La dépouille de Meny Godard, 73 ans, otage assassiné, restituée depuis Gaza
Ancien footballeur, vétéran de guerre, économiste et sauveteur, Godard a été assassiné avec sa femme Ayelet le 7 octobre au kibboutz Beeri, avant que son corps ne soit enlevé
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

La dépouille de l’otage assassiné Meny Godard a été restituée à Israël par le groupe terroriste palestinien du Hamas, ont annoncé les autorités jeudi soir. Les experts médico-légaux avaient auparavant confirmé l’identification des restes remis par le groupe terroriste, et l’armée avait informé la famille Godard.
Godard, 73 ans, a été assassiné par des terroristes du Jihad islamique palestinien au kibboutz Beeri le 7 octobre 2023, ainsi que sa femme Ayelet, 63 ans. La dépouille de Meny avait été enlevée et emmenée à Gaza par ce groupe terroriste allié au Hamas. Le couple laisse derrière lui quatre enfants, Mor, Gal, Bar et Goni, sept petits-enfants et plusieurs frères et sœurs.
La Croix-Rouge a transporté la dépouille de Godard depuis les mains du groupe terroriste pour la remettre à des soldats de Tsahal à l’intérieur de la bande de Gaza. Une brève cérémonie, conduite par un rabbin militaire, s’est tenue sur place, a indiqué l’armée. Le cercueil a ensuite été escorté par la police jusqu’à l’institut médico-légal Abu Kabir à Tel Aviv pour identification.
Une foule de personnes agitant des drapeaux israéliens et jaunes s’est massée le long des routes pour rendre hommage au convoi funéraire.
En mars, des troupes de Tsahal avaient trouvé des objets appartenant à Godard dans un poste du Jihad islamique à Rafah, dans le sud de Gaza. Ces effets personnels avaient été rapatriés et identifies comme appartenant à Godard, mais sa dépouille est restée aux mains du groupe terroriste à Gaza.
Dans un communiqué conjoint, le Hamas et le Jihad islamique ont affirmé que le corps avait été localisé jeudi matin à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Des images diffusées plus tôt par Al Jazeera montraient des engins de chantier fouillant les décombres, puis des terroristes armés et masqués déterrant une bâche en plastique blanche contenant apparemment le corps.
Les dépouilles de trois otages assassinés restent toujours détenues à Gaza : deux Israéliens et un ressortissant thaïlandais – le sergent-chef Ran Gvili, Dror Or et Sudthisak Rinthalak.
« Le gouvernement israélien partage la profonde tristesse de la famille Godard et de toutes les familles d’otages disparus », a indiqué le bureau du Premier ministre dans un communiqué.
Le bureau du Premier ministre a ajouté qu’Israël était « déterminé, engagé et travaillait sans relâche » pour rapatrier les trois otages restants afin qu’ils puissent recevoir une sépulture, et a rappelé que le Hamas est « tenu de respecter ses engagements envers les médiateurs et de les restituer dans le cadre de l’accord ».
ארונו של החטוף החלל חצה את הגבול מרצועת עזה לשטח ישראל, ונמצא בדרכו לזיהוי במכון לרפואה משפטיתhttps://t.co/qdpwSRANQH
@Itsik_zuarets pic.twitter.com/D5V6RntF6V— כאן חדשות (@kann_news) November 13, 2025
Ancien footballeur professionnel, combattant de la guerre du Yom Kippour, économiste en chef du kibboutz, sauveteur
Le 7 octobre, lors du pogrom, Ayelet Godard a appelé l’un de leurs enfants en criant que Meny avait été tué et qu’elle se cachait dans les buissons pour échapper aux terroristes. Le couple avait tenté d’échapper aux terroristes du Hamas en se réfugiant dans le mamad de leur maison, mais avait dû le quitter lorsque celle-ci a été incendiée. Meny a été assassiné par des terroristes qui attendaient à l’extérieur. Ayelet n’a plus donné signe de vie et son corps a été retrouvé quelque temps plus tard.
Les funérailles ont eu lieu le 29 octobre 2023 à Palmahim. Le 8 février 2024, le kibboutz Beeri a confirmé que le corps de Meny avait été emmené à Gaza.
