées.

L’une des modifications soulevées par la Cour et finalement adoptée par le gouvernement a été la décision de continuer à fournir une aide au logement en fonction des ressources à tout résident de « l’enveloppe de Gaza » – la région appelée en hébreu Otef Azza – qui choisit de continuer à résider ailleurs après la date de retour convenue.

Un tee-shirt à l’effigie d’Omri Miran, otage du Hamas, accroché au domicile familial, dans le kibboutz Nahal Oz, dans le sud d’Israël, le 9 avril 2025. (Crédit : Maya Alleruzzo/AP)

Barak-Erez espère que « tout sera mis en œuvre pour aider le kibboutz Nahal Oz et ses membres, dans leur intérêt et dans celui de tout le pays ».

« Les discussions sur le recours ne marquent pas la fin du chemin vers le retour. Ce n’est que le début », a-t-elle déclaré.

Le 7 octobre 2023, quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut la frontière, massacré plus de 1 200 personnes et enlevé 251 otages à Gaza. Une enquête de Tsahal sur l’attaque contre le kibboutz Nahal Oz a révélé que 180 terroristes environ avaient pénétré dans la communauté, tué quatorze de ses habitants et en avaient enlevé sept.

L’une des requérantes est Lishay Miran Lavi, l’épouse d’Omri Miran, qui est toujours détenu à Gaza.

Elle a écrit dans le recours qu’il n’était pas possible « de mener une vie normale à 800 mètres de la frontière avec Gaza, alors qu’Omri et 49 autres otages croupissent et souffrent dans les tunnels du Hamas, avec le bruit des explosions qui secoue toutes les maisons de la communauté ».

« Chaque matin, ils [le gouvernement] nous expliquent à nouveau que la guerre n’est pas terminée et que nous ne reviendrons pas à la normale. Cela devrait donc également être le cas pour nos maisons, situées près de Gaza », a-t-elle écrit.

Immédiatement après l’invasion du Hamas, l’État a évacué 46 communautés rurales ainsi que la ville de Sderot, situées dans la zone d’Otef Azza.

Fin mai 2025, l’Administration Tekuma, chargée de superviser la réhabilitation de la zone frontalière avec Gaza, a déclaré que 92 % de la population était rentrée.

Sue Surkes a contribué à cet article.

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