Le document de l’ONU sur la famine à Gaza est biaisé et méthodologiquement erroné – rapport
Le COGAT et le ministère des Affaires étrangères accusent l'IPC de déformer les données dont le panel est composé de membres ouvertement anti-Israël, dont au moins un qui a justifié le 7 octobre
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Stav Levaton est correspondante militaire pour le Times of Israel.

Le Coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires palestiniens (COGAT) et le ministère israélien des Affaires étrangères ont publié jeudi un rapport de 58 pages accusant l’Integrated Food Security Phase Classification (IPC), le système de classification des niveaux de sécurité alimentaire développé sous l’égide de plusieurs agences des Nations unies, d’avoir publié un rapport « politisé » et « méthodologiquement erroné » sur la famine à Gaza.
Les critiques d’Israël portent non seulement sur les données, mais aussi sur la neutralité de la commission d’examen de la famine (FRC) de l’IPC, qui a déclaré une famine dans le nord de l’enclave le 22 août, la première du genre au Moyen-Orient.
Selon l’étude israélienne, plusieurs membres de cette commission avaient déjà pris ouvertement position sur le plan politique.
L’un des coauteurs, Andrew Seal, a accusé Israël d’avoir commis un génocide moins de trois semaines après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, et ce, avant même le début de l’incursion terrestre de l’armée israélienne.
Une autre, Zeina Jamaluddine, a décrit l’invasion et les massacres perpétrés par le Hamas le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël comme une tentative de « décolonisation ».
D’autres ont exprimé leur soutien aux attaques du groupe terroriste des Houthis, soutenu par la République islamique d’Iran au Yémen, contre le transport maritime international.
Meet Andrew Seal, one of the experts behind the IPC's new "Gaza famine" report.
A Senior Lecturer at University College London, Andrew is a fanatical anti-Israel activist who was already crying "genocide" as early as October 28, 2023.
But that's not all ???? pic.twitter.com/QS1t2QcRuw
— Eitan Fischberger (@EFischberger) August 23, 2025
Israël a fait valoir que la présence de telles personnalités au sein d’une commission chargée d’appliquer des normes techniques et professionnelles portait atteinte à la crédibilité de ses travaux.
« L’incapacité de la FRC à se prémunir contre l’infiltration d’individus exprimant des positions moralement répréhensibles, ne serait-ce que pour sauver les apparences, suggère une détérioration inquiétante du professionnalisme de l’organisation », indique le rapport.
Parallèlement à ces préoccupations, Israël a signalé ce qu’il a qualifié de distorsions systématiques des preuves. Au cœur de sa critique se trouve le fait que la FRC se base sur les mesures du périmètre brachial (MUAC) plutôt que sur l’indice de masse corporelle (IMC). Selon Israël, cette approche a exagéré le nombre d’enfants classés comme souffrant de malnutrition sévère, produisant des résultats jusqu’à six fois supérieurs à ceux obtenus avec la méthode traditionnelle. L’examen a conclu que, si des mesures appropriées avaient été utilisées, Gaza serait bien en deçà du seuil de famine.
Israël a également critiqué la commission pour s’être appuyée sur des données provenant en grande partie d’hôpitaux, où de nombreux enfants faisaient déjà l’objet d’un dépistage, participaient ou avaient participé à des programmes de prévention de la malnutrition dans le cadre du Blanket Supplementary Feeding Program (BSFP). Selon le rapport, cette approche est en contradiction avec les directives de l’IPC et fausse gravement les critères de classification, si bien que les conclusions ne peuvent être considérées comme un indicateur fiable de l’état nutritionnel de la population générale.
« Les critères de malnutrition pour déclarer une famine ne sont certainement pas réunis », indique l’étude.
Le rapport israélien a également relevé d’autres incohérences dans les données de la FRC. Les tableaux annexés au rapport du 22 août ne montraient aucune tendance à la hausse de la malnutrition en juillet, alors que la commission affirmait que la crise connaissait une croissance exponentielle.
Les conclusions de l’IPC ont déjà été vivement critiquées par Eden Bar Tal, le directeur général du ministère des Affaires étrangères, qui a accusé le système de classification des niveaux de sécurité alimentaire d’ignorer délibérément ses propres normes en matière de preuve afin de parvenir à une « conclusion préfabriquée de famine » servant la « fausse propagande de famine du Hamas ».
Le 30 août, en réponse à ces critiques, l’IPC a reconnu s’être appuyé sur un ensemble de données distinct, non divulgué auparavant, qu’Israël a qualifié de « truffé de violations méthodologiques majeures » et de résultats invraisemblables. Les chiffres du très controversé Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) pour Gaza-City ont donné des ratios MUAC supérieurs à tout ce qui a été documenté dans la littérature médicale, ce qui soulève des doutes quant à la fiabilité des mesures.
Israël accuse également la commission de sélectionner les résultats qui l’arrangent. Deux enquêtes sur la sécurité alimentaire menées en juillet ont donné des résultats très divergents : l’une a révélé que 36 % des ménages souffraient d’une « très grave » pénurie alimentaire, tandis que l’autre n’en a recensé que 12 %. La FRC n’a retenu que le chiffre le plus élevé.
Les données sur la mortalité ne corroborent pas non plus l’affirmation selon laquelle il y aurait une famine : même les chiffres du ministère de la Santé contrôlé par le Hamas — souvent cités par les agences humanitaires mais critiqués par Israël pour leur possible exagération — montrent des taux de mortalité bien inférieurs au seuil de deux décès pour 10 000 personnes par jour fixé par l’IPC, ce qui, à Gaza, représenterait des centaines de décès supplémentaires chaque jour.
Enfin, Jérusalem accuse l’IPC d’ignorer les preuves d’une amélioration de la situation. Le rapport souligne que si l’organisme de l’ONU a mis en avant la hausse des prix alimentaires jusqu’à la mi-juillet, il a ignoré la baisse des prix qui a suivi ainsi que l’augmentation significative des livraisons d’aide humanitaire entre la fin juillet et le mois d’août. Il ne mentionne pas non plus les mesures visant à élargir l’accès humanitaire, comme l’ouverture de points de passage et de voies d’approvisionnement.
« Chaque écart reflète un non-respect général des principes de transparence, de neutralité et de rigueur méthodologique, dans le but de promouvoir un objectif prédéterminé », conclut l’étude israélienne.
« Au lieu de corriger ses erreurs, la FRC a redoublé d’efforts pour gonfler les signaux d’alerte de famine et dissimuler les preuves gênantes. »
la Communauté du Times of Israël !