Une éloge publiée par le kibboutz rend hommage à Ayelet, éducatrice de longue date, « une enseignante exceptionnelle, comme on en trouvait autrefois », qui « apportait la nature dans la classe et emmenait les enfants apprendre dehors », et qui a façonné de nombreux jeunes qui ont grandi dans le kibboutz et ses environs. Elle était une « mère incroyable et une grand-mère vénérée », qui « croyait de tout son cœur au kibboutz et à ses membres, et participait activement à la vie du kibboutz ».
Meny, comme l’a souligné le kibboutz dans son éloge funèbre, « aimait le sport, l’océan et les gens ». Il a été footballeur professionnel dans les années 1970 avant de s’engager dans l’armée et de combattre pendant la guerre du Yom Kippour. Au kibboutz, il a occupé divers postes, notamment à l’imprimerie, au magasin local du kibboutz, en tant qu’économiste en chef et comme maître-nageur.
Leur fils Goni a écrit sur Facebook, après leur décès, qu’ils étaient « des personnes au cœur d’or… Tout le monde voulait vous dire merci — merci pour toutes ces années où vous nous avez serrés dans vos bras et aimés. Merci pour votre soutien et votre aide sans fin. Merci pour tout ce que nous avons vécus grâce à vous ».
« Vous étiez des personnes qui illuminaient et irradiaient la vie de ceux qui vous entouraient, merci pour tout », a-t-il ajouté. « Vous serez toujours, toujours, quoi qu’il arrive, une part inséparable de nous. »
L’une de leurs filles, Mor Godard, a écrit sur Facebook qu’elle avait du mal à trouver les mots pour leur éloge funèbre et a déploré de ne plus pouvoir les appeler pour leur demander de l’aide.
« Maintenant, il n’y a plus personne à qui demander, plus personne pour éclairer notre route, plus aucune solution », a-t-elle écrit. « Il ne reste qu’une obscurité opaque, la peur et le manque. »
Mor a décrit son père comme « l’ancre de notre vie, celui sur qui l’on pouvait toujours compter. Celui qui venait nous chercher au milieu de la nuit après nos fêtes de jeunes, qui nous envoyait de l’argent en Inde quand nous dépensions trop, et qui était toujours le premier dans chaque classe de maternelle lorsque ses petits-enfants fêtaient leur anniversaire ».
Sa mère, écrit-elle, « était toujours la première personne que j’appelais le matin et la dernière à la fin de la journée — vingt fois par jour, j’ai envie de t’appeler et je ne peux plus. Tu étais tout pour moi, celle à qui je demandais toujours conseil, pour tout, des plus petites choses aux plus importantes … Tu m’écoutais toujours, tu me réconfortais, tu me défendais et tu m’apportais aussi des solutions ».
Mor écrit encore être « sûre que s’il existe un endroit là-haut, vous êtes assis ensemble, vous riez, vous parlez, vous évoquez des souvenirs, et vous êtes fiers que nous ayons tous survécu. Vous vous êtes sacrifiés pour que nous puissions sortir vivants de cette horreur. Maman et papa, je veux que vous sachiez que nous sommes forts, que nous sommes ensemble, que nous prenons soin les uns des autres, que nous nous soutenons, que nous nous serrons les coudes, que nous sommes là les uns pour les autres sans limite, comme vous nous l’avez appris, comme vous nous avez élevés. »
48 otages étaient encore aux mains du Hamas à Gaza, au début de la trêve, dont 20 vivants et 28 morts. Selon les termes du cessez-le-feu, il était tenu de tous les restituer dans les 72 heures.
Les terroristes ont depuis libéré tous les captifs survivants, mais Israël accuse le Hamas de traîner les pieds concernant la restitution des dépouilles restantes.
Dans le cadre de l’accord, Israël a restitué les corps de quinze Palestiniens pour chaque otage israélien décédé rendu par le Hamas.
La précédente restitution de dépouilles d’otages a eu lieu dimanche, lorsque le corps du lieutenant Hadar Goldin, tué et enlevé par le Hamas pendant la guerre de Gaza en 2014, a été rendu à Israël après plus de onze ans de captivité.
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