L’armée va mettre en œuvre le plan de désarmement du Hezbollah – gouvernement libanais
La réunion du gouvernement s'est tenue au moment où des bombardements israéliens se sont intensifiées ces deux derniers jours, faisant au moins cinq morts, selon Beyrouth
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Les forces armées libanaises (LAF) vont entamer l’application de leur plan pour désarmer le groupe terroriste chiite libanais Hezbollah, créé et soutenu par la République islamique d’Iran, a indiqué Paul Morcos, le ministre de l’Information, à l’issue d’une réunion du gouvernement consacrée à cette épineuse question qui divise le pays.
En août, sous la forte pression des États-Unis et dans la crainte d’une intensification des bombardements israéliens au Liban, le gouvernement de Nawaf Salam a ordonné à l’armée d’élaborer un plan visant à désarmer le groupe terroriste d’ici la fin de l’année.
Le Hezbollah s’y oppose, accusant les autorités de faire le jeu d’Israël et des États-Unis. Les discussions du gouvernement sur la question ont une nouvelle fois été boycottées par les ministres chiites, notamment ceux du groupe terroriste chiite libanais et de son allié Amal.
Morcos a déclaré que le gouvernement saluait les mesures proposées par l’armée pour « mettre en œuvre la décision d’étendre l’autorité de l’État par ses propres forces et de limiter la détention d’armes aux autorités légitimes ».
Répondant aux questions des journalistes, il a affirmé que « l’armée libanaise allait entamer la mise en œuvre du plan [de désarmement du Hezbollah], mais dans la limite des moyens disponibles, qui sont restreints sur les plans logistique, matériel et humain ».
Selon la déclaration lue par le ministre, le gouvernement a décidé de garder les détails du plan « secrets », ajoutant que l’armée « présenterait au gouvernement un rapport mensuel sur la question ».
« Une nouvelle ère »
Selon les médias locaux, les cinq ministres chiites du cabinet, dont des représentants du Hezbollah et du mouvement Amal, son allié, ont quitté la réunion à l’arrivée du chef des LAF pour présenter son plan.
Ce n’est pas la première fois qu’ils se retirent des discussions sur le sujet. Dimanche, le président du Parlement et chef du parti Amal, Nabih Berri, avait appelé à un « dialogue calme et consensuel ».
Le Hezbollah est la seule faction à avoir conservé ses armes à la fin de la guerre civile (1975-1990). Après avoir dominé la vie politique du pays pendant de nombreuses années, il est sorti très affaibli d’un conflit de plus d’un an contre Israël, dont deux mois de guerre ouverte entre septembre et novembre 2024. Une partie de son arsenal a été détruite et sa direction décimée.
Avant la réunion du gouvernement, vendredi, des affiches représentant Salam et le président Joseph Aoun ont été placardées dans les rues de Beyrouth avec la légende : « Nous sommes tous avec vous. Une armée […], un État. Une nouvelle ère pour le Liban. »
Dans la capitale, Raseel, une femme au foyer qui a souhaité garder l’anonymat, estime que « seule l’armée peut protéger le pays » désormais, après que le Hezbollah « a fait ce qu’il pouvait ».
Mais Ali Khalil, 20 ans, employé dans un restaurant, craint qu’une confrontation n’éclate si le gouvernement décide de saisir les armes.
Le gouvernement affirme que le désarmement du Hezbollah est prévu dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le groupe terroriste chiite libanais, négocié par les États-Unis et entré en vigueur le 27 novembre 2024.
L’accord est basé sur une résolution de l’ONU qui stipule que le port d’armes est réservé aux forces de sécurité et à l’armée libanaises.
Bombardements israéliens
Il prévoit également que seules l’armée libanaise et la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) soient déployés dans le sud du pays, à la frontière avec Israël, excluant ainsi la présence du Hezbollah et de l’armée israélienne.
Mais celle-ci maintient toujours des troupes dans le sud du Liban dans cinq positions jugées stratégiques et mène régulièrement des attaques contre des sites et des cadres du Hezbollah.
La réunion du gouvernement s’est tenue alors que les bombardements israéliens se sont intensifiés ces deux derniers jours, faisant au moins cinq morts, selon Beyrouth.
« Israël tente de faire passer le message que seules des actions concrètes de désarmement, et non des promesses, seront efficaces », estime David Wood, analyste à l’International Crisis Group.
Morcos a souligné que le commandant des LAF avait évoqué des « restrictions » à la mise en œuvre du plan, notamment les « attaques israéliennes ».
Tout en condamnant ces attaques, les autorités libanaises insistent sur le désarmement du Hezbollah, un groupe terroriste fondé et financé par la République islamique d’Iran, ennemi juré d’Israël.
Mercredi, le groupe terroriste a réitéré son refus de désarmer. Il conditionne toute discussion sur ses armes à un retrait israélien du sud du Liban, à l’arrêt des attaques israéliennes, à la libération de prisonniers et au lancement de la reconstruction.
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