Le camp nazi du « Struthof » retrouve son nom historique : « Natzweiler-Struthof »
Seul camp de concentration nazi établi en France, le site alsacien change d’appellation officielle pour devenir le "Mémorial du camp de concentration de Natzweiler-Struthof"
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Seul camp de concentration nazi installé sur le sol français pendant la Seconde Guerre mondiale, le site de Natzwiller, dans le Bas-Rhin, abandonne officiellement son appellation usuelle de « Struthof » pour devenir le « Mémorial du camp de concentration de Natzweiler-Struthof ». Un changement en apparence mineur, mais porteur d’un sens historique majeur.
« C’est une étape essentielle. La mémoire a parfois tendance à déformer l’histoire. Ce nouveau nom replace le site dans sa véritable réalité », se réjouit Frédérique Neau-Dufour, historienne et responsable de la politique mémorielle pour la région Grand Est. Désigné par les nazis sous le nom de « camp de Natzweiler », ce complexe principal contrôlait plusieurs camps annexes en Allemagne, dans le Bade-Wurtemberg. Les Allemands n’ont jamais utilisé l’appellation « Struthof », qui vient d’un lieu-dit voisin. Ce nom a été adopté par l’administration française à la Libération, lorsque le camp fut transformé en centre d’internement pour personnes accusées de collaboration, puis en prison jusqu’en 1949. Ce n’est qu’ensuite que le site est devenu un lieu de mémoire… mais en conservant le nom hérité de l’épuration, brouillant ainsi sa lecture historique.
« En l’appelant le ‘Struthof’, on a mêlé l’histoire du camp nazi et celle de l’épuration, sans vraiment les distinguer », explique Frédérique Neau-Dufour. La nouvelle dénomination garde la mention « Struthof » pour accompagner la transition et éviter de perdre les repères des visiteurs. Le ministère des Armées, qui gère ce haut lieu de mémoire nationale, mise sur une clarification progressive, également adoptée en anglais (« Natzweiler-Struthof concentration camp ») et en allemand (« KZ-Gedenkstätte Natzweiler-Struthof »).
En 2024, plus de 236 000 personnes, dont de nombreux élèves, ont visité le mémorial, qui regroupe les vestiges du camp, la nécropole nationale, le Centre européen du résistant déporté et plusieurs monuments commémoratifs. Pour les historiens, ce changement marque une forme de maturité dans la manière dont la France aborde cette page sombre de son histoire. « C’est une façon de faire face à notre propre mémoire avec lucidité », résume Neau-Dufour.
la Communauté du Times of Israël !







